Dimanche 21 juin 2026
L'ESSENTIEL, LE SALUT DE L'AME.

Le règne de l'apparence grandit de plus en plus et prend des proportions alarmantes dans notre société. L'on vit davantage par imitation que par respect de ses propres aspirations. De partout, nous sommes agressés par les publicités qui ne nous laissent plus le choix de penser par nous-mêmes. Tous démissionnaires par la force des images, nous sommes en passe de laisser l'IA contrôler nos vies. Le hic, nous avons oublié que ces agitations du progrès sans effort sont les ennemis de l'âme. A les suivre, on croirait que l'homme n'est qu'un paquet de désirs à assouvir que par des jeux, la facilité... Ils ont réussi l'ignominie à nous détourner de Dieu et nous faire croire qu'ils peuvent vraiment le remplacer.
En vérité, l'homme n'est pas que de chair, c'est pourquoi il est absurde de se laisser étrangler dans cet amas de distractions et de solutions faciles sans toutefois se préoccuper de la destinée de l'âme. De toutes les façons, le choix est vite fait ; "Dieu est mort : Vive Google"
En ce dimanche, J"sus attire notre attention en nous invitant à faire le bon choix, et ouvrir nos sens aux vraies réalités de la vie. L'homme n'est pas que chair. Penser à l'avenir de l'âme doit aussi faire partie de nos préoccupations. En d'autres termes, Jésus est en train de nous dire : "Qui me reniera pour Google, sauvera son âme par Google". A bon entendeur, Salut!

 Père Gilles N'GORAN

Dimanche 10 mai 2026
AIME ET FAIS CE QUE TU VEUX !

"Je suis croyant mais non pratiquant." C'est le refrain chanté par la plupart de nos contemporains.;Qu'est ce que cela peut-il bien signifier ? Certainement c'est une façon de dire qu'ils croient en Dieu sans toutefois s'incommoder de présence aux offices dominicaux ou peut-être pour signifier leur volonté de n'appartenir à aucune obédience religieuse. Peut-on être croyant en ignorant les commandements de Dieu ? In fine, qu'entendons-nous par aimer Dieu ?
En ce dimanche, Jésus nous enseigne sans ambiguïté que si nous l'aimons, nous garderons ses commandements qui sont d'aimer Dieu par dessus tout et d'aimer son prochain comme soi-même. Alors, pratiquants comme non-pratiquants, cette loi s'applique à nous tous. Personne n'a le droit de s'y soustraire car être pratiquant, c'est non seulement garder ses commandements mais aussi les mettre en pratique. C'est ainsi que nous montrerons notre amour pour le Christ.

 Père Gilles N'GORAN

Dimanche 3 mai 2026
MONTRE-NOUS LE PERE !

Où est le père et qui est-il ? Question légitime car le visage du Père n'est pas forcément perceptible pour tous. Nous parlons tous de Dieu Père et du Fils sans toutefois être capable d'expliquer les nuances cachées derrière ces termes. Même les apôtres ont vécu la même difficulté à la grande surprise de Jésus. Les pauvres apôtres voulaient avoir le coeur net sur les propos de Jésus qui devenaient de plus en plus énigmatiques pour eux. Thomas et Philippe voulaient étancher leur soif de Dieu par des réponses claires et palpables venant de leur Maître.
La réponse de Jésus est sans appel :"Je suis le chemin, la vérité et la vie..." Ensuite il leur dit de croire qu'Il est dans le Père et que le Père est en Lui. C'est le prolongement de cet enseignement que l'Eglise qui est le Corps de Christ donne à ses enfants. Croyons-nous que le Christ et l'Eglise ne font qu'UN ? Si le Christ fait UN avec le Père, il y va de toute logique que le Père et l'Eglise ne font qu'UN. Cet enseignement, l'Eglise le rend visible à travers les sacrements qui sont des signes visibles de la présence de Dieu.
Par les sacrements, Jésus est en marche avec son peuple et Il ne nous abandonne pas : c'est là que le visage du père est le plus parfait.

 Père Gilles N'GORAN

Dimanche 26 avril 2026
PAS DE PART BELLE AUX BANDITS.

De nos jours, le business religieux est très florissant. De partout surgissent et naissent, venus de nulle part, comme des générations spontanées de prophètes et des pasteurs de tout poil. Chacun selon sa compréhension de la Bible et son inspiration, s'improvise en pasteur et prêche dans l'enclos. Sont-ils des voleurs ou des bandits ? Nous ne saurions répondre à cette question, cependant nous leur reconnaissons le mérite et l'audace d'annoncer l'Evangile. A défaut de chien, peut-on se contenter du mouton pour la chasse ? 
En ce dimanche où nous célébrons le dimanche des vocations, nous profitons pour rappeler que la moisson est abondante et que les ouvriers sont peu nombreux. Nous vivons en ces temps une pénurie gravissime de pasteurs. Nos églises se vident non seulement à cause de la fréquentation timide des chrétiens, mais aussi à cause du manque de pasteurs. Devant cette grande pénurie de pasteurs, la porte s'ouvre bien évidemment aux voleurs et aux bandits. L'Eglise traverse une grave crise des vocations mais elle croit à la nécessité de guider ses brebis par des pasteurs formés pour cette mission.
En ce dimanche des vocations, nous prions le Maître de la moisson de nous envoyer des ouvriers. Nous profitons de cette journée des vocations pour dire aux jeunes : "Si aujourd'hui, vous entendez sa voix, ne fermez pas votre coeur."

 Père Gilles N'GORAN

Dimanche 19 avril 2026
LES APPARITIONS : PREUVES DE LA RESURRECTION DU CHRIST.

Dès la disparition du corps du tombeau, deux voix se sont levées : l'une parlant de résurrection et l'autre de vol du corps. De part et d'autre, les arguments fusent aussi clairs que logiques. Qui dit vrai ou qui a tort ? Se borner seulement au principe du raisonnement intellectuel nous conduit dans une impasse.
De toute évidence la résurrection n'est pas un fait ordinaire inhérent à la condition humaine. Depuis l'histoire de l'humanité, les morts ne ressuscitent pas et ne participent pas de façon réelle et physique à notre vie matérielle. Selon les peuples et les cultures, nous avons une certaine idée de la vie après la mort, mais les morts qui revivent et mangent du pain et du poisson ne font pas partie de notre champ de compréhension ordinaire.
Or, à quoi assistons-nous ? Nous vivons un phénomène extraordinaire où le Christ apparait à ses disciples, marchant et mangeant avec eux, défiant toute les règles de la logique humaine imposées par les us et coutumes. Il partage ce nouvel état de vie avec ses disciples. Même aujourd'hui, nous nous demandons comment cela s'est passé.
Frères et soeurs, nous prenons part à ce mystère non avec la raison mais avec la foi. Nous croyons que les apôtres et les disciples l'ont vraiment vu ressuscité. Quant à nous, nous croyons sans avoir vu.

 Père Gilles N'GORAN

Dimanche 12 avril 2026
MON SEIGNEUR ET MON DIEU !

"La paix soit avec vous ! De même que le père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie". La mission première que Jésus confie à ses disciples, c'est d'être des apôtres (envoyés). Il souffle sur eux l'Esprit Saint pour les mettre en selle pour une mission qui ne s'annonce pas du tout facile : faire entendre au monde que Jésus est ressuscité des morts. Cette mission est loin d'être un simple jeu de billard. Ils auront pour mission de remettre ou de maintenir sur terre comme au ciel les péchés. Ne perdons pas de vue que le Maître lui-même a eu à affronter ses détracteurs sur ce sujet, à savoir sa prétention à pardonner les péchés. Cette mission pleine d'énergie et de vie pouvait quand même troubler les disciples, cependant aucun n'osait broncher malgré que tout cela surpassait leur entendement. Hier comme aujourd'hui, le Christ s'adresse à chacun de nous et nous envoie annoncer la Bonne Nouvelle de la résurrection au monde. Qu'avons-nous compris exactement de tous ces évènements ? Que pouvons-nous saisir quand la catéchèse et la lecture de la Bible font parties des parents pauvres de notre curiosité spirituelle ? Il n'est pas rare de se voir proclamer chrétien alors que notre adhésion au Christ n'est que l'acte inconscient auquel nos parents nous ont soumis lors de notre baptême. Ce que nous appelons à raison des chrétiens sans contenu comme des courriers avec des enveloppes vides. L'annonce provient quand même de ce que l'on sait et cela ne se fait pas par simple inspiration spontanée du Saint Esprit.
Thomas crève l'abcès et entreprend une démarche certes peu louable mais nécessaire. Il n'est pas dit des autres  disciples qu'ils comprenaient grand chose, cependant il n'est pas non plus mentionné qu'ils ont professé leur foi comme Thomas l'a fait : il est allé au bout de sa curiosité jusqu'à mettre sa main dans le côté de son Maître. Qu'on le lui reproche, c'est vrai, mais l'histoire a retenue qu'il fut le premier à appeler Jésus : "mon Seigneur, mon Dieu".

 Père Gilles N'GORAN

Dimanche 29 mars 2026
VENEZ VOIR UN ROI !

Pendant que les enfants de Dieu, un ayant juré sur la Torah, un autre sur la  bible et un autre encore sur le coran, se livrent à une guerre de puissance, le Fils de Dieu, le Vrai, vient pour nous sauver sur le dos d'un âne. Avec une couronne d'épines et une croix comme trône, il nous présentera ses attributs royaux. Il existe un contraste et une drôle de manière d'aimer le monde avec les enfants de Dieu qui y vivent selon le spectacle qui nous est offert en ces jours-ci. Pour sauver un peuple, les enfants de Dieu, du joug aliénant d'un tyran, on lui sert des bombes à volonté. C'est le règne par la violence et la loi du chaos qui se transposent dans tous les compartiments de notre vie : violence sur nos pouvoirs d'achat, violence sur les écrans, violence dans nos coeurs... Et ils ont réussi à nous faire nous réjouir de la mort de nos semblables par milliers. La vie devient intenable et pourtant la guerre, soutenable. C'est dans ce chaos organisé que le Christ vient nous montrer le vrai visage du roi. En effet, un roi, c'est bien celui qui est le serviteur de tous et qui sacrifie sa vie pour ceux qu'il aime. Le Christ ne l'a pas proclamé dans un serment, bien au contraire, il l'a exprimé par sa mort sur la croix pour le salut de l'humanité. En ce jour de la fête des rameaux, qu'avons-nous vu et entendu ? Nous avons vu le fils de Dieu exprimer son amour pour nous par le don de sa vie. Vous autres, rois du monde, imitez-le car toute vie a du prix devant Dieu.


 Père Gilles N'GORAN

Dimanche 22 mars 2026
TOI, SORS DU TOMBEAU !

Dehors, il fait froid et c'est rude. Le regard des autres est stupéfiant. Pire ! Il faut pouvoir trouver sa place dans ce monde presque sans norme ou avec son nouvel ordre. C'est ainsi que l'on se retrouve coupé, voire recroquevillé sur soi loin des autres. Vivre renfermé sur soi est comme vivre dans un tombeau où il n 'y a que des ossements et des pourritures. C'est se couper de la grâce de Dieu et se priver du bonheur de vivre avec ses semblables, ce qui est un manque grave d'exercice pour pratiquer l'amour. Ce confort du tombeau est un piège du diable duquel l'on doit se libérer.
En invitant Lazare à venir dehors, c'est chacun de nous que Jésus appelle à la lumière. Ce temps de Carême tirant à sa fin n'aura de sens que si nous manifestons notre volonté de sortir du tombeau. Le premier miracle de Pâques doit être d'abord notre propre résurrection en commençant par nous débarrasser des pourritures de la tombe. Vivre ce temps de grâce sans la réconciliation, sacrement de plus en plus rejeté par la plupart des chrétiens, est une expression ouverte pour notre affection du confort du tombeau.
Toi, viens dehors ! A travers cette invitation, le Christ nous demande de sortir de nos ténèbres pour contempler son admirable lumière; Lumière de la résurrection.
Sommes-nous prêts ?
  
 Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 15 mars 2026
LA CECITE DU COEUR.

Il n'y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, nous dit l'adage. Il peut arriver des fois que nous soyons en possession de toutes nos facultés oculaires et que nous évoluions dans l'obscurité totale. L'ignorance et la petitesse d'esprit en sont une parfaite illustration. Combien de riches ou de puissantes personnalités aux yeux du monde à qui échappent les logiques simples de la vie telles que le partage, le pardon, la prière... Quand nous élevons un peu l'esprit et regardons autour de nous, que remarquons-nous ? Qu'est ce qui anime notre monde aujourd'hui  et qu'est ce qui fait la joie de certains ? PROMADOR (PROmener, MAnger, DORmir). C'est une bulle en dehors de laquelle rien n'est possible et encore moins visible. De Dieu et de l'Eglise, de l'évolution du monde...., il faut détourner le regard et ne jamais en parler. Le seul angle de vue c'est le profit. Ne nous leurrons pas ! L'esprit obtus et égoïste est aussi une forme de cécité. Nous voici aujourd'hui, avec toutes les lumières du nucléaire, en train de vivre l'obscurité des fumées des bombes entre les enfants de Dieu. C'est presque ridicule de voir que tous ces soit-disant "grands", jouissant de tous leurs sens, restent aveugles et insensibles à la misère qu'ils infligent aux peuples.
Jésus, donnant la vue à cet aveugle de naissance, ouvrait et élargissait non seulement son regard mais plus,  agrandissait son horizon. C'est cela la magie du Carême. Il s'agit de sortir de notre bulle et contempler un nouvel univers, celui du partage, de la réconciliation et de l'ouverture. Pendant que l'ex-aveugle s'ouvrait aux merveilles de la création et rendait grâce à Dieu pour tant de grâces, les pharisiens, quant à eux, s'enfermaient et s'aveuglaient en rétrécissant leur vue sous le pouvoir de la haine et du mépris. Comme quoi, nous pouvons être physiquement en possession de tous nos sens et vivre dans l'obscurité. 
Rappel : un coeur éclairé, c'est un coeur habité par Dieu. Le carême c'est le temps favorable où nous sommes invités à quitter les ténèbres pour le combat de la lumière.

 Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 8 mars 2026
HALTE AU PUITS.

Après le désert, la montagne, nous voici au puits avec  Jésus pour nous désaltérer. S'il est vrai que l'homme ne vit pas seulement de pain, il serait aussi faux d'abandonner le corps sans entretien. Nous sommes faits de matière et de non-matière (âme). Comme quoi, les deux corps s'entretiennent selon la nourriture de leur convenance car ils n'existent pas l'un sans l'autre. Ne serait-ce pas se faire illusion que de se nourrir uniquement de la parole ? D'ailleurs ce serait un raccourci propice pour rejoindre sans délai la grande maison du Père céleste. Refuser la nourriture ou l'eau physique serait sans doute valider le divorce entre le corps et l'âme. un homme est dit équilibré lorsqu'il nourrit et entretient en lui ces deux entités. Ne vivre que pour son ventre, nous dirait St Paul, serait mettre sa gloire dans ce qui fait notre honte.
La rencontre de Jésus avec la samaritaine finira par nous convaincre de ce que l'eau qui vaut la peine d'être recherchée, c'est celle qui donne la vraie vie. C'est cette eau qu'il faut rechercher sans toutefois oublier qu'elle est aussi nécessaire pour l'entretien du corps.  Simplement, nous pouvons retenir qu'il existe deux types de soif : la soif de l'eau de la vraie vie et la soif de l'eau de la vie du corps. Rien n'est à négliger. Ce temps favorable de carême doit nous permettre de faire l'état des lieux de notre vie spirituelle et d'essayer de voir à quelle source nous nous abreuvons. Quel puis attire notre attention puisqu'il y en a tellement ! Nous appelons "PUITS" de la samaritaine tout ce qui permet de satisfaire les exigences du corps (l'alcool, la cigarette, l'internet, les jeux vidéos, la télévision, la bonne chère....). Quelle est notre approche de la source de la vraie vie ? Quelle place occupe l'Evangile dans nos vies ?
N'ayez pas peur de ce qui tue le corps mais ayez plutôt peur de ce qui peut tuer l'âme.
Ah Seigneur ! Si seulement ces paroles pouvaient nous abreuver !
La marche continue ! On y va !

 Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 1 mars 2026
QUITTE TA ZONE DE CONFORT.

Le poids de la routine et la force de l'habitude nous maintiennent souvent captifs. Il nous est impossible d'entrevoir le monde en dehors de nos perceptions. A part ce que nos familles ou ce que l'école nous ont enseigné, aucune autre vision du monde ne peut nous intéresser. Et pourtant, il est parfois nécessaire de se déplacer pour changer d'angle de vue. Dieu demande à Abraham de quitter son pays et la maison de son père comme Jésus déménage avec ses disciples sur la montagne pour goûter à la douceur de sa présence.
Pour nous qui sommes en Carême, cet exercice est d'une importance capitale. Point n'est besoin de chercher des montagnes dans la région ou d'abandonner sa demeure pour une quête de précarité. Il est plutôt question de faire des pèlerinages (pélé-jeune) ou de quitter sa zone de confort pour d'autres expériences. Par exemple, opérer une transhumance de la tête vers le coeur. C'est à dire apprendre à apprécier plus avec le coeur qu'avec la tête. C'est pouvoir se mettre à la place des sans-abris, des prisonniers et des affamés. Parfois ça change toute notre perception de la vie quand nous réussissons ce mouvement migratoire de la tête vers le coeur.
A cette étape de notre marche, n'oublions pas que nous sommes dans un combat spirituel et que le jeûne, la pénitence et la prière ne sont pas des buts mais plutôt des armes redoutables pour déjouer les plans du tentateur. Oui ! Pour savourer la douceur de la présence de Dieu, il est nécessaire de quitter nos zones de confort pour un coeur à coeur avec Celui qui nous appelle de nos ténèbres pour contempler son admirable lumière.

Père Gilles N'GORAN.


ATTENTION AU TENTATEUR !

Toujours habillé et maquillé de bonnes intentions, le tentateur se donne la responsabilité de toujours nous expliquer ce qu'est le Carême pour les chrétiens. A la lumière de certaines vérités, il conduit les chrétiens dans une distraction telle qu'ils vivent ce temps de grâce dans un flou certain. Parfois, à travers des prêtres ou certains guides crédibles, pendant le Carême, le jeûne n'est obligatoire que le mercredi des cendres et le vendredi saint. Ce qui en soit n'est pas faux. Cependant, en présentant ainsi le Carême, quel objectif voulons-nous atteindre ? De plus en plus, certains prennent plaisir à prêcher que l'essentiel serait de faire un jeûne de parole plutôt qu'un jeûne alimentaire et bla-bla-bla.
S'il vous plait ! Jésus n'a pas fait seulement un jeûne de parole. Il est resté 40 jours et 40 nuits sans manger, ni boire. Il a connu la souffrance de la faim. Il a gagné son combat face aux tentations du diable. Nous ne sommes, certes, pas comme le Christ, néanmoins nous pouvons essayer de l'imiter à la mesure de notre force. 
Pourquoi pas !  Peut-être que notre effort de Carême serait d'encourager le peuple à vivre ce temps de grâce dans l'ascèse, le partage, la pénitence et la prière. Chers frères et soeurs nous revenons encore sur notre rappel qui fâche : "Le Carême n'est pas une histoire de bien manger du poisson les mercredis et les vendredis ". Si nos efforts ne nous conduisent pas au partage, le tentateur nous aura encore une fois fait passer à côté de la grâce. Si nous devons jeûner et "faire la gueule" à tout le monde, nous sommes priés de nous abstenir. Si notre jeûne doit nous rendre désagréables au point de nous couper de nos frères et soeurs, de grâce, il vaut mieux s'abstenir car c'est plus valorisant pour nous chrétiens d'être courtois avec nos frères et soeurs que de les mépriser. C'est à nous de savoir déjouer les pièges du tentateur car il est toujours là, rodant comme un lion à la recherche de sa proie et toujours prêt à nous détourner de l'essentiel. Bon temps de Carême à tous.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 15 février 2026
LA LOI ET LA PURETE DU COEUR.

Là où vivent 2 ou 3 personnes, il doit nécessairement exister une loi pour créer l'harmonie. Elle permet de garantir la liberté des uns et des autres. C'est ainsi que dans toute société humaine nous avons des entités pour faire respecter la loi dans le but de garantir la sécurité et le bonheur de tous.  Au quotidien, malheureusement, il existe des lois que nous méprisons puisque nous les violons régulièrement : les lois de l'Eglise sur les sacrements, le code de la route, les lois sur l'entretien de l'environnement. Parfois nous les respectons plus par peur des représailles ou des sanctions que par amour. Autrement dit, en l'absence des forces de répression, notre attitude à respecter les lois est systématiquement revue à la baisse. C'est contre ce formalisme que Jésus s'insurge en ce dimanche en martelant que notre justice doit surpasser celle des scribes et des pharisiens. En effet, il s'attaque à la racine même de l'iniquité en chacun de nous. Tout  vient du coeur, laboratoire de tous nos actes. Par conséquent, celui qui commet l'adultère est autant coupable que celui qui a entretenu le désir de le commettre.
A travers cette exhortation, Jésus nous appelle à l'humilité et à la tolérance. Chacun de nous dans sa conscience sait ce qu'il vit dans le silence de son coeur. Combien de méchancetés méditées et entretenues dans l'hypocrisie ? Rentrons un instant en nous et essayons de ressusciter toutes ces personnes que nous avons classées et ostracisées sans qu'elles ne le sachent. Nous ne faisons même pas allusion tous ces hommes politiques que nous maudissons à chaque réveil surtout nous supportons mal la mutation de ce temps. Il y a beaucoup d'amertume dans les coeurs qui ne favorise pas non plus l'élévation de l'esprit.
Seigneur ! Viens habiter nos coeurs pour que nous puissions vivre de ta loi et non à la manière des scribes et des pharisiens, mais plutôt selon ton enseignement.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 8 février 2026
LA LUMIERE SOUS LE BOISSEAU.

Une lumière peut-elle être cachée ? Oui, bien sûr ! Lorsqu'elle ne dissipe pas les ténèbres ou lorsqu'elle est confondue à l'obscurité. Dans ce cas, ce n'est pas une lumière et elle ne mérite pas d'être appelée comme telle. Une lumière se voit et se communique pour le bonheur de ceux qui profitent de ses bienfaits. Le soleil nous réchauffe et illumine nos jours. D'ailleurs il y a jour, grâce à sa présence qui dissipe les ténèbres de la nuit. Il en est de même pour nos vies chrétiennes. Trop souvent, nous nous plaignons de la nonchalance de l'Eglise et de son incapacité à briller sur des sujets obscurs. Elle ne tranche pas de façon claire, grognons-nous. Nous ne comprenons pas ce qu'elle veut. Est-ce de l'hésitation ? Et pourtant le Christ, notre Seigneur est présenté comme lumière pour éclairer les nations. Oui, il est Lumière né de la Lumière. C'est Lui qui nous a dit :"que votre oui soit oui, et que votre non soit non". Où sont passées cette rigueur et cette intransigeance évangéliques ? En vérité, beaucoup de sujets obscurs ont secoué la barque de l'Eglise sans que la lumière du Christ n'ait pu suffisamment éclairer les consciences. Peut-être que là aussi la lumière du Christ a été exposée sous le boisseau.
Aujourd'hui, le Christ s'adresse à chacun de nous afin de mettre notre lumière sur le lampadaire. C'est à dire illuminer le monde de notre savoir-être et notre savoir-faire chrétien. On ne peut pas continuer à mener une vie chrétienne sous cape. Si notre Foi ne brille que le dimanche au cours des messes, nous serons comparables à des pêcheurs dans un aquarium. Non ! Nous sommes chrétiens pour exposer le Christ comme un Saint Sacrement au monde. Oui, notre lumière doit être exposée sur le boisseau.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 1 février 2026
HEUREUX LES ARTISANS DE PAIX !

"Je vous laisse la Paix, Je vous donne ma Paix". A chaque messe, le prêtre nous rappelle ce don de Jésus. Malheureusement, ce moment de réception de la paix du Christ reste un grand moment de distraction où certains chrétiens traversent l'église de long en large pour échanger de grosses poignées de mains. Parfois on se demande si ce geste que nous posons a vraiment un sens pour nous qui l'exécutons. Cela frise parfois la comédie, quand on voit ces visages fermés s'illuminer brusquement par un sourire éclatant avant de se refermer dans la gravité. Avons-nous goûté à cet instant à la paix que Jésus nous donne ?
La paix ! Oui, la paix ! Existe-t-il encore des artisans de paix dans notre monde ? Au regard de toutes ces puissances qui  nous parlent que des bombes nucléaires ou atomiques. De quelle paix nous parlent-elles ? La paix des cimetières ? La paix au bout des canons ? La paix des apeurés et des muselés ? Fort malheureusement une nouvelle jungle s'établit et rend Dieu à peine visible. Ces dits "artisans de paix" ont réussi à anesthésier notre conscience. Ils nous parlent de la guerre comme d'une activité ludique. Les morts sont annoncés par milliers comme si la vie ne comptait pour rien. Petit à petit, nous descendons dans la fosse de l'horreur avec l'indifférence collective comme norme. Ce dimanche, Jésus nous rappelle notre mission d'enfant de Dieu. Nous avons intérêt à donner droit de cité à Dieu pour qu'il habite notre terre. Si nous oeuvrons pour la paix, Dieu règnera parmi nous et il y établira son royaume.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 25 janvier 2026
VENEZ A MA SUITE !

Depuis 2024, nous avons un nouvel évêque en la personne de Monseigneur Alexandre de Bucy pour notre belle terre du Lot-et-Garonne. Après avoir sillonné le diocèse à pied, pendant 10 mois à peu près, il nous a fait un fructueux retour avec des orientations pastorales pour les 3 années à venir. A travers sa visitation (c'est ainsi qu'il a dénommé sa visite pastorale), il a pris le temps selon la méthode de travail des Jécistes (voir-juger-agir) afin d'élaborer une lettre pastorale qui sera pour nous comme l'Etoile qui a guidé les Rois Mages.  Pour voir, comme Jésus, il nous invite tous à devenir une Eglise missionnaire. Pour y parvenir, l'Evêque nous incite tous à la création de petites fraternités missionnaires. Dans chaque paroisse il doit exister ces petites fraternités de 8 à 10 personnes composées de chrétiens, de non-chrétiens, de personnes d'autres religions, de non-croyants... Tout simplement, ces fraternités missionnaires vont nous aider à passer du "viens, suis-moi" au "viens et vois".
La graine de sénevé, c'est chacun de nous que Jésus appelle comme les apôtres à devenir pêcheurs d'hommes. Aujourd'hui, il est plus que temps d'arrêter les jérémiades et de passer à la motivation. Tout le monde se plaint des églises qui se vident et pourtant personne n'est prêt à se faire lumière pour éclairer ce monde ou sel pour attirer les hommes. La perche est tendue à tous. C'est un projet audacieux qui déjà a découragé plus d'un. Dieu ne compte pas sur notre force pour ce projet. Il attend notre adhésion et notre volonté. C'est lui qui veut faire de nous des pêcheurs d'hommes et non le contraire. Alors levons-nous et suivons-le. Cela me fait penser au proverbe ivoirien qui stipule que "lorsque Dieu fait ton combat, tu n'as besoin de retrousser les manches".
Ce projet de notre évêque est grand et ambitieux. Il ne portera du fruit que si nous acceptons de rêver avec lui.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 18 janvier 2026
CHRETIEN, TU ES DEMEURE DE L"ESPRIT !

Dans nos communautés, lieu d'expression de l'Esprit, il nous est parfois difficile de le sentir. Les querelles, les rivalités, les divisions rendent invisibles l'action de l'esprit. Car là où demeure l'esprit, il est perceptible et l'on peut déclarer comme Jean Baptiste : "voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde".
L'Esprit continue de descendre sur notre monde et davantage dans nos communautés chrétiennes. Cependant, créons-nous des conditions favorables à sa demeure parmi nous ? Car il est regrettable de constater en ces moments que nous faisons malheureusement l'expérience de l'impuissance de l'Esprit face à la liberté de l'homme. L'endurcissement de nos coeurs rend précaire sa demeure et inopérante sa présence. Là où la colère, la jalousie, les querelles règnent en maître, la demeure de l'Esprit reste instable. C'est ainsi que l'homme a rendu possible le règne de Satan sur notre terre. Croyons-nous un instant que c 'est l'Esprit de Dieu qui inspire tous ces vampires qui répandent le sang des innocents à la gloire du Dieu-Pétrole ? Toutes ces misères artificielles créées, flattant l'égo des uns et des autres, est l'expression manifeste de l'abolition de l'Esprit de Dieu de nos cités et de nos coeurs. Nous avons fait le choix de vivre sans l'Esprit, sans Dieu, sans Eglise, alors laissons l'arbitraire occuper le champ que nous avons déblayé pour le diable et ses suppôts.  Ce ne serait que pure logique !
Puissions-nous disposer de nos vies de manière à ce que l'Esprit y descende et y demeure ? C'est par la présence de l'Esprit dans nos vies et sur l'Eglise que nous pouvons apercevoir les pas de Dieu croiser ceux des hommes. Il est vraiment là l'Esprit de Dieu. C'est à nous de créer les conditions pour qu'il demeure parmi nous.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 11 janvier 2026
QU'AS-TU FAIT DE TON BAPTEME ?

Je n'ai jamais demandé le baptême. Ce sont mes parents qui m'ont fait baptiser sans demander mon avis. Résultat des comptes, nous nous trouvons envahis par ce refrain dépourvu de sens : "Je suis croyant mais non pratiquant". Telle est la crise que nous vivons dans notre nouveau monde chrétien. Nous avons de plus en plus affaire à des baptisés qui peinent à se définir comme disciple du Christ puisque, comme l'eunuque le disait à Philippe ; "Personne ne leur a jamais enseigné". On leur a expliqué tout ce qui est lié au plaisir de la terre sans toutefois leur parler du Royaume des cieux. Leur dire qu'il existe un Dieu Père qui les aime n'a jamais compté parmi les rudiments essentiels à transmettre.
Aujourd'hui, nous célébrons le baptême du Seigneur qui doit nous faire penser au nôtre. C'est le Baptême qui a fait de nous des enfants de Dieu par adoption, c'est lui qui nous a lavés du péché originel et c'est encore par lui que nous ouverts et disponibles à la grâce à travers les autres sacrements (signes visibles de la présence de Dieu). Mesurons-nous la grandeur et la portée de ce mystère ? Il y a de quoi s'interroger quand, pour la plupart, le baptême n'est rien d'autre qu'un argument de retrouvailles. Toute la grâce divine qui s'y déploie est tellement négligée au profit des ripailles et beuveries au point où l'on est parfois tenté de croire qu'on donne des perles aux cochons.
A chaque fois qu'un prêtre baptise, c'est l'amour de Dieu qui se répand sur ses enfants. Encore faut-il prendre la vraie mesure de ce sacrement et se laisser envahir par l'amour de Dieu : "Celui-ci est mon Fils bien aimé".

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 4 janvier 2026
UNE ETOILE , UN CHRETIEN !

Dieu promettait à Abraham qu'il aurait une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Ces étoiles en effet sont innombrables et elles portent chacune un nom. Nous connaissons certainement celles qui participent concrètement à notre vie de tous les jours telles que le soleil, l'étoile polaire... Dans l'épisode de l'épiphanie, nous faisons connaissance avec une nouvelle étoile qui est vagabonde. Elle se promène dans le ciel. Certains l'appellent "étoile filante" et il parait qu'elle apporterait bonheur à ceux qui la rencontrent. Pour la circonstance, avec les rois mages, elle s'est donnée la fonction de guide touristique. Elle a conduit les mages (Balthazar, Gaspar et Melchior) jusqu'en la demeure de fortune de la sainte famille de Nazareth (Jésus, Marie et Joseph).
Cette étoile vagabonde reflète la vie des chrétiens que nous sommes. En Jésus, nous sommes la lumière du monde. Comme les étoiles dans la voie lactée, tout chrétien est appelé à briller de tout feu pour apporter sa petite lumière sur le chemin qui conduit à Dieu. Malheureusement, fort est de constater qu'il existe des lumières ténébreuses, qui au lieu d'éclairer assombrissent le chemin qui mène vers le Père. Nous n'allons pas revenir sur les évènements de ces derniers temps dans notre Eglise qui nous ont tous contraints à faire profil bas puisqu'ils lui ont donné un sacré coup. En effet, lorsque le témoignage des uns et des autres n'honore pas ce que nous prétendons être c'est à dire disciple du Christ, c'est la lumière et le clarté du Christ qui en pâtissent. Dieu s'est rendu visible à travers l'Eglise qui elle même est le corps du Christ. Toutes les fois où, ce corps portera des souillures, c'est le Christ que nous crucifions à nouveau, réduisant ainsi la portée et la clarté de son règne. Parfois, comme les mages, il ne serait pas inutile de marquer un arrêt pour se renseigner et reprendre de nouvelles énergies avant de reprendre la route. Il peut arriver que l'étoile disparaisse en cours de route.
Chrétiens, nous sommes aussi des étoiles. Puisse Dieu nous accorder, à chaque instant de nos vies, de briller pour qu'en nous voyant vivre, nos frères et soeurs puissent l'approcher, l'aimer et l'adorer. Chaque chrétien est un étoile dans le champ de la mission.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 21 décembre 2025
IL LA PRIT CHEZ LUI.

Ils sont combien ceux que nous avons décidé de bannir discrètement de nos vies ? Ces frères que parfois, à tort ou à raison, nous avons barricadés, ces soeurs ignorées et ces étrangers ostracisés ? Ce que vit Joseph aujourd'hui épouse pleinement notre histoire humaine. C'est vrai qu'il nous arrive de couper évangéliquement avec tout ce qui nous empêche d'avancer dans la vérité. Joseph voulait discrètement se séparer de Marie qui portait une grossesse dont il n'était pas l'auteur. Après une rencontre avec Dieu en songe, il décida de prendre Marie chez lui. Comme quoi, toute rencontre avec Dieu crée le renouvellement. N'oublions pas de puiser notre force d'enfant de Dieu dans le sacrement de la rencontre et de la réconciliation. C'est un grand moment de coeur à coeur avec notre Père du ciel car loin de sa grâce, le pardon n'est qu'utopie. Frères et soeurs, en cette fin d'année, ne serait-il pas temps de faire l'expérience de Joseph ? C'est à dire faire du ménage dans nos coeurs et libérer les captifs de notre mépris, de notre intolérance et parfois même de notre incompréhension.  Pourquoi ne pas décréter l'état de grâce général pour un nouveau départ ? Joseph n'a certainement pas tout maitrisé comme la Vierge Marie d'ailleurs et cependant ils ont laissé Dieu écrire son histoire dans leur vie avec toutes les incompréhensions que cela pouvait susciter. Il est temps de se renouveler et de se projeter dans une nouvelle aventure de grâce et d'amour. Dieu vient visiter notre terre et c'est le coeur de chacun qui est sa première demeure. Le Seigneur vient, préparons-nous à l'accueillir.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 14 décembre 2025
NOËL ! DIEU EN SOLDE.

Après deux semaines de préparation de l'accueil du Fils de Dieu, nous voici au dimanche Gaudete, le dimanche de la joie. Il est demandé à Jésus de se révéler à travers les disciples de Jean Baptiste. En effet, il ne faudrait pas se tromper sur l'identité de celui qui doit venir. Belle leçon de prudence car il y a des imposteurs qui peuvent nous distraire et nous détourner de notre objectif. Nous attendons le Fils de Dieu, le Sauveur du monde. Jésus répond à leur inquiétude en leur donnant des indices identificateurs du Messie que Jean Baptiste comprendrait aisément : les aveugles voient, les boiteux marchent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres...
Ce message de Jésus aux disciples de Jean Baptiste s'adresse à nous, chrétiens d'aujourd'hui. Il nous appartient de le transmettre au monde car à quoi servirait Noël si cet évènement se résumait seulement à du tapage commercial ou gastronomique ? Jésus cible tous ces pauvres qui doivent, par sa venue, bénéficier des largesses de notre coeur, qui demeure sa plus belle des crèches.
Dieu sera vraiment parmi nous quand, à travers le rayonnement, les chrétiens verront, les boiteux bondiront et que la bonne nouvelle sera entendue à Noël, c'est aussi le royaume des cieux qui est soldé. C'est Dieu à portée de l'humanité avec une remise de 200%. Les exposants de Dieu; ce sont les chrétiens. Alors, en ce dimanche de la joie, le marché de l'offre de Dieu est ouvert. Allons-y sur les places afin que chacun puisse avoir accès à sa part de joie. Paix et joie !

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 7 décembre 2025
LE SEIGNEUR VIENT !

Dites à ceux dont le coeur défaille :" courage et n'ayez plus peur". Bien au contraire, il vient pour guérir les coeurs brisés, proclamer une année de bienfaits accordés par Dieu, son Père. C'est lui le PrincNoël est certes Dieu qui vient à notre rencontre de la paix que Jean Baptiste présente aux prêtres et aux lévites envoyés par les juifs. Comme les juifs, nous sommes aussi en droit de nous demander qui il est. En vérité, sans identification de celui que nous attendons, nous pouvons bien passer près de lui sans le reconnaître. En effet, il y a beaucoup d'apparences trompeuses qui nous empêchent de rencontrer vraiment le Fils de Dieu tel qu'Il est. Il y a beaucoup de distractions en jeu. 
Des "Jean Baptiste", nous en avons dans notre société à la seule différence qu'ils ne nous précisent pas qu'ils ne sont pas le Fils attendu. Tout part de la définition que nous faisons de la fête de Noël. Jean Baptiste n'est qu'une boussole qui nous montre celui que nous devons adorer. Il joue bien son rôle en précisant que ce n'est pas lui le Messie attendu et qu'il faut se préparer pour l'accueillir.
Noël est certes Dieu qui vient à notre rencontre et nous nous devons de l'accueillir dans notre crèche. Où le voir et comment le reconnaître ? Isaïe et Jean Baptiste nous donnent des indices non négligeables à considérer. Pour nous chrétiens des temps dits évolués, où pouvons-nous le rencontrer ? De toutes les façons le Christ bercé dans les crèches des églises ne répond plus à l'attente de la majorité. Nous sommes de plus en plus portés vers des crèches discrètes où les symboles de notre Foi doivent être absents pour respecter la foi des sans foi. Oui, nous en sommes là ! Les signes apparents du Christ sont blessants pour les adeptes d'une laïcité mal interprétée. Et pourtant à travers tous ces tumultes, il faudra bien le reconnaître. Ne le perdons pas de vue, notre coeur reste l'organe privilégié pour livrer le visa terrestre au Fils du Très Haut.
Les nouveaux "Jean Baptiste" que sont les cadeaux, les retrouvailles familiales, la dinde et le champagne ont ravi la vedette à celui que nous célébrons. "Rien n'est gâté" comme on dit sur les bords de la lagune Ebrié. Il suffirait que ces "Jean Baptiste" aient l'index tendu vers celui qui vient car c'est Lui le lieu, le milieu et la raison de toute cette joie. Alors, soyons joyeux et prêts car il vient.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 30 novembre 2025
AU MILIEU DE LA NUIT

Prie avant que ton corps se repose au lit. Mais vers minuit, laves-toi les mains et prie. Si ta femme est présente, priez tous deux ensemble. A cette heure, toute la création se repose un moment pour louer le Seigneur : les astres, les arbres, les eaux s'arrêtent un instant et toute l'armée des anges qui le sert loue Dieu à cette heure avec les armes des justes. C'est pourquoi ceux qui croient doivent s'empresser de prier à cette heure.
Rendant aussi témoignage de ceci le Seigneur dit :"Au milieu de la nuit, il y a eu un cri : voici l'époux ! Sortez à sa rencontre "(Mt 25,6). Et il continue en disant :"Veillez donc car vous ne savez pas quel jour votre seigneur vient"(Mt 24,42).
Et au chant du coq, te levant, prie de même. Car à cette heure, au chant du coq, les fils d'Israël ont renié le Christ, que nous, nous connaissons par la foi, dans l'espérance de le lumière éternelle à la résurrection des morts, les yeux tournés vers ce jour.
St Hippolyte (+235) fut prêtre de Rome, savant exégète et théologien.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 23 novembre 2025
CHRIST ROI DE L'UNIVERS

Drôle de Roi ! Nous rirons au nez de ceux qui ont une autre définition de la royauté. Quel est ce Roi ayant pour trône une croix et des épines pour couronne ? Les Rois du monde gouvernent en maître et le monde leur est soumis. Le Christ par contre se présente comme serviteur des hommes et de Dieu. Comment admettre une royauté qui ne s'exprime que par le don de sa vie ? Christ est Roi de quel univers ? Il nous répondra : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre". L'Eglise entérinera dans son credo "Je crois en Dieu le Père tout puissant créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible... Il est Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu". Comment résonnent en nous chrétiens d'aujourd'hui ces déclarations ?
Christ Roi de l'univers peut-il déjà être élu comme Roi dans mon univers immédiat ? Il est parfois très agréable de disserter sur la grandeur et l'universalité divine sans que cela nous parle... Comment Christ Roi de l'Univers peut-il se traduire au quotidien dans le visage de l'Eglise ? Pourrait-on envisager une Eglise sans limite dans l'élan de son amour ? Croyons-nous en cette Eglise qui va jusqu'aux confins des terres comme il nous l'a recommandé ? La mission de partir partout dans le monde et de faire des disciples et de les baptiser au nom du Père et Fils et du Saint Esprit nous parle-t-elle encore ?
Christ Roi de l'Univers fait de nous des princes de ce monde, encore faut-il en être fiers et vivre pleinement cette grâce.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 16 novembre 2025
LE TEMPS DE LA PERSEVERANCE.

Les guerres par-ci, Les tremblements de terre par-là. Partout, on n’entend que parler de la fin d’un cycle. Le monde est en ébullition. Il faut changer l’ordre mondial. Les puissances du mal sont déchaînées et l’Église est dans leur viseur. Les plus sceptiques parlent de la fin du monde et pour les nostalgiques d’un passé soi-disant glorieux, pleurent dans l’espoir de retrouver le paradis perdu. Plus de repère moral dans notre monde. C’est la révision générale ou les états généraux pour se libérer de l’ancienne orientation soutenue et entretenue par l’Église. Les normes matrimoniales, le genre, l’éducation sont devenus relatifs. A vrai dire, tout va mal. Est-ce pour autant qu’il faut céder au découragement ? 

             En ce dimanche Jésus nous rappelle notre mission de chrétien : c’est d’être sel et lumière du monde. Bien au contraire, au lieu de s’affoler, c’est l’opportunité offerte pour nous mettre au travail (l’annonce de l’évangile). Il nous invite à ne pas plier l’échine devant cette adversité féroce. Plutôt, il nous invite au combat franc et déterminé car Il est à nos côtés. C’est le combat de David Contre Goliath. L’adversaire est redoutable, mais notre Dieu nous garantit la victoire.  Pourquoi avoir peur quand Dieu lui-même nous dit qu’un seul cheveu de notre tête ne sera pas perdu et que c’est par notre persévérance que nous garderons notre vie ? 

 Proverbe Ivoirien : « Dieu fait ton combat, inutile de retrousser les manches ». Haut les cœurs, on y va. 


Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 9 novembre 2025
LES MARCHANDS DU TEMPLE.

Ils sont nombreux, ces marchands dans le temple à détourner l’attention des enfants de Dieu. Souvent présents pour leur service avec des intentions nobles, Ils banalisent cette maison. Rien qu’à les voir aux alentours et à l’intérieur de nos grands lieux de culte, il y a de quoi comprendre la sainte colère du Jésus.  Entre gadgets et instruments de prière, en passant par les différentes sortes d’huiles (de la bave des anges à la pisse des saints) on a vraiment de la peine de reconnaître les empreintes du Christ. 

                   De même que dans nos églises intérieures, notre cœur, Temple du Saint-Esprit, Il y a pas mal de commerces qui s’y pratiquent.  Il n’est pas rare non plus de se retrouver en pleine célébration eucharistique pendant que nous sommes préoccupés aux réalités extérieures. Combien de fois nous ne nous sommes pas surpris en train de griller des cacahuètes en pleine célébration eucharistique ? Peut-on citer le nombre de fois où la messe fut une croix trop lourde à supporter ? Nous ne compterons même pas les fois où nous sommes sortis des messes aussi vides que nous y sommes rentrés. etc.

                   Les marchands et le commerce dans le temple nous éloignent souvent de Dieu. Prenons-y garde si nous voulons éviter que la colère du Christ s’abatte sur nous.  

 
Père Gilles N'GORAN.

Samedi 1 novembre 2025
NOTRE RECOMPENSE : LE CIEL.

De nos jours, parler de la vie après la mort est devenu un tabou. La mort est vécue purement et simplement comme un drame. Il suffit de regarder autour de nous comment le deuil est vécu pour s'en convaincre. C'est tout à fait normal car la mort est déstabilisante et effrayante .On ne se familiarise pas avec la mort. C'est une expérience douloureuse à vivre, mais hélas elle côtoie la vie. Tout être vivant est candidat potentiel à la mort. Fort de cette expérience, Saint Paul, devant cette réalité, nous réconforte en nous demandant de ne pas pleurer comme ceux qui n 'ont pas d'espérance. Il nous exhorte à croire en la résurrection et en la vie auprès de  Dieu.
Oui ! en vérité, nous sommes pèlerins sur cette terre et notre destination finale est auprès de notre Créateur. C'est là notre Foi. Comment peut-on imaginer que la vie humaine se résume à ce corps ? Comment admettre que la mort soit la fin de notre histoire ? Quand nous voyons les soins que nous accordons au volume corporel voué aux vers au mépris de notre âme que nous refusons d'entretenir, il y a de quoi s'inquiéter.
Pèlerins, nous le sommes sur terre et locataires nous le serons au ciel.  C'est une vérité à ne pas perdre de vue ; "je crois en la résurrection de la chair et en la vie du monde à venir", nous l'enseigne notrez credo. L'Eglise nous donne de vivre 

cette fête des Saints pour nous ouvrir aux réalités de notre future patrie.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 26 octobre 2025
LE PHARISAÏSME NOUVEAU.

Ils sont nombreux en dehors de nos églises ou à l'intérieur à se plaindre. Eux, ne prient pas ! Ils justifient leur éloignement d'avec  Dieu par l'attitude inapte et indélicate des soit-disant chrétiens. Ils s'expriment en ces termes pour la plupart : "ils se disent chrétiens et pourtant... Même nous qui ne le sommes pas avons plus d'exemplarité qu'eux". Ou encore, ceux de l'intérieur qui jugent des frères et soeurs chrétiennes indignes d'exercer telle ou telle activité au sein de la communauté.
Tout homme est une histoire sacrée et chaque personne a du prix aux yeux de Dieu. Que savons-nous de la souffrance et même de la vie des autres ? Nous devons plutôt être pris de compassion devant nos frères et soeurs qui peinent sur le chemin de la vie parfaite. Prier pour ceux qui souffrent et rendre grâce à Dieu pour ses bienfaits doivent être l'attitude des enfants de Dieu et non des calomnies.
En ce dimanche, le Christ nous invite à tuer en nous cette forme de pharisaïsme. Il veut nous rappeler qu'il est venu non pas pour les bien-portants, mais plutôt pour les malades. Que par la force de l'Esprit Saint, nous sachions respecter la vie et la souffrance de chaque enfant de Dieu.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 19 octobre 2025
PRIER SANS RELACHE.

" Je ne sais pas pourquoi prier cher curé. En toute franchise, je ne manque de rien et je n'ai besoin de rien. Alors pourquoi prier ?" Ce sont des réflexions de ce genre que nous enregistrons de plus en plus autour de nous et qui méritent qu'on y réfléchisse. A l'aide du Catéchisme Catholique (n° 2644-2649), nous allons faire un petit résumé sur les fondamentaux de la prière.
L'Esprit Sain qui enseigne l'Eglise et lui rappelle tout ce que Jésus a dit, l'éduque aussi à la vie de prière, en suscitant des expressions qui se renouvellent au sein de formules permanentes : bénédiction, demande, intercession, action de grâce et louange.
C'est parce que Dieu le bénit que le coeur de l'homme peut bénir en retour Celui qui est la source de toute bénédiction.
La prière de demande a pour objet le pardon, la recherche du Royaume ainsi que tout vrai besoin.
La prière d'intercession consiste à une demande en faveur d'un autre. Elle ne connait pas de frontière et s'étend jusqu'aux ennemis.
Toute joie et toute peine, tout évènement et tout besoin peuvent être la matière de l'action de grâce qui, participant à celle du Christ, doit remplir toute la vie : "En toutes conditions, soyez dans l'action de grâce" (1Th 5,18)
La prière de louanges, toute désintéressée, se porte vers Dieu. Elle chante pour lui, elle lui rend gloire, au delà de ce qu'Il fait, parce qu'IL EST.
Quand nous regardons notre monde et ses besoins, comment peut-on rester indifférent et ne pas avoir recours au Dieu créateur ? Refuser de prier, c'est fermer ses yeux aux réalités de notre monde et de nos vies.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  12 octobre 2025
OUVERTURE ANNEE PASTORALE.

En ce jour de rentrée pastorale, nous tenons à vous remercier pour votre participation active durant l'année passée, où nous avions mis l’accent sur la mission en église « Tous chrétiens, tous missionnaires ».

Nos perspectives pour cette nouvelle année c'est d'abord de poursuivre les tâches entreprises, en restant le plus possible en cohésion entre chaque secteur.
Notre évêque, Mgr Alexandre de Bucy, donnera les grandes orientations pastorales et missionnaires pour les trois prochaines années dans notre diocèse lors de la clôture de l’année jubilaire le samedi 3 janvier à Bon Encontre.
Dans l’attente, il nous demande de vivre la synodalité au sein de notre paroisse. La synodalité est la participation active de tous les fidèles à la vie et à la mission de l'Église catholique.
Il s'agit donc de chercher comment nos activités peuvent être dirigées pour rentrer dans l'esprit de la synodalité.
Concrètement, nous allons converger nos forces pour prendre soin les uns des autres avec notamment l'attention portée à tous ceux qui ne peuvent plus participer au rassemblement dominical, ainsi qu'une catéchèse approndie sur l'Eucharistie.

Nous sommes une famille fraternelle qui doit témoigner de la vérité et de la joie de l’Evangile. Chacun y a sa place et tous sont nécessaires.
Nous sommes réunis dans cette église par la même foi, la même espérance et la même charité.
C’est donc ensemble, que nous allons vivre cette nouvelle année pastorale, chacun à sa place et prêt à se mettre au service de la communauté, une communauté unie.
Nous souhaitons donc que chacun de nous se sente concerné par cet élan missionnaire !
Alors à très bientôt et très bonne année pastorale à chacun de vous !

L'Equipe d'Animation Pastorale

Dimanche  20 juillet 2025
MERCI A DIEU, MERCI A VOUS CHERS PAROISSIENS.

Aujourd'hui, nous célébrons la Saint Benoit et nous clôturons notre année pastorale. Je rends grâce à Dieu pour tout ce que nous avons pu vivre. Pour moi, le bilan d'une année pastorale doit se faire sur la joie des chrétiens. Pour cela, la seule question qui oriente le bilan est la suivante :"Les paroissiens ont-ils rencontré Dieu à travers toutes les activités menées ?". Car en vérité, il ne sert à rien de multiplier les activités, si ce n'est pas pour aboutir à la découverte de la face de Dieu. Par conséquent, le bilan, c'est chaque chrétien qui le fait. C'est votre joie et votre unité qui donne la vraie température de notre animation pastorale.
Comme nous le rappelle l'Evangile de ce jour, aucune paroisse ne peut fonctionner correctement en l'absence des "Marie" et des "Marthe". Ce sont ceux et celles qui, comme Marie, travaillent dans l'ombre et qu'on ne voit pas. Et pourtant ce sont eux les racines sans lesquelles aucune église ne peut tenir. Ils prient, aident, appuient le curé de toutes sortes d'attentions. Ne le perdons pas de vue : "le curé est le gouvernail de la paroisse". N'oubliez pas d'entretenir sa joie et son enthousiasme.
Il existe aussi des Marthe qui sont au four et au moulin, qu'on voit au grand jour. Ils sont exposés à nos critiques parfois acerbes. Ils sont parfois victimes de nos humeurs. On oublie parfois qu'ils ne sont que bénévoles... Ils vivent durement la réalité de l'Evangile : "je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups". Ce n'est pas facile non plus de supporter les contradictions, les réticences, les incompréhensions... Oui ! Nous sommes une communauté humaine et non angélique. Toutes ces figures sont importantes pour représenter le corps du Christ qui est l'Eglise. C'est au milieu de toutes ces joies et ces peines que notre foi doit s'exprimer.
Je rends un vibrant hommage pour tout ce que vous me permettez de vivre sur cette terre de mission. Grâce à vous, je fais la plus grande université de la pastorale. Car vous êtes des excellents enseignants. J'en sortirai certainement avec le plus grand diplôme de l'amour, qui est la plus haute distinction des vertus théologales. J'ai béni Dieu de m'avoir donné la plus belle paroisse avec une communauté charmante. Je vous aime et au nom de cet amour, vous n'aurez jamais faim de catéchèse.
Bonnes vacances à toutes et à tous ! Dieu, lui vous attend tous les dimanches !
 
Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  13 juillet 2025
QUI S'EST FAIT PROCHAIN ?

Peut-on rencontrer Dieu sans passer par les hommes ? Saint Jean le rappelle à tous les chrétiens sans ambiguïté : "Celui qui croit aimer Dieu qu'il ne voit pas et n'aime pas son frère qui vit auprès de lui est un menteur". En vérité, il est facile d'aimer Dieu comme il est aisé d'aimer tout le monde. Ce genre d'amour est impersonnel et n'oblige à rien. Il n'appelle à aucune exigence comme aimer son époux ou sa famille. Nous entendons direz autour de nous ; "J'aime tout le monde. Je n'ai d'histoire avec personne... D'ailleurs je vis seul dans mon coin tranquille."
Dans cet évangile du bon samaritain, Jésus répond à la question du docteur de la loi par une autre question ; "Qui s'est fait prochain" ? Cette question nous amène à sortir du confort de l'indifférence et de l'exclusion. Le Christ s'est identifié aux souffrants, aux malades et aux nécessiteux. Frères et soeurs, prenons garde car il est très facile, sous prétexte d'occupation privée, de manquer à nos devoirs de charité. Il existe beaucoup de pièges sur le chemin qui mène vers Dieu. Le prêtre et le lévite avaient certainement des obligations nobles à accomplir vis à vis de Dieu et des hommes mais ils n'ont pas su reconnaître Dieu venu à leur rencontre à travers ce blessé.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  6 juillet 2025
LA MOISSON EST ABONDANTE

Le champ pastoral est vaste et les ouvriers sont peu nombreux. En lieu et place d'accroissement du nombre des religieux et des prêtres, ce sont des couvents et des paroisses qui ferment. On parle de crise des vocations. 
Dans nos communes où jadis résidait tout au moins un prêtre, il y a désormais des relais pour ouvrir/fermer les églises et rendre d'autres services. Dans notre paroisse, nous avons un curé pour 46 clochers. Heureusement que nous bénéficions encore de l'attention, de quelques âmes de bonne volonté qui prêtent main forte à la paroisse. C'est ici l'occasion de remercier les animatrices de catéchèse, l'EAP (équipe d'animation pastorale), l'EPF (équipe de préparation aux funérailles), les relais d'Eglise, le conseil des affaires économiques et la solidarité.
Chrétiens, nous sommes tous envoyés comme des disciples dans le monde entier pour annoncer le règne de Dieu. Le Seigneur appelle toujours des jeunes et des personnes de bonne volonté à sa suite. Il demande aux disciples de s'affranchir des calculs matériels. L'urgence de l'annonce est bien plus importante et pressante que la sécurité humaine (bourse, sac, sandales,..). Le Seigneur recommande aux disciples de se soustraire des bavardages inutiles tels que les salutations interminables, les ragots, les calomnies, les médisances..
Plus que jamais l'Eglise a besoin d'ouvriers.

Les amis ! Dieu embauche, n'hésitez pas.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  29 juin 2025
"JE TE DONNE LES CLES DU ROYAUME ."

Qui est le représentant de St Pierre dans notre église ? C'est bien le pape. Nous venons de choisir notre nouveau Pape en la personne de Robert Francis Prévost, désormais Léon XIV. Son élection a fait couler beaucoup d'encre et de salive sur la fonction et les prérogatives de ce dernier. Il y a eu beaucoup de pronostics avant son élection comme si on jouait au PMU (Pari Mutuel Urbain). Toutes les fantaisies y sont passées. Des conservateurs aux progressistes en passant par les intermédiaires, nous avons tout entendu en oubliant parfois même de prier afin que le Seigneur n ous donne un pasteur selon son coeur. Nous étions plutôt concentrés à chercher un pasteur selon n os tendances. Oui ! La mission du successeur de Pierre est bien plus que la gestion des tendances.
L'évangile de ce dimanche nous définit clairement, par la b ouche de Jésus, les fonctions du Pasteur qu'il faut à son Eglise :
"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. et les puissances de la Mort ne l'emporteront pas sur Elle. Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux ; tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux."
Telle est la mission du souverain pontife.
Vive le pape Léon XIV !

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  22 juin 2025
Eucharistie, vie de l'Eglise !

Le corps du Christ n'est pas à comparer avec une relique. Pour nous chrétiens catholiques, l'Eucharistie est le centre de la vie de l'Eglise. Même si à travers tous les sacrements le Christ se rend visible et présent, il se manifeste davantage avec celui de son Corps. Et c'est d'ailleurs à juste titre que certains théologiens voudraient qu'on appelle l'Eucharistie le sacrement des sacrements.
Ce sacrement est la force et l'énergie de l'Eglise. C'est lui qui définit de l'appellation d'un bâtiment en Eglise ou chapelle. Pour preuve, les grands bâtiments desquels on le soustrait chargent carrément de nom.
C'est ainsi que certaines anciennes églises sont appelées aujourd'hui soit musées, soit gymnases... Si une assemblée se réunit pour prier sans consécration eucharistique, on ne parlera pas de messe. Tous les autres sacrements sont sensés nous orienter à une grande proximité au Corps du Christ. Considérant tout cela, comment ne pas être choqués d'observer tout ce vacarme spectaculaire dans les églises avant les messes ? Que comprennent-ils toutes ces personnes qui veulent des mariages religieux ou des sépultures et qui refusent la messe ? Regardons un peu nos attitudes quand nous allons communier ! Tout cela nous laisse à penser un peu interrogateurs quand même ! "Dites-moi quelle place occupe l'eucharistie dans votre vie et je vous dirai quel genre de chrétiens vous êtes ", nous le disait un professeur en théologie sacramentaire. Sous les espèces du pain et du vin, c'est Jésus qui se donne à nous car il a dit "prenez et mangez ceci est mon corps" et "prenez et buvez ceci est mon sang".
Un jour sous l'arbre à palabre un missionnaire dit à mon grand-père que c'était absurde d'adorer le montagnes, les pierres, les forêts.... autant il est incompréhensible d'adorer un morceau de pain fait de main d'homme. En effet, il venait d'enseigner au missionnaire qu'il faut davantage considérer l'essence que l'apparence...
Ce n'est pas le pain que nous adorons mais plutôt ce qui se cache sous l'aspect de cette espèce.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  15 juin 2025
UN + UN + UN = UN

Trinité ! Trine-unité ! Nous essayons de la présenter ainsi car il ne pouvait pas en être autrement. Chaque année cette fête fait l'objet de grande dissertation sur l'absurdité et l'incompréhensibilité du terme. Toutes les démonstrations y passent et finissent en général sur le balbutiement du grand ami de Dieu St Augustin pour conclure que l'on ne peut pas transvaser le contenu de la mer dans un trou. Quoique l'on puisse penser ou dire, la logique de la Trinité échappe à celle de la raison humaine. En fait tout effort de réflexion sur le sujet devrait nous conduire à l'émerveillement sur l'immensité de la grandeur de Dieu et chanter avec St François d'Assise : "Mon Dieu ! Tu es grand, Tu es beau... Tu es le Dieu d'amour."
Plutôt que de comprendre la Trinité, il serait davantage heureux de la vivre en croyant en l'amour possible entre les hommes quand bien même les raisons et la nécessité ne sont pas perceptibles. La beauté de la Trinité réside dans cette fusion sans confusion que nous confondons sans jamais être satisfaits.  Ce qui devrait nous conduire à une recherche inlassable de l'unité dans nos communautés. L'unité d'une communauté n'est pas un acquis définitif mais plutôt une dynamique. Elle évolue et change au gré des circonstances et des évènements. Elle se réinvente en permanence. La seule façon de tuer l'unité, c'est de se convaincre qu'elle ne sert à rien. Or pour nous, rendre témoignage à la Trinité, c'est faire croire au monde qu'il est possible de vivre différents et rendre le monde meilleur.
Le christianisme n'a pas été fondé sur des raisonnements logiques comme nous l'aurions souhaité. L'irruption de Dieu dans notre histoire humaine sous l'aspect d'un homme, notre salut par un Dieu qui meurt sur une croix, notre espérance au Christ qui ressuscite en sont une parfaite illustration. L'on ne peut pas s'engager dans une telle logique de foi et être surpris que "un+un+un=un". Sous l'arbre à palabre, mon grand père nous enseignera "qu'on ne peut pas prétendre être héritier d'un lépreux et refuser ses chaussures". La Trinité est une conséquence logique du "Dieu s'est fait homme, mort et ressuscité". Une communauté unie est le reflet de la Sainte Trinité. Il y a plus d'intérêt à vivre unis qu'à en disserter. "Que tous soient UN comme Toi et Moi sommes UN", disait  Jésus dans la grande prière sacerdotale. Tout en nous invitant tous à nous efforcer à extirper de notre coeur tout ce qui entrave à l'esprit d'unité, nous vous souhaitons une bonne fête de la Sainte Trinité.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  25 mai 2025
LA PAIX, PAS A LA MANIERE DU MONDE.

Le monde rêve de paix et en même temps il a de la peine à l'entretenir. Quand nous jetons un regard lucide sur l'évolution du monde, nous avons bien l'impression que la paix est le dernier souhait de l'homme. Dieu a créé le monde et a doté chaque peuple de potentiels multiples, divers et variés pour un équilibre harmonieux. Cependant, force est de constater que depuis la nuit des temps, l'histoire de l'humanité n'a été rythmée que par des guerres d'occupations, de soumissions, de religions... Nous croyions naïvement que tout cela était relégué à la barbarie des siècles passés. Hélas ! aujourd'hui encore, malgré notre évolution, nous entretenons des guerres plus meurtrières avec des armes encore plus sophistiquées conçues pour la destruction massive de l'homme avec l'approbation de tous les bien-pensants. Ces promoteurs de la mort, ce sont eux nos héros. 
Dans ce contexte flou et incertain, Jésus nous parle de paix. Que veut bien dire la paix aujourd'hui pour nous ? Est-ce le silence des cimetières ? Le déguerpissement des gênants ? Le mépris et l'anéantissement des différents ? Gaza, Congo, Ukraine, Lybie .... en sont les parfaites illustrations. Jésus donne la paix, sans toutefois chercher à la créer. Il laisse la paix entre nos mains pour que nous la distribuions autour de nous. Il nous parle de cette paix qui nous ouvre sur notre vraie destinée de l'homme : le Ciel. Croire au ciel nous aide à relativiser ce monde ici-bas. Hélas ! aussi longtemps que le Ciel sera une fiction pour l'humanité, la paix restera un voeu pieux. Car en fin de course, "à quoi sert-il de gagner ce monde si on y perd son âme ?". 
Jésus n'est pas un conquérant de paix, il est plutôt un distributeur de paix.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  18 mai 2025
L'IDENTITE REMARQUABLE DU DISCIPLE : L'AMOUR.

Dans l'Eglise, nous parlons d'amour et c'est malheureusement le lieu où l'on a de la peine à exprimer verbalement son amour pour le prochain. C'est très complexe parce que dire à quelqu'un "je t'aime" n'est pas aussi simple que cela puisse paraître. Dire "je t'aime" appelle souvent à des interprétations aux conséquences inimaginables. Il vaudrait mieux poser des actes d'amour vis à vis des frères et soeurs que de le proclamer.
Par contre, en dehors de l'Eglise, il y a partout des chantres de l'amour. On se le dit et on  se le chante toute la journée ; "je t'aime ! moi aussi..." et à la tombée du jour, les résultats sont catastrophiques (crimes passionnels, divorces, viols...). Face à ce dilemme entre praticiens et théoriciens de l'amour, qu'est ce que nous révèle l'Evangile de ce dimanche ?
Jésus nous donne un commandement, celui de nous aimer les uns les autres, comme lui-même nous a aimés. Il nous parle de c et amour qui pardonne à Pierre qui l'a renié jusqu'à lui confier son Eglise. Il nous rend compte de son amour pour ses bourreaux pour qui il demande au Père de leur accorder son pardon. Enfin, il parle de cet amour qui va jusqu'à l'extrême sacrifice ; Don de sa vie pour ceux qu'on aime. C'est à ceci que nous serons reconnus comme ses disciples. Comment arriverons-nous à vivre ce commandement si le monde n'y voit que de la pieuse naïveté ?
Seigneur, le monde est tellement dur et cruel que parfois nous manquons de t'imiter. Viens au secours de notre manque d'amour. Car en vérité, il n'y a que l'amour des uns pour les autres qui sauvera le monde.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  11 mai 2025
PETITE CAUSERIE ENTRE LE CURE ET LES JEUNES

Est-ce que la vie des prêtres est belle?
Belle vie ! C'est relatif. Tout dépend de ce qu'on entend par belle vie. Si belle vie pour vous, c'est de se retrouver chaque soir dans les boîtes de nuit et donner libre cours à toutes ses pulsions, je dirais que la vie du prêtre n'est pas belle. Mais si au contraire; c'est faire la volonté de Dieu et être joyeux de servir ses frères, oui, je dirais que c'est une belle vie. Belle vie, ce n'est pas les apparences de réussite qui se résument à l'avoir, aux voyages, au manger et au boire. Belle vie ne peut pas se résumer à une satisfaction uniquement corporelle.

Avez-vous la possibilité d'avoir autant de loisirs et d'activités que dans la vie "classique" ?
Je répondrai par l'affirmatif. Déjà, l'activité pastorale prend du temps. Cependant, on peut se permettre certaines activités selon ses disponibilités. Il y a des prêtres-médecins, juristes, jardiniers, charpentiers... Il existe aussi des loisirs. Vous me voyez souvent à la guitare, au sport... Le prêtre est un homme complet et accompli. Un prêtre doit savoir être homme et Dieu comme aussi être Dieu parmi les hommes. C'est d'ailleurs l'essentiel de son 'boulot'.

Aimez-vous votre vie de prêtre ou regrettez-vous votre choix ?
A vous de me le dire, ai-je la tête d'un 'regretard' (Rire). Plus sérieusement, j'avoue que j'aime ma vie de prêtre et je ne regrette pas mon choix. Si c'est à refaire dans une autre vie, je referai ce même choix. Confidence ! J'ai reçu beaucoup de compliments dans ma vie de prêtre. Cependant un seul m'a marqué et il ne me quitte plus. C'est celui d'un monsieur qui n'est pas du tout chrétien catholique et qui n'est malheureusement plus de ce monde. Il m'a dit :"tu ne fais pas prêtre, tu es prêtre". Cette petite phrase m'accompagne toujours et m'oriente dans cette dynamique à ne pas faire le prêtre. Mes regrets, c'est lorsqu'une personne m'approche sans avoir eu l'impression d'avoir approché Dieu.
Rappel de ma devise sacerdotale : "Père, qu'en s'approchant de moi, les hommes s'approchent de toi".

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  4 mai 2025
FORCE OU FAIBLESSE DE L'AMOUR ?

Jésus troquerait-il l'amour de Pierre pour lui contre des responsabilités qu'il lui confierait ? Avait-il besoin de s'assurer de son amour pour lui avant de lui donner la charge de prendre soin de son Eglise ? Certainement pas ! De plus en plus, nous prenons l'aisance d'expliquer les Evangiles à la lumière des enjeux contemporains. Interpréter le dialogue de Jésus avec Pierre avec les codes du marketing ressemblerait plutôt à un deal.
Dans cet évangile, Jésus veut mettre Pierre en face des réalités qui seront désormais les siennes. Diriger le peuple de Dieu ne demande aucune autre expertise que celle de l'Amour qui exige de donner sa vie pour les autres. Il est question de cet amour qui met l'autre au centre de son existence. Jésus en est lui-même la parfaite illustration. Sa vie, il l'a donnée pour l'humanité par amour. Il n'a pas posé de conditions comme les nouvelles règles de notre nouvelle ère : "Je t'aime, mais ...". Combien sont-ils à supporter les limites de l'autre ? Résultat des courses ? Point besoin de faire un dessin. Jésus mise sur l'amour de  Pierre et non sur sa science pour lui confier l'Eglise. Il parle de cet amour qui a l'apparence d'une faiblesse et  pourtant qui est une force. Cet amour qui brise les barrières et qui donne la chance à ceux qui tombent de se relever. Quand on aime vraiment l'Eglise, c'est le Christ qui vit en nous. Et cela peut nous conduire là où nous ne voulons pas aller, même jusqu'à la mort.
Aujourd'hui, nous attendons le nouveau souverain pontife qui succédera au Pape François, rappelé à Dieu. Depuis lors, tous les spécialistes de Dieu et de l'Eglise ont fait irruption et nous inondent  de tous les pronostics loin de l'Evangile. Tous interviennent comme si nous étions au Paris mutuel urbain (PMU). Tout y va avec des enjeux politiques et stratégiques sans toutefois se référer à l'Evangile et à la faim du peuple de Dieu. Ne l'oublions pas, Jésus a demandé à Pierre de conduire son troupeau et de le faire paître. Prions le Seigneur afin de nous donner un Pasteur selon son coeur et non selon le coeur du monde.
Nous voulons un Pasteur qui marche selon la volonté du Christ. Et sa volonté première , c'est de "prendre soin du troupeau" et non de faire de la "propagande au nom du troupeau".

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  13 avril 2025
L'ANE DU CHRIST

Cet âne toujours présent dans la scène des rameaux dont personne ne parle fera l'objet de notre réflexion. Il a pourtant plu au Christ de faire de cette bête de somme une icône dans le récit de sa marche vers Jérusalem. Dans la ferveur de nos célébrations, nous l'avons toujours oublié ou peut-être sous-estimé son implication dans le processus de notre salut. Pourquoi un âne ? Peut-être pour faire coïncider les prophéties !
Et si à travers cet âne, le Christ voulait dire à chacun de nous que nous sommes tous importants à ses yeux pour l'annonce de l'Evangile et le salut du monde ? Si un âne a trouvé grâce aux yeux de notre Seigneur, combien plus ne compterions-nous pas pour lui ? L'essentiel pour Lui, n'est-ce pas d'être un ostensoir qui le révèle à la face du monde ?
Ne serions-nous pas certainement comme cet âne qui portons le Christ dans notre mission ? Nous l'oublions si souvent qu'il nous arrive de nous prendre pour le Christ pourtant nous ne sommes que de simples porteurs du Maître. Il est très facile de se comporter comme cet âne, qui, un moment, a dû croire que c'était pour lui que la foule scandait des "hosanna". Il a dû se dire que ces hommes sont bizarres :" Hier, ils m'assénaient des coups de pied et aujourd'hui, ils exultent de joie à mon passage". Pauvre âne, tu avais simplement oublié que tu portais le Seigneur.
Le Christ est ressuscité il y a près de 2000 ans. Ne perdons pas de vue ce détail qui est de taille. Dans nos célébrations liturgiques, nous commémorons la résurrection de notre Sauveur. Cette fête aura un sens pour chacun de nous si et seulement si nous acceptons de ressusciter de nouveau avec le Christ. C'est notre pâques (passage) à nous que nous fêtons parce que renouvelés par la résurrection du Christ. Sans implication spirituelle et personnelle, cette fête perdrait tout son sens d'où le nécessité de vivre intensément le temps de carême pour une Pâques personnelle et une résurrection communautaire effective.
Comme cet âne, accepterions-nous de porter le Christ et de le refléter comme source de paix et de joie dans notre monde de plus en plus troublé et troublant ?
Gloire à toi, Louange et Honneur ! Hosanna ! Hosanna !

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  6 avril 2025
OU SONT-ILS ? 

Ils sont partis en commençant par les plus âgés. Cependant, ils sont revenus et ils persécutent toujours les plus faibles. Le coeur chargé de mépris, ils promettent une terre belle où le loup habitera avec l'agneau. Hier, ils étaient encore là avec des pierres en main prêts à lapider les brebis égarées. Toujours bien vêtus de beaux principes, ils font la morale et affligent au monde leur sentence. Ils ont tué d'autres et effacé certains peuples de la surface de la terre. Aujourd'hui encore, ils sont présents avec les mêmes menaces. Qu'ont-ils fait ces enfants de Dieu ? Ils sont accusés d'adultère parce qu'ils croient en d'autres valeurs que les leurs : "Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais ". Pour cela, ils sont prêts à troquer des vies contre leur gloire éphémère.
Jésus, dans cet Evangile, parle à ces peuples étalés en holocauste, prêts à être sacrifiés sur l'autel des "bienveillants". Ils ont emprisonné ceux qu'ils avaient affamé pour avoir volé leur pain. Qui sont-ils ? Peuvent-ils rendre compte de la gestion du monde ? Ô Dieu ! que c'est tellement facile d'opprimer l'orphelin. Le Christ est venu aussi pour les pêcheurs. Loin de les encourager à stagner dans le péché au point d'en adorer certains (péché mignon), il appelle à la conversion. Comme le disent les ivoiriens : "le péché n'est le camarade de personne". Il est notre ennemi et doit être traité comme tel.  Combattons le péché et sauvons l'homme, telle doit être la devise de tout chrétien. En ce 4ème dimanche de Carême, Jésus nous appelle à l'indulgence vis à vis de ceux qui sont coupables de "Péchés Publics". Car en effet il existe aussi des "Pêcheurs Privés", ceux qui sont habiles et qui savent dissimuler leur forfait. Ne l'oublions pas, nous pouvons tromper tout le monde sauf Dieu et nous-mêmes. Commençons par être exigeants envers nous-mêmes et compréhensifs envers les autres. En vérité, si l'on observait bien, on serait plus tendre comme Jésus envers ceux qui flanchent.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  30 mars 2025
LE RAPPORTEUR (KPAKPATO) 

Incompréhensible ! Inacceptable ! Comment un père peut-il montrer une telle injustice vis à vis de son fils le plus soumis ? Il fait bon accueil à celui qui a fait saigner son coeur de père en prenant sa part d'héritage. Que penser de ce père qui a plus pleuré l'absence de son fils déserteur sans toutefois laisser cicatriser son coeur  par la présence du fils ainé toujours présent pour le servir ? C'est tout à fait normal que le serviteur fasse un rapport de façon à aiguiser la colère du fils ainé.
Et si l'on se taisait parfois pour faire régner le silence quand ce que nous à dire déclencherait une colère. Il existe des situations où notre parole, au lieu d'apaiser, alimente la colère et des grincements de dents . O Dieu ! Combien de fois n'avons-nous pas su tenir notre langue ? Nous pensons dans cette méditation à ce serviteur indélicat qui a renseigné le fils ainé avec cet air d'incitation à la colère en ces termes : "Ton père a fait tuer le veau gras pour ton frère indigne". Il a sans doute dit la vérité mais il aurait pu s'y prendre autrement. Pourquoi ne pas signaler simplement la joie du retour de son frère ? Comme quoi la présentation des faits peut susciter de l'amertume. Cette attitude indélicate à l'actif des rapporteurs (kpakpato) doit faire aussi partie des efforts de Carême.
En ce quatrième dimanche de Carême, pour notre Communauté, le Christ nous appelle aussi à surveiller notre bouche et à maîtriser notre langue. Nous jeûnons beaucoup pour le combat spirituel, c'est très important. Cependant n'oublions pas aussi de faire le jeûne de la parole inutile et malveillante. Apprendre à parler quand c'est nécessaire et au besoin à dire des paroles bonnes et constructives pour ceux qui nous écoutent. En vérité, une parole de trop est une bombe lâchée dans la nature.
* Kpakpato : rapporteur indélicat dans le jargon ivoirien.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  23 mars 2025
LA DERNIERE CHANCE 

Pourquoi cette mise en garde n'est-elle pas adressée à tous ceux qui rendent notre terre inhabitable ? Les tyrans sont là et ils nous persécutent à souhait. Tout porte à croire que l'agneau que nous sommes est toujours dans la repentance pendant que le lion n'est jamais rassasié des sévices. Nous l'avouons : cette remarque est judicieuse quand nous considérons le monde dans lequel nous végétons. Nous sommes tous des enfants de Dieu. Cependant, certains ne s'abreuvent que du rire des satisfaits et du mépris des orgueilleux.
Si tant il est vrai que notre requête est juste, il ne faudrait surtout pas oublier que le Christ s'adresse à tous. Chacun à son niveau est nourri à la sève de l'Evangile. Par conséquent nous sommes individuellement appelés à porter du fruit. Des fruits ! Il en existe de toutes sortes. Des amers aux savoureux, tout y passe. Il s'agit plutôt de donner des fruits agréables à Dieu et aux hommes. C'est un défi pour nous disciples du Christ d'aujourd'hui à donner du bon fruit par notre "être et faire" chrétien. Avouons qu'il n'est pas facile de garder intact notre attachement au Christ quand nous voyons prospérer autour de nous les blasphémateurs et les mécréants. C'est insupportable de constater qu'ils nous narguent pendant qu'on les applaudit avec en leur possession des fruits marqués de notre sueur et de notre sang. Que le mépris que nous inspirent ces tyrans ne nous éloigne pas de notre propre conversion. Seigneur ! Sois patient envers nous. L'aridité de ce monde a laissé dans nos mains fragiles des fruits amers. Que ce temps de Carême, comme un feu, ravage ces fruits amers pour une bonne récolte au matin de Pâques.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche  16 mars 2025
CAREME ET DEPAYSEMENT 

Jésus déménage avec ses 3 disciples sur une montagne pour vivre une réalité exceptionnelle de coeur à coeur. "Coeur à coeur", expression ambigüe dans notre nouveau monde où l'intimité est devenue une denrée rare. Tout se sait et tout se dit. L'essentiel, c'est de se faire entendre ou de se faire voir. Qui parle et qui écoute qui ? Peu importe, pourvu que notre image et notre mot soient associés au flux de toutes les informations distillées. Les smartphones ont volé à Dieu l'attention de l'homme. Maintenant, nous sommes en passe de sous-traiter notre intelligence à une intelligence artificielle. Où se trouve la vérité ? Nous ne saurions vous répondre. Ce qui est sûr, nous ne savons pas où nous allons mais on y va quand même. C'est au milieu de ce tumulte que Jésus appelle chacun de nous à un dépaysement. Comme à Abraham, il invite chacun à quitter son univers et à vivre un "coeur à coeur" avec lui sur la montagne.
Un sage disait :" Tant que le crapaud n'est pas tombé dans de l'eau chaude, il ne sait pas qu'il y a deux sortes d'eau". A nous qui avons perdu notre soif du silence, à nous qui vivons au rythme des buzz et des clashes, le Christ nous invite sur la montagne pour goûter à la douceur du silence. En ce dimanche, il nous dit qu'il y a une autre alternative : prendre de la hauteur sur la montagne et il nous restaurera dans notre dignité d'enfants de Dieu. Entre la peur de la fin du monde du fait d'une troisième guerre mondiale et les publicités d'une vie meilleure vécue sur planification, nous sommes, à dire vrai, saturés. "Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi, je vous donnerai le repos" a-t-il dit. Le carême est aussi un temps de dépaysement avec le Christ sur la montagne pour éduquer nos sens aux vraies valeurs de la vie. Frères et soeurs, rejoignons le Christ sur la montagne car Moïse et Elie nous y attendent.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 9 mars 2025
CAREME CATHOLIQUE ET ESCHATOLOGIE 

Si les 40 jours du peuple juif ont conduit du désert terrestre au paradis terrestre, les 40 jours de pénitence des chrétiens conduisent du désert terrestre au paradis céleste. La logique du carême chrétien obéit à cette dualité :
- corps / âme                                                                    - terre / ciel
- matériel / spirituel                                                    - ternité / éternité
- visible / invisible
Le carême consiste à mater les tendances matérielles pour faire éclore les tendances spirituelles.
Les paroles du Christ : "celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi se sauvera..." s'inscrivent dans cette dualité:
-Sauver sa vie égale à sauver son corps biologique, matériel, visible, terrestre
- Perdre sa vie égale sauver son âme, sauver sa vie spirituelle, sauver son éternité.
Perdre sa vie, c'est à dire, ses tendances matérielles, c'est mener une vie de pénitence dont le jeûne de nourriture est le point de départ.
Le Christ a commencé son ministère par le jeûne. C'est important !
Etre capable de renoncer régulièrement à un repas, nous procure une pondérance et une discipline susceptibles de résister à un verre d'alcool, à une cigarette, à une friandise, à une débauche...
Etre capable de sauter un petit repas nous entraîne à résister aux tendances sensuelles et sexuelles...
C'est une illusion que de vouloir sauter à pieds joints sur le jeûne de nourriture pour faire les autres formes de jeûnes, c'est à dire, jeûne de parole, de cigarette, de critique, etc...
Oui, le jeûne de nourriture est important. C'est pourquoi le Christ l'a fait. Il ne faut pas banaliser ce que le Christ a fait.
Ce que le Christ a fait est un exemple à imiter. Imitons-le !
Imiter le Christ volontairement, en comptant sur l'aide du Saint-Esprit, c'est s'engager à recevoir la grâce principale liée à cet exercice : se fondre dans le père ici-bas et là-haut au ciel.
"Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner son corps mortel, s'il perd son âme qui est pourtant destinée à la vie éternelle ?"
Dieu, viens à mon aide.                                                          Seigneur, à notre secours
Fructueuse pénitence !
P. Zra-Bi

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 9 mars 2025
IL EUT FAIM. 

Des affamés ! Il y en a de toutes sortes dans notre monde. Faim d'avoir, faim de savoir et faim de pouvoir. La sérénité des repus à combler leur faim n'est pas la même que celle des indigents. Pendant que les uns cherchent à entasser pour les générations futures, l'indigent, lui, cherche à combler un besoin immédiat. Il ne recherche que le juste nécessaire pour passer une nuit tranquille. Toujours est-il que la faim reste un manque à combler. Un grand homme ivoirien disait qu'un homme qui a faim n'est pas un homme libre. Car, en l'absence de liberté, la fragilité gagne du terrain. Un affamé qui perd sa liberté est soumis à toutes sortes de tentations pour sa survie.
Jésus n'échappe pas à la règle. A peine sorti des 40 jours du désert, qu'il est confronté aux tristes réalités de notre existence. Ce Jésus, c'est chacun de nous en face des contraintes et épreuves de la vie. C'est cette jeune fille qui, pour avoir sa pitance du jour, est obligée de vendre son corps. C'est aussi ce jeune homme qui use de la drogue pour échapper aux dures épreuves de l'existence. C'est encore tous ces grands de ce monde qui bradent la vie des autres pour sauver leur orgueil incrusté dans un pouvoir. Au quotidien, c'est le film de nos vies que cet évangile nous retrace. Le diable est toujours présent à la porte de notre coeur et il propose ses services à "bon marché". A nous de savoir lui résister avec la force de la Foi. Nous entamons ce temps de Carême avec chacun sa faim. Que ce temps ne soit pas seulement un moment de variation alimentaire où le poisson est davantage privilégié que la viande. C'est plutôt un temps pour combler notre faim de Dieu.

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 2 mars 2025
LE GUIDE AVEUGLE ! 

" Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?". Nous répondrons par l'affirmative au regard du spectacle qui s'offre à nous. De partout, nous sommes saturés ce ces nouveaux maîtres appelés soit influenceurs 2.0, soit coach ou quoi d'autre encore ? Ils ont réussi à faire taire les bien-pensants et les savants. Tels des héros de la toile, ils se font entendre sur tous les sujets à tous les niveaux. Ils savent tout et expliquent tout. Ils sont suivis par des milliers de personnes qui font d'eux des références de notre nouvelle société. Ils savent comment faire pour avoir de l'argent rapidement et pourtant ils sont les plus endettés de la société. Ils sont les meilleurs conseillers matrimoniaux si bien qu'aucune femme ou qu'aucun homme ne peut les supporter. Et pourtant, ce sont eux qui mènent la barque de la destinée humaine.
En ce dimanche avant le début de Carême 2025, Jésus nous appelle à la vigilance. Il nous invite à n'être ni influenceurs, encore moins influencés. Avant de prétendre guider les autres, il nous demande de nous recentrer sur nous-mêmes afin de mener le combat contre nos démons intérieurs. Le tigre ne proclame pas sa 'tigritude' comme une belle vie n'a pas besoin de publicité. Le bon arbre se reconnait par la qualité de ses fruits. Les chrétiens que nous sommes n'impacteront le monde seulement qu'en étant sel et lumière. Cela suffit !

Père Gilles N'GORAN.

Dimanche 23 février 2025
DUR D'ETRE CHRETIEN ! 

Notre monde est dirigé par des puissants qui s'imposent à tous par la force. L'agneau est toujours dévoré par le lion. Son grand tort est d'avoir été agneau ne disposant pas de moyens de résistance féroces proportionnelles face à son agresseur. Le droit et la raison n'appartiennent qu'au plus fort. Rien qu'à voir comment les états se battent et se détruisent, on pourrait même douter de notre origine divine. Nous avons toutes les chartes pour protéger l'homme et en même temps, nous avons aussi créé toutes les armes pour le détruire. Nous pleurons les affres des catastrophes naturelles alors que nous saluons les guerres orchestrées et commanditées par l'homme. D'ailleurs, celles-là font plus de ravage : Ukraine, Gaza, Congo.... en sont une parfaite illustration.
C'est au coeur de ce tumulte indescriptible que le Christ nous fait le catalogue de notre identité chrétienne. Pendant que nous voyons ces violents et voyous en col blanc malmener nos vies comme s'ils grillaient des arachides, le Christ nous rappelle ses principes : souhaiter du bien à celui qui nous maudit, prier pour celui qui nous calomnie et, à celui qui nous frappe sur la joue présente lui l'autre...
Seigneur ! Depuis que nous présentons notre joue, ils ne se sont pas lassés de nous frapper. Notre silence ne leur a rien enseigné. Bien au contraire, ils se délectent de notre passivité. Le sage de Golikro, mon village, nous a toujours dit ceci : " lorsque vous êtes sur la piste de danse avec un aveugle, il faut de temps en temps lui marcher sur les pieds pour qu'il sache qu'il n'est pas le seul à danser."
Hélas ! Le Christ ne nous demande pas d'être comme les autres. Il nous appelle à le suivre. C'est en témoignage de son enseignement que le monde le reconnaîtra et non en imitant nos bourreaux.
Dieu ! Que c'est dur d'être chrétien.

Père Giles N'GORAN.

Dimanche 16 février 2025
HEUREUX LES PAUVRES ! 

Comment être heureux quand tout sombre autour de nous ? Peut-on être heureux quand on a l'impression que c'est le diable lui même en personne qui dirige notre vie ? De quel bonheur parle-t-on lorsque notre vie est illuminée par des échecs, des calamités ... ? Quelle joie éprouver quand le bout du tunnel de la misère est invisible ? Un être limité, réduit et ligoté par les difficultés de la vie peut-il croire au bonheur ? Cet évangile est-il audible pour ceux qui aujourd'hui traversent des épreuves quasi insurmontables ?
Parler de la joie des pauvres fait pleuvoir beaucoup d'interrogations de nos coeurs. Notre société actuelle n'a d'égard que pour les riches. Un comédien ivoirien disait à juste titre : "Au cours des réunions familiales, celui qui n'a rien n'a pas droit à la parole. Il n'est utile que pour l'usage de ses dents en guise de décapsuleur." La société nous respecte et nous traite en fonction de notre patrimoine intellectuel, matériel ou financier. En nous promettant le Royaume de Dieu parce que nous sommes pauvres, Jésus veut-il nous extraire d'une vie heureuse sur la terre ? Sans doute que non. Jésus veut plutôt attirer notre attention sur la façon dont nous considérons les richesses de ce monde. Il nous invite plutôt à les relativiser afin de mettre l'homme au coeur de notre existence. Sinon, à quoi sert-il de gagner le monde par les richesses et de perdre son âme ? Cherchons d'abord le Royaume de Dieu.

Père Giles N'GORAN.

Dimanche 9 février 2025
WWW.PECHEURSDHOMMES.JC 

Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que nos églises accueillent du monde. Tous les règlements sont revus à la baisse. De moins en  moins les prêtres insistent sur la pratique religieuse pour "distribuer" les sacrements. Un peu moins qu'une boutique quand même, tout se négocie à la tête du client selon qu'il est pratiquant invisible, discret ou indifférent. La Foi est une histoire entre Dieu et ses enfants. On peut ne pas être pratiquant et mieux vivre sa Foi que "les grands adorateurs". Le relativisme a rassuré plus d'un dans un confort certain. Chacun fait comme bon lui semble. Présenter le Christ au monde est davantage devenu un jeu intellectuel qu'un témoignage pour la plupart des chrétiens que nous sommes. Nous avons les filets entre les mains avec la peur de ne savoir quoi pêcher. En conclusion, les amarres n'ont jamais été aussi lâchées. Les filets ne sont jetés que dans le confort de nos églises, sans souffrir de la rigueur des vagues extérieures. Tout cela donne l'impression que nous avons perdu de vue la cible. Jésus nous parle d'une pêche en eau profonde et non d'une pêche en aquarium.
Telle est la profondeur du message de ce dimanche. A travers Simon, Jésus réaffirme son invitation à l'Eglise entière et à chaque chrétien en particulier : "sois sans crainte, désormais, ce sont des hommes que tu prendras". Par cette exhortation à la pêche d'hommes, nous sommes tous envoyés en mission. Il appartient à chacun de jeter les filets dans nos milieux de vie. Peu importe la quantité de poissons que nous prendrons puisque cela ne dépend pas de nous. Jeter le filet c'est annoncer la parole de Dieu avec audace bien au-delà de nos peurs ou de nos attentes. Toutefois, chaque chrétien doit se donner les moyens d'être témoin de la bonne odeur et de la lumière du Christ autour de lui. Ce n'est seulement qu'à ce prix qu'on devient super PECHEURS D'HOMMES.

Père Giles N'GORAN.

Dimanche 2 février 2025
CHRIST, LUMIERE DE MA VIE . 

Dans le temple, Marie entend beaucoup de révélations qui ne rassurent certainement pas : "Cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël... et toi, ton âme sera traversée d'un glaive." Certainement que Marie ne comprenait pas grand chose dans cette aventure plus mystérieuse qu'ambiguë. Toutes les étapes d'évolution de son Fils demandent beaucoup de patience et de compréhension. Cependant, jamais il ne nous est fait mention d'une quelconque colère de Marie ou de Joseph. Est-ce de la résignation ? Aucune idée ! Toujours est-il qu'il grandissait et que ses parents gardaient tout dans leur coeur. La vie avec le Christ requiert inévitablement cette disposition du coeur de Marie et Joseph. Vivre avec Dieu est une aventure complexe qui puise ses énergies uniquement dans la foi. La lumière du Christ n'illumine que ceux qui ouvrent les portes et le fenêtres de leur coeur pour l'accueillir.
Christ est cette lumière qui vient nous visiter. Cependant, si nous ne lui ouvrons pas notre porte, il lui sera impossible d'éclairer notre vie. Il se tient aux frontons de nos portes et il frappe, nous dit-il. Si quelqu'un entend sa voix et qu'il ouvre, il entrera chez lui et prendra son repas avec lui. C'est lui qui nous appelle de nos ténèbres pour contempler sa douce lumière. Cette lumière s'offre à nous de façon permanente. Encore faut-il que nous ayons la grâce et la joie de l'accueillir ? En ce dimanche de la lumière, nous pensons à toutes ces personnes enfermées dans l'obscurité de la déception, de la souffrance, de l'incompréhension. Que la lumière du Christ vienne illuminer leur vie et leur donne cette joie de vivre,  de croire et d'espérer.

Père Giles N'GORAN.

Dimanche 19 janvier 2025
DU VIN !  QUEL VIN ? 

Le vin réjouissant le coeur de l'homme sans toutefois attrister celui de la femme reste un élément essentiel au cours de nos cérémonies festives. C'est le vin qui donne le ton joyeux à nos repas de noces. Une cérémonie comme celle des noces de Cana sans le vin serait loin d'être une réussite mais plutôt une honte pour les fiancés et une déception pour les convives. C'est face à l'ennui dû au manque de vin que Marie présente la situation à son fils en ces termes : ils n'ont plus de vin. Du vin ou du bon vin ?
De plus en plus, les chrétiens se plaignent du manque de participants à nos repas eucharistiques. Les raisons varient en fonction de la compréhension de chacun. Pour certains l'heure de célébration ne leur convient pas, pour d'autres l'église est obsolète, pour d'autres encore les chrétiens sont trop tristes pour donner envie à leur ressembler... Comme Marie, il nous arrive de dire au Christ : "Regarde ! il n'y a plus de chrétiens. L'église est à l'agonie et nous manquons de vin".
Il n'en est rien de tout cela. Le vin, n'allons pas le chercher nulle part ailleurs en dehors des chrétiens que nous sommes. Le vin qui manque, c'est l'expression de tous les chrétiens qui refusent de se rendre agréables pour faire luire la face du Christ. Il nous demande de présenter nos cruches d'eau et il les transformera en vin d'Espérance et de Charité. Il parle de nos vies lessivées par les vicissitudes de l'existence et qui progressent de façon lancinantes vers la ruine de l'âme. Nous tous qui peinons sous le poids du fardeau, le Maître nous demande de venir à lui afin de transformer notre vie en bon vin.
En effet, du vin il y en avait. Cependant il n'était pas suffisamment bon pour le début d'un repas d'une telle envergure, d'autant plus que le maître du repas a recommandé de servir le moins bon après. Jésus invite en ce dimanche tous les chrétiens éteints du fait de l'éloignement de l'église et tous les affadis par le manque de pratique de remplir leur verre d'eau. Lui, le Maître de l'univers, en fera des cruches de vin de Charité, d'Espérance et de Foi. Le bon vin pour le monde, c'est l'église.

Père Giles N'GORAN.

Dimanche 12 janvier 2025
TOI, TU ES MON FILS BIEN-AIME ! 

Qu'est-ce que le baptême ? C'est une question que nous ne nous posons plus. Et pourtant il est très important d'en connaître le sens. Selon l'évangile de ce dimanche, il y aurait sûrement deux types de baptême : celui de Jean le Baptiste et celui de Jésus. Jean prend le soin de distinguer les deux baptêmes. Le sien est un baptême de conversion alors que celui du Christ en est bien différent. "Moi, je vous baptise avec de l'eau; il vient, celui qui est plus fort que moi... Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu", disait-il.
Selon la catéchèse de l'église catholique le baptême produit des effets comme Jean le baptiste nous l'a expliqué. Le baptême efface le péché originel, fait de nous des membres de l'église, c'est à dire Corps du Christ et fait de nous des enfants de Dieu. Quelques uns rétorqueront que nous sommes déjà enfants de Dieu par la création. Ce qui n'est pas tout de même faux. Cependant nous ne sommes pas enfants de Dieu comme Jésus l'est. Le baptême nous incorpore au Christ et fait que nous devenons fils de Dieu par adoption comme l'est Jésus (consubstantiel au Père). Partant de ce principe, nous voyons que le baptême est bien plus qu'un acte banal d'arguments de retrouvailles. En acceptant de se faire baptiser ou de faire baptiser nos enfants, nous choisissons la vie de Dieu en Jésus Christ sous la puissance de l'Esprit Saint. A chaque baptême, il y a de la joie au ciel et Dieu ne manque pas de dire : "Tu es mon Fils bien-aimé; en toi je trouve ma joie".
A nous les baptisés d'hier et d'aujourd'hui, profitons de ce grand jour du baptême du Seigneur pour rendre grâce à Dieu de nous avoir associés à son mystère d'amour. Nous invitons tous les parents qui ont fait baptiser leurs enfants à leur permettre d'expérimenter la vie en Dieu à travers l'Eglise qui est le corps visible du Christ.

Père Giles N'GORAN.

Dimanche 5 janvier 2025
UNE ETOILE, UN CHRETIEN ! 

Dieu promettait à Abraham qu'il aurait une descendance aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel. Ces étoiles, en effet, sont innombrables et elles portent chacune un nom. Nous connaissons certainement celles de tous les jours telles que le soleil, l'étoile polaire... Dans l'épisode de l'Epiphanie, nous faisons connaissance avec une nouvelle étoile qui est vagabonde. Elle se promène dans le ciel. Certains l'appellent "étoile filante" et il paraîtrait qu'elle apporterait bonheur à ceux qui la rencontrent. Pour la circonstance, avec les rois mages, elle s'est donnée la fonction de guide touristique. Elle a conduit les mages (Balthazar, Gaspar, Melchior) jusqu'en la demeure de fortune de la Sainte Famille de Nazareth (Jésus, Marie et Joseph).
Cette étoile vagabonde reflète la vie des chrétiens que nous sommes selon le Christ pour qui nous représentons la lumière du monde. Comme les étoiles dans la voie lactée, tout chrétien est appelé à briller de tout feu pour apporter sa petite lumière sur le chemin qui conduit au Christ. Malheureusement, fort est de constater qu'il existe des lumières ténébreuses, qui au lieu d'éclairer, assombrissent le chemin qui mène vers Dieu. Nous n'allons pas revenir sur sur les évènements de ces derniers temps dans notre Eglise qui nous ont tous contraints à faire profil bas puisqu'ils lui ont donné un sacré coup. En effet, lorsque le témoignage des uns et des autres n'honore pas ce que nous prétendons être, c'est à dire disciple du Christ, c'est la lumière et la clarté du Christ qui en pâtissent. Dieu s'est rendu visible à travers l'Eglise qui est elle-même le Corps du Christ. Toutes les fois où, ce corps portera des souillures, c'est le Christ que nous crucifions à nouveau, réduisant ainsi la portée et la clarté de son règne. Parfois, comme les mages, il ne serait pas inutile de marquer un arrêt pour se renseigner et reprendre de nouvelles énergies avant de continuer la route. Il peut arriver que l'étoile disparaisse en cours de route.
Chrétiens, nous sommes aussi des étoiles. Puisse Dieu nous accorder, à chaque instant de nos vies, de briller pour qu'en nous voyant vivre, nos frères et soeurs puissent l'approcher, l'aimer et l'adorer.
Chaque chrétien est une étoile dans le champ de la mission.

Père Giles N'GORAN

Dimanche 22 décembre 2024
TU ES BENIE ENTRE TOUTES LES FEMMES 

Après la visite de l'ange, Marie se rend chez sa cousine Elisabeth. L'ange, avant de s'en aller, lui avait parlé de la grossesse de cette dernière qu'on appelait la femme stérile. Rien n'est impossible à Dieu, c'est la seule réponse que l'ange lui a donnée lorsqu'elle a voulu en savoir plus sur le mode opératoire de cet avènement. Une efois chez sa cousine, l'esprit de Dieu, ayant pris possession d'elle, lui fait redire presque toutes les paroles qui lui furent annoncées par l'ange : " d'où m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?... Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur"". La concordance des paroles entre celles de l'ange et d'Elisabeth finissent par nous convaincre aussi que Dieu veut vraiment habiter parmi nous et c'est par Marie qu'il s'offre au monde.
A quelques jours de la visite de Dieu dans nos coeurs, nos maisons et nos communautés paroissiales, nous rendons grâce à Dieu qui nous donne de prendre les dispositions les meilleures pour que cette fête de Noël soit belle. Seigneur, nos coeurs sont prêts à l'accueillir. Viens dans nos maisons combler les ravins et nous apporter la paix et la consolation dont nous avons besoin. Pendant cet hiver, nous vivons au rythme des guerres multipliant ainsi les sans-abris et les désoeuvrés. Seigneur, nous avons envie de vous demander, si ce n'est pas abuser de votre largesse, dee visiter seulement le Congo, la Syrie, la bande de Gaza, le Liban, l'île de Mayotte.... Seigneur, pendant que certains fêtent en ton nom sans jamais t'inviter à leur table, d'autres croupissent sous le poids des bombes.
Regarde Seigneur tous ces peuples qui n'attendent qu'un signe de ta présence rassurante. Donne-leur des MARIE qui franchissent des montagnes pour partager la bénédiction qui vient de toi. Notre monde a besoin de toi à travers des femmes et des hommes bénis et non des missiles et des bombes "bénis". Prions pour ces pays qui n'ont pour guirlandes et jeux de lumière que l'éclat des bombes. Viens pour notre délivrance Seigneur Jésus.

Père Giles N'GORAN

Dimanche 15 décembre 2024
QUE DEVONS-NOUS FAIRE ? 

Cette question nous traverse tous l'esprit pendant ce temps de l'Avent où nous nous préparons à célébrer la venue de Dieu parmi nous. Cela se traduit par toutes les attentions que nous nous efforçons de témoigner à nos proches. Derrière ces cadeaux par-ci et ces gestes affectueux par-là se cache notre volonté de transmettre l'amour de Dieu à nos frères et soeurs. Nous profitons de l'occasion pour remercier et féliciter notre équipe de Solidarité Paroissiale qui a offert un temps de convivialité aux personnes seules et fragiles. Dans les jours à venir, cette équipe fera aussi une visite à l'EHPAD de Puymirol, vraie crèche, où nous attend certainement l'enfant de Noël.
En ce troisième dimanche de l'Avent, nous sommes invités à relever la tête et à regarder autour de nous. C'est un exercice de reconnaissance des lieux autour de nous ; où pourra-t-on trouver une crèche pour apporter assistance à "Jésus" ? Ce "Jésus", ce sont toutes les faiblesses, les misères, les fragilités auxquelles nous nous sommes habitués au point de de ne plus nous en occuper. Ne le perdons pas de vue : ce sans-abri, ce malade, ce laissé-pour-compte, ce pauvre... c'est notre Christ qui nous fait un clin d'oeil. Si nous n'ouvrons pas nos yeux pour les voir, il sera difficile d'ouvrir son coeur pour les accueillir. A quoi sert-il de faire une crèche sans le petit Jésus ? Et pourtant nous savons que la plus belle crèche, c'est bien notre coeur, lieu de résidence par excellence du Christ (le malade, le prisonnier, l'affamé...). Que dois-je faire ? C'est une question que chacun doit se poser car s'il est vrai que le Christ vient pour toute l'humanité, on ne peut pas ignorer qu'il écrit une histoire personnelle avec chacun de nous. Soyons dans la joie !

Père Giles N'GORAN

Dimanche 8 décembre 2024
NOEL, FETE DE FAMILLE ! 

Depuis l'annonce de Noël par le temps de l'avent, c'est la course aux préparatifs. Tous, rivalisons de fantaisies et de charité pour faire plaisir à nos proches. C'est une belle manière de rendre Jésus visible au monde par la joie communiquée et le bonheur partagé. Nous saluons nos municipalités qui ont coloré nos cités au visage de Noël. Avec ces décors lumineux, ils préparent nos sens à épouser cette venue de notre Seigneur Jésus.
Noël est une grande fête de la famille humaine. Dieu se fait l'un de nous en prenant chair de notre chair avec la résolution de demeurer parmi nous. C'est une grande source de joie pour toute l'humanité. C'est cette joie que nous traduisons par l'attention des uns pour les autres dans les échanges de cadeaux. Noël, c'est Dieu qui développe en nous notre élan de générosité et se rend accessible à travers nous au monde.
En ce deuxième dimanche de l'Avent, Jean le Baptiste nous propose de s'offrir à soi-même un cadeau important avant de penser aux autres. D'abord, il nous demande de préparer le chemin du Seigneur en rendant droits ses sentiers. Il parle ainsi de notre coeur qui sera la plus belle crèche qu'on pourrait lui offrir. Combien de familles vivent dans l'inimitié ou dans l'indifférence totale ? Combien de frères et de soeurs qui ne se parlent plus depuis des années ? Combien d'amitiés brisées et de couples divisés ? Comment peut-on vivre la joie de Noël avec autant de fardeaux sur le coeur ? Noël est plus que la joie éphémère des chocolats et de quelques gadgets échangés. C'est Dieu qui vient visiter notre terre et l'habiter. Sa première résidence de location est bien notre coeur. Veillons à le nettoyer pour bien l'accueillir.
Quand la paix régnera dans notre coeur, tout être vivant verra par nous le salut de notre Dieu.

Père Giles N'GORAN

Dimanche 1 décembre 2024
TENEZ-VOUS SUR VOS GARDES ! 

Comme chaque année, nous nous préparons à accueillir Dieu qui vient nous visiter. Cette préparation fait l'objet de beaucoup d'attention dans notre entourage. Rien que le toilettage des villes et communes augure d'un accueil digne de ce grand évènement. C'est la fête de noël, tout le monde est au rendez-vous : à commencer par les "marchands de noël" jusqu'aux "consommateurs de noël".
Cependant, force est de constater que le plus grand absent de toutes ces préparations c'est bien le Fils de Dieu. C'est lui que nous attendons mais il est malheureusement, de tout ce que nous entreprenons, le plus grand absent. Les convoitises de ce monde font ombrage à notre Dieu qui vient nous visiter. Quelle est cette fête de Noël qui est simplement réduit à un rassemblement familial ? Où est le Christ, notre soleil levant que nous célébrons ?
L'Evangile de ce premier dimanche de l'avent nous demande de veiller en nous tenant sur sur nos gardes de manière à ce que son arrivée ne nous surprenne pas. Il peut arriver qu'avec les multiples tâches qui nous accaparent, nous ne le rencontrions pas. Ne le perdons pas de vue, avant d'être l"apanage des gadgets, Noël est avant tout la fête de "Dieu-dans-la-main-des-hommes". Préparons-nous à ce que Dieu dans nos mains se traduise en une dynamique de paix, d'amour, de partage... Prions afin que Dieu naisse dans les mains de ceux qui n'ont pas les armes pour instrument de dialogue et expression d'amour.
"Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre coeur ne s'alourdisse dans les beuveries, l'ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste comme un filet...", nous dit Jésus.

Père Giles N'GORAN

Dimanche 24 novembre 2024
LES ROIS DU MONDE . 

Ils sont grands, puissants et attirent l'attention de tous. Rien qu'à voir l'ambiance dans laquelle se déroulent toutes activités les concernant : mariage, divorce, voyage... De véritables dieux mortels sur terre, ces Rois. Ils vivent dans l'abondance, l'opulence et parfois dans les excès au point où certains ont été débarqués à une époque pour offrir au peuple un mode de vie qui se passe bien de leur existence.
Jésus, dans l'Evangile de ce jour ne répond pas directement à la question de Pilate pour éviter toute sorte de confusion. Sa royauté est bien différente de celle à quoi s'attend Pilate. Il n'est pas son concurrent encore moins son égal. Sous le vocable ROI, il n'est pas évident qu'ils parlent de la même réalité. Sa royauté n'est pas de ce monde sinon il aurait eu des gardes pour le défendre.
L'univers le plus vaste et le plus complexe est bien le coeur de l'homme. On y accède  que par la vérité. Jésus explique à Pilate quiconque écoute sa voix appartient à ce royaume de vérité, de justice, d'amour  et de paix. C'est à ces signes que nous goûtons réellement la présence de Dieu dans nos vies.
Contrairement à nos rois d'aujourd'hui qui, jour et nuit, menacent de nous faire disparaître, Jésus lui, nous donne sa vie. Pour lui, le Vrai Roi est celui qui donne sa vie pour ceux qu'il aime et non le contraire. Malheureusement, le visage du roi de nos jours est l'incarnation de la puissance menaçante des vies. La vérité qu'ils proclament à l'ombre de leur puissance oriente le mode selon leur vision : légaliser le meurtre, banaliser la vie, programmer des guerres ou des épidémies pour équilibrer la population planétaire... Ils sont rois parce qu'ils baignent dans l'arrogance et la défiance permanente sous les acclamations d'un monde désabusé et las de vivre. Ils sont rois parce qu'ils ont des bombes nucléaires et peuvent mettre fin à ce que Dieu a créé. Ils sont rois parce qu'on a peur d'eux. Ils sont rois, tout simplement, parce qu'ils ne sont plus des nôtres.
Non ! La royauté du Christ n'est pas de cet ordre-là !

Père Giles N'GORAN

Dimanche 17 novembre 2024
UN COUP D'OEIL DANS LE RETRO ! 

Jour pour jour, à pareille heure, dans la cathédrale Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus de Bouaké, je recevais des mains de feu Monseigneur Vial Yao l'ordination sacerdotale. Ce fut un grand moment de joie  car l'ordination consacrait toutes ces années d'études à la recherche de Dieu au service de l'Eglise. Tout jeune, rentré de Dakar, plein de rêves et aussi d'illusions je me suis engagé avec beaucoup de zèle, de détermination, de joie et d'espérance. Après quelques mois d'exercice, je n'ai pas eu le temps de m'assoupir pour espérer rêver qu'une guerre éclate dans mon pays : la Côte d'Ivoire. A partir de cet instant, ma vie prendra une autre accélération. Les sons de  cloches sont remplacés par les détonations des fusils et tous autres engins de mort. Partout c'était la désolation. Le diocèse se vide de la grande partie de sa population. Tous les rêves tombent et la désillusion est totale et effective. Etre prêtre, ce n'est pas seulement s'embellir en saint étui et distribuer des hosties. Donner sa vie pour l'Eglise revêt un autre caractère que seules enseignent les épreuves de la vie. C'est justement pendant cette période que j'ai compris le sens de l'expression "donner sa vie". C'est sur le champ de bataille que j'ai eu le plus grand diplôme de la connaissance de l'HOMME qui n'a besoin d'être certifié par aucune académie. La grande science de l'HOMME ne se décerne pas, elle se vit. 10 années d'incertitudes, de violences, de barbaries, de tueries sauvages laissent des marques, forment et déforment l'esprit et la vue. Je peux l'avouer sans risque de me tromper que j'ai vu et rencontré l'HOMME. Pour moi, l'HOMME est bien différent de celui qui est vautré dans un canapé savourant un bon vin et qui commente l'actualité du moment : "le chien qui a vu la panthère n'a pas la même manière de courir que celui qui ne l'a pas vue". Dieu ! que tout cela est loin derrière moi. Et pourtant je suis façonné par cette histoire qui est la mienne. Me voici aujourd'hui sous d'autres cieux, combattant sur un autre front avec des armes et des enjeux différents. Annoncer l'Evangile où Jésus a presque perdu son droit de cité est aussi rude qu'on ne l'imagine.
Seigneur, ma vie est à toi. Dispose d'elle comme bon te semble. Merci à vous tous, qui chaque jour, me soutenez par votre présence, votre amitié, votre attention et vos prières. Mes parents et amis sur terre comme dans les cieux qui m'accompagnent toujours vous remercient.
Ma devise sacerdotale : "Père ! Qu'en s'approchant de moi, les hommes s'approchent de toi."

Père Giles N'GORAN

Dimanche 3 novembre 2024
AIMER SON PROCHAIN COMME SOI-MÊME . 

Comme le scribe, nous sommes tentés de dire à Jésus "fort bien Maître, tu as dit vrai".  Cependant quand nous regardons autour de nous, le constat est vraiment amer. Comment s'exprime l'amour du prochain ? Nous sommes retournés aux premières heures de la création où Caïn tue Abel. Nous sommes évolués, développés.. et plus que jamais l'amour du prochain n'a été substitué par l'amour de la patrie. Les nations s'élèvent les unes contre les autres au mépris de la vie humaine devant le silence coupable et complice des grandes puissances qui se sont constituées gendarmes du monde. Pire, ils sont eux-mêmes les plus grand fabricants et vendeurs d'armes. Ce sont les vampires du monde qui ne vivent que du sang innocent des enfants de Dieu. En Europe, c'est la guerre, au Moyen Orient, l'escalade de la violence, en Afrique, la désolation. Où est ici la place du prochain ?
En invitant le scribe à aimer son prochain comme soi-même, Jésus s'adresse aussi à nous, qui sommes les membres de son corps et formons l'Eglise , à faire la promotion de l'amour du prochain. L'Eglise doit être le laboratoire où les enfants de Dieu donnent l'exemple de l'amour du prochain. L'amour du prochain comme soi-même doit être notre charte. Nous exprimons très peu notre attention et notre amour aux autres dans nos communautés. Nous avons lancé notre année pastorale sur le dynamisme communautaire qui s'exprime par l'attention des uns aux autres. Ne faisons pas de cet élan pastoral un voeu pieux. Que le prochain soit au centre de nos préoccupations communautaires. rendre visite aux malades et personnes âgées, s'entraider et partager des moments de convivialité, se valoriser les uns les autres, doivent faire partie des petits pas à poser pour rendre l'amour du prochain concret.
Ne faites pas aux autres ce que vous n'aimeriez pas qu'on vous fasse. Ah ! Si toutes ces personnes qui orchestrent ces guerres et ces barbaries pouvaient s'approprier ces commandements ! Ont-ils, un jour, pensé que l'amour d'une mère pour ses enfants est différent de celui de leur propre mère ? Ont-ils imaginé que la perte d'un être cher reste toujours une séparation rude ? Savent-ils que le sang de tout être humain est rouge ? Il y a tellement d'incongruité qu'on arrive à se demander si nous sommes tous des humains car il ne s'agit pas seulement d'en avoir l'apparence.

Père Giles N'GORAN

Dimanche 27 octobre 2024
QUE JE VOIE !

Le monde dans lequel nous vivons est rempli  de surprises et de belles choses. Sommes-nous capables de les voir et de les contempler ? Nous avouons, sans risque de nous tromper, que cet exercice est un peu difficile puisque nous sommes assaillis, jours et nuits, par des nouvelles qui font état d'un monde qui va mal. Nous sommes presque habitués aux calamités au point où il est facile de voir des pétitions pour la défense des animaux alors qu'on massacre des humains par dizaine de milliers avec la complicité du grand silence de la majorité. Les écrans ont réduits notre champ de vue. Tik Tok, Facebook... ont assiégé nos coeurs et ont anéanti notre capacité à voir l'essence des choses qui nous entourent. Il est difficile, voire impossible, de lever la tête et de voir le monde autrement que ce que nos nouveaux maîtres nous imposent. Dans ces conditions, comment se vanter de ne pas être aveugle ? Peut-on vraiment contempler les merveilles de la création ?
Dans l'Evangile de ce dimanche, l'aveugle prend la résolution, en résistant à tous ceux qui s'opposaient à son projet, de briser les chaînes de son asservissement. Il appelle Jésus au secours. Le fils de Timée veut que le fils de David ait pitié de lui et le guérisse de sa cécité. Voilà une ambition claire dont on parlait dimanche dernier. Sommes-nous prêts à imiter cet aveugle de Jéricho ?
En vérité, il n'est pas facile de se libérer de cette nouvelle mouche tsé-tsé qui rend aveugle notamment ces nouveaux moyens de communication. Combien de personnes sont-elles dans l'addiction chronique des réseaux sociaux et ne le savent pas ? Elles ne croient plus ni en l'amitié vraie, ni en la famille réelle. Leur vie est exposée à longueur de journées au regard de ces amis et familles fictifs. Rien ne compte autour d'eux à part se sentir exister dans un écran. Un peu surprenant quand même, non ? Combien d'enfants, de jeunes, 

et même d'adultes ont les yeux et les doigts abimés par l'usage abusif des claviers  et des écrans ? Peut-on dénombrer les familles et les amis désunis à cause de la naissance d'android en leur sein ? Tout tourne à peine au ridicule, quand dans les restaurants, en famille ou en communauté, on déjeune tous avec chacun son smartphone en main. L'intérêt pour voir le plus proche n'est plus à l'ordre du jour.
Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne voit qu'à travers son écran. Encore faut-il qu'on prenne conscience de notre cécité pour crier à l'aide au Fils de Dieu comme Bartimée : "Fils de David, prends pitié de moi... que je retrouve la vue".

Père Giles N'GORAN

Dimanche 20 octobre 2024
DES AMBITIONS CLAIRES

De nos jours, avouer clairement ses ambitions n'est pas du tout aisé. Tout simplement parce que nous avons peur des réactions de ceux qui nous écoutent. Comment les prennent-ils ? Comment nous jugent-ils ? Les fils de Zébédée, Jacques et Jean en paient les frais avec les autres disciples. Leur seul tort devant les autres, c'est d'avoir avoué clairement leurs ambitions, qui du reste est très noble, siéger l'un à la droite et l'autre à la gauche du Seigneur quand il sera dans sa gloire. L'amour qu'ils ont pour le Christ ne les fait pas calculer le risque de l'engagement qu'ils prennent. Combien sommes-nous à énumérer les soucis et les difficultés quand nous sommes sollicités pour des services dans l'église ? Les enfants, les petits enfants, les loisirs, la liberté ont été les adversaires féroces du Christ dans nos vies. Nous saluons la détermination de ses deux disciples intrépides que même Jésus a eu du mal à "déboulonner".
Oui ! des Jacques et des Jean, nous en avons besoin dans nos communautés. Ce sont eux les bénévoles et volontaires qui tiennent et soutiennent nos églises. Nous avons besoin de connaître les ambitions des uns et des autres afin de les responsabiliser efficacement. Quant aux autres disciples blottis dans "l'humilité dormante" à qui l'on ne peut rien demander puisque rien de dominant ne les caractérise, que pouvons-nous en tirer ? Ah ! ces éternels derniers qui rêvent d'être les premiers sans avoir à bouger de leur siège !
Ne nous leurrons surtout pas ! Les derniers dont parle le Christ, ce sont les premiers au rendez-vous du service de leurs frères. Non ! Jésus ne fait pas dans cet évangile l'apologie des indécis impénitents et des paresseux. Il nous invite plutôt à être premiers au service de nos frères et soeurs.

Père Giles N'GORAN

Dimanche 13 octobre 2024
RICHESSE, FARDEAU POUR LE CIEL ! ?

Un grand révolutionnaire africain du 20ème siècle revendiquait d'avoir deux bibles : une pour les pauvres, une pour les riches. Selon lui, de toute évidence, le commentaire et la compréhension du riche seront toujours différents de ceux du pauvre. Pour le riche qui est bien rassasié et qui est en bonne santé, il n'est pas évident qu'il ait la même compréhension du verset du psaume 21 "Le seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien" que le pauvre. Pendant que ce verset du psaume est une réalité pour le riche, le pauvre quant à lui, l'a aux niveaux des rêves. Que dire de l'esclave qui subit les pires injustices de son maitre qui lui chante à longueur de journée "d'aimer son prochain comme soi-même" ? 
Le Christ touche en ce dimanche un aspect important de notre être-chrétien : l'avoir. Est-il possible de posséder des richesses et de suivre le Christ ? La réponse serait-elle catégorique comme celle que Christ nous enseigne ? Nous n'osons pas trop nous avancer sur ce terrain au risque de voir nos chrétiens s'en aller tristement comme ce jeune homme, qui tout de même n'a pas aussi tort que cela puisse paraître. Ce jeune homme riche est le symbole de nous tous qui tenons encore aux biens matériels et les plaçons au dessus de Dieu. Combien de nous refusent la messe du dimanche (rendez-vous hebdomadaire pour sanctifier le jour du Seigneur) au profit des travaux champêtres, des loisirs, des bistrots ? Oui, il nous l'a dit : "là où il y a ton trésor, là aussi est ton coeur". Nos richesses sont malheureusement parfois les motifs de refus de la main de Dieu qui vient à notre rencontre. 
Nous voulons tous être de bons disciples sans toutefois perturber nos conforts. C'est d'ailleurs plus agréable d'être chrétien sans se poser trop de questions.  En vérité, pendant qu'on demande au riche de tout abandonner pour suivre le Christ, le pauvre , quant à lui, prie pour être riche afin de faire face à ses besoins. 
"Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as, donne le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis moi." A qui s'adresse-t-elle cette invitation austère ? 

Père Giles N'GORAN

Dimanche 29 septembre 2024
QUI N'EST PAS CONTRE NOUS EST POUR NOUS

Faut-il exclure du champ pastoral certaines personnes ? La question mérite d'être posée parce qu'il existe beaucoup de messagers qui se réclament du Christ.  Nous avons l'église catholique, l'église orthodoxe et l'église protestante avec tous ses démembrements. Tous, sans douter, annoncent la bonne nouvelle de Jésus-Christ pour le salut du monde.
Devant cette évidence, force est de constater que ces différentes églises, parlant au nom du même Christ, ne s'entendent pas. Il n'y a que de l'animosité entre elles et parfois des querelles inutiles laissant ainsi de côté l'essentiel du message du Maître. A part les quêtes sur lesquelles ces églises s'expriment avec beaucoup d'ardeur et de concurrence dans les pratiques pour soutirer le maximum de fric, rien ne les unit. Ils s'embourbent tous dans le le mépris des uns et des autres. Il n'existe aucune issue pour s'écouter et se comprendre. Chaque église croit détenir la vérité et se croit le seul détenteur du Christ et de la vraie doctrine. Ainsi nous avons ceux qui se proclament être universels (catholiques), d'autres contestataires (protestants), d'autres encore propriétaires du Christ (évangéliques). Tous s'accordent pour les quêtes au cours de leurs célébrations au nom de Jésus, mais pour l'unité en Christ, c'est la division qui est prêchée.
Les textes de ce dimanche sont clairs : on ne peut pas se réclamer du Christ et prospérer dans le mépris et la division. Nous devons oeuvrer à la communion entre disciples du Christ. Ses vrais disciples ne se reconnaissent que par une seule doctrine, celle de l'AMOUR. A quoi servent toutes ces querelles stupides conduisant inutilement au mépris des uns et des autres ?
Nous sommes tous invités à aller au large. Il y a encore des brebis qui ne sont pas dans l'enclos. C'est vers eux que nous sommes envoyés et non contre ceux qui annoncent Jésus-Christ.

Père Giles N'GORAN

Dimanche 22 septembre 2024
LA SOIF DES GRANDS. 

"Qui veut être le plus grand doit être le plus petit parmi vous". Cette phrase du maitre retentit avec beaucoup de joie dans notre coeur parce qu'elle est de Lui. Cependant ce serait nous faire illusion de faire croire qu'elle épouse nos aspirations profondes. Nous sommes formés et éduqués à viser haut. Depuis l'école maternelle, nos parents se contentaient plutôt du rang qu'on occupait parmi les autres que des moyennes. Même quand nous avons à nous raconter, nous avons coutume de nous présenter comme majeur de promotion ou de classe plus qu'autre chose. Cela est inscrit de façon indélébile dans l'ADN des hommes que nous sommes. Pourquoi tout cela ? Tout simplement parce que le regard de l'autre est très déterminant dans la vie de chacun. Notre apparence nous vaut en grande partie l'estime des autres. Malheureusement les petits ne comptent pas pour grand chose à cette échelle de vision. Alors, qu'on le veuille ou non, nous sommes attirés par ce qui est grand (grande gloire, grande voiture, grande maison, grand confort, grand coffre fort, grand compte en banque...). En soi, ce n'est pas du tout mauvais d'avoir de grandes ambitions sinon le monde sombrerait dans une monotonie déconcertante. Oui, il faut des grands dans nos société pour alimenter nos désirs et les élever car sombrer tous dans la médiocrité pour simuler une certaine envie de rester petit n'est pas non plus un idéal.
Les textes de ce dimanche nous invitent à la grandeur dans l'unité. Il n'est pas question ce cette grandeur aux ambitions démesurées qui piétinent les faibles et narguent les pauvres. Les textes fustigent ces grands qui spolient les orphelins et engrangent tout pour eux. Etre grand, ce n'est pas seulement la possession et la domination. Etre grand, c'est voir grand et savoir mettre l'homme au centre de tout, car "l'homme n'est rien sans les hommes. Il vient dans leurs mains et repart dans leurs mains", disait un sage de Golikro.
La grandeur en Dieu, c'est celle qui relève le faible et valorise le petit. Le grand n'est pas celui qui lutte contre les autres, mais c'est bien  celui qui lutte contre ses démons intérieurs.

Père Giles N'GORAN

Dimanche 15 septembre 2024
LE CHRETIEN ET LA SOUFFRANCE 

Le Thème qui ressort des textes de ce 24ème dimanche du temps ordinaire de l’année B, est celui de la souffrance surtout dans la 1er lecture et l’évangile.
Mais en fait, qu’est-ce que la souffrance ? Apparemment la souffrance telle que perçue et vécue dans la 1ère lecture, nous présente une souffrance dans sa dimension positive, alors que celle décrite dans l’évangile est très mal perçue surtout avec Pierre, qui n’accepte pas que Jésus son maitre puisse souffrir, après qu’il ait pour la première fois dévoilé, qu’il faille qu’il souffre et meure.
Pourtant ce que veulent dire les textes, c’est que c’est dans la souffrance que l’homme ressent la présence de Dieu. Et c’est après la souffrance, vécue dans la persévérance, l’endurance et l’espérance que l’homme qui l’a vécue a accès auprès de Dieu. La première lecture dit elle : « Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats, le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ».
En effet, la souffrance devrait pouvoir renforcer notre lien d’intimité avec le Christ, qui ne nous abandonne jamais puisqu’il a connu la souffrance avant de connaitre la gloire. C’est ce qu’il a fait comprendre aux disciples.
Avoir en conscience la notion de la souffrance, c’est prendre conscience de nos états de faiblesse, de péché et d’imperfection.
Dans ce cas, pourquoi ne pas placer toute votre confiance en Dieu ?  pourquoi ne pas espérer en Jésus Christ, qui nous précède dans la souffrance et dans la gloire ?  il est important que chacun de nous, déjà fasse parler sa foi par ses œuvres, comme nous le recommande Saint-Jacques ; et ensuite savoir vraiment qui est Jésus pour nous par la profession de notre foi sincère, comme Pierre : « tu es le Christ ». Ce sont là surement les chemins de notre justification et de notre gloire avec le Christ. Puisse la grâce de Dieu venir à notre aide.

Père Michel KOUASSI

Dimanche 8 septembre 2024
N'AYEZ PAS PEUR , NE CRAIGNEZ PAS !

"Ne craignez pas !". Il est répercuté dans notre première lecture une parole de Dieu qu'on retrouve tout au long de la Bible. Dès lors que Dieu lui même vient sauver les hommes , il leur faut bannir la peur.
Alors s'ouvriront les oreilles des sourds et la bouche du muet criera de joie. Cette prophétie se réalise littéralement dans la guérison d'un sourd-muet rapporté par l'évangile de Marc. Nous sommes en présence d'une catéchèse baptismale centrée sur l'écoute de la parole (les oreilles) et la confession de la foi (la langue).
Entendre et parler : l'appel s'adresse à nous , qui avons souvent les oreilles obstruées et la langue étrangement nouée. Nous prêtons une oreille complaisante à des balivernes, mais nous n'entendons pas les cris de détresse des nécessiteux, des pauvres, qui nous demandent pour vivre, etc ... Nous sommes intarissables sur des sujets scabreux mais frappés d'aphasie devant la violence et l'injustice.

Père Michel KOUASSI

Dimanche 18 aout 2024
LE CORPS ET LE SANG DU CHRIST DONNENT LA VIE ETERNELLE.

Depuis quelques temps, Jésus insiste sur l'importance du pain de vie, contenu de ses discours. Il se révèle comme le Pain de Vie. Les discours qui ont tant semés le doute dans l'esprit des juifs ses auditeurs.
Aujourd'hui, en ce 20ème dimanche, il lève le doute, en déclarant ouvertement : "Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour".
En réalité, Jésus nous invite à participer tous les dimanches, les jours de fête et les solennités , aux  célébrations eucharistiques, lieu par excellence où il se donne à nous. C'est l'occasion d'attirer notre attention sur notre relation 

avec Lui, avec l'Euchariste. Faisons donc attention à notre attitude vis à vis de ce sacrement qui est vu comme le sommet de la vie chrétienne. Combien de baptisés n'ont plus de contact avec ce sacrement, ce trésor ? Combien de baptisés ne fréquentent plus les églises ? Notre ambition pour participer aux célébrations eucharistiques est-elle limitée aux repas matériels qui ne rassasient que notre corps ? Regardons nos ancêtres de l'Ancien Testament, ils ont mangé ce pain matériel et ils sont morts. Mais celui qui mange le corps du Christ et boit son sang vivra éternellement.
Puisse Dieu nous aider par la grâce à le comprendre pendant que nous sommes en vie de plain pied dans le terrain du pèlerinage terrestre.


Père Michel KOUASSI

Dimanche 11 aout 2024
JESUS PAIN DE VIE .

Dimanche dernier au 18ème de l'année B, Jésus s'identifiait comme le pain de vie : "Moi je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n'aura jamais faim; celui qui croit  en moi n'aura jamais soif".
Après cette affirmation de Jésus, en ce 19ème dimanche , les contestations vont bon train quant à la filiation de Jésus. Ses adversaires ne voient en lui aucune filiation divine. D'où être le pain de vie. Nous constatons là nettement  un problème avec l'incarnation. Il est homme c'est tout,  

né d'un homme et d'une femme comme tout être humain. Et d'ailleurs ils connaissent son père Joseph et sa mère.
En  réalité ceux ci n'étaient pas encore disposés dans le coeur, dans l'ame, et dans l'esprit à le comprendre. Car pour le comprendre, il faudrait bénéficier d'une grâce particulière venant de Dieu : être attiré par Dieu son père, être appelé par Dieu son père. C'est à dire écouter ses enseignements et recevoir de lui le pain du ciel.
Ainsi, dans le sacrement de l'eucharistie, le père et le fils agissent de concert. Le Père attire à Jésus le fils et Jésus le fils conduit au père.

Père Michel KOUASSI

Dimanche 21 juillet 2024
MERCI A TOUS .

Après quelques mois d'activités dans le champ pastoral où nous avons tous fait de notre mieux pour que rayonne la face de notre Eglise, le temps est venu de marquer une pause et apprécier le travail accompli.
Au cours de cette année pastorale, en harmonie avec notre équipe d'animation pastorale, nous avons essayé, de notre mieux, de tracer quelques sillons pour une communauté d'amour forte et belle. Nous n'allons pas ici sacrifier à la tradition qui voudrait qu'on énumère les activités menées. Notre objectif étant le  bien-être de la communauté paroissiale, nous résumerons notre bilan à cette question :
"Qu'ai je fait pour que le visage du Christ soit rayonnant ?"
Nous remercions toute la paroisse qui, dans son ensemble, fait beaucoup d'efforts pour être à l'image de la première communauté dont parle les actes des  apôtres.
Nous remercions également le choeur du Sacré Coeur qui nous fait l'honneur de partager ces instants de clôture des activités pastorales avec  nous.
Quant à votre curé, il souhaite à toutes et à tous de passer un agréable été dans la paix et dans la joie.
Bien fraternellement

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 14 juillet 2024
PAS DE PAIN, PAS DE SAC ....

La sécurité existentielle est très importante pour nous assumer dans la vie. De nos jours, l'homme responsable c'est celui qui arrive à assouvir ses besoins d'aujourd'hui et garantir ceux de demain. De toute évidence, notre paix intérieure en dépend fortement. Comment dormir en paix quand on ne sait pas de quoi demain sera fait ? Voici pourquoi la course au gain matériel a une place de privilégié dans nos activités quotidiennes afin de mieux sécuriser notre futur.  Un grand homme des temps modernes ne disait-il pas de travailler beaucoup pour avoir beaucoup d'argent ?  Pour nous chrétiens, notre sécurité, c'est aussi le Christ car Dieu seul suffit comme nous l'enseigne sainte Thérèse d'Avila.
Pour Jésus, l'urgence de l'annonce de l'Evangile ne doit pas s'encombrer de soucis d'ordre matériel. A travers les consignes données aux apôtres, il dit à chacun de nous de ne pas s'inquiéter quant aux affaires de nourritures. En effet, il y a une faim plus grave que celle de la nourriture du corps. Il s'agit de la faim de la bonne nouvelle dont souffre de façon lancinante le monde. Oui ! il y a urgence ! il faut pallier au marasme spirituel par l'engagement sans appel de tous les chrétiens à s'engager dans la distribution du pain évangélique.
Le Christ envoie son église en mission à travers ses apôtres pour annoncer la bonne nouvelle qui est le pain de vie. Il nous rassure de l'accueil que le monde va nous accorder. Il nous demande de ne pas avoir peur puisque ce n'est ni une croisade ou encore moins un djihâd. L'annonce de la bonne nouvelle se fait avec la force de l'esprit et non celle des muscles : "si dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez..." Le Christ a besoin de tous pour que le pain évangélique soit distribué à toute la terre. Le monde et les chrétiens sont vivement invités à soutenir cette action à travers les appuis que l'église vous demande. Par conséquent, nous devons participer activement au paiement du denier du culte, aux quêtes, aux offrandes... Malgré la dureté du monde, Jésus nous envoie vers lui : "je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups". S Jésus fait confiance aux loups, alors combien de fois ferait-il confiance aux chrétiens que nous sommes ?
La vie de l'église est dans nos mains.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 7 juillet 2024
D'OU CELA LUI VIENT-IL ? 

Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, toujours est-il que les auditeurs de Jésus se sont interrogés sur Lui. Certainement il ne disait rien en dehors de la Torah mais plutôt il le disait autrement. Les écritures soulignent qu'il parlait en homme qui avait autorité. "cet autrement" fera la différence entre lui et les autres prédicateurs. Dans "cet autrement", il séduit, secoue, étonne, choque, ... ses auditeurs qui s'obstinent à ne vouloir voir en lui que le fils du charpentier. Oui, c'est ce regard réducteur qui veut toujours restreindre l'autre à ses faiblesses et dont nos familiers ont de la peine à se départir. Dieu ne choisit pas que des héros  pour sa mission, bien au contraire il choisit des "zéros" et en fait des héros ou des hérauts de la Bonne Nouvelle. La peur de ce regard des autres met mal à l'aise beaucoup de prédicateurs de nos jours. La peur de leurs faiblesses les a réduit à une fausse humilité à tel point que le Christ est annoncé timidement avec une tiédeur déconcertante. La prédication est faite avec tellement d'emphases et d'ambiguïtés que ces moments au cours de nos messes sont pour certains le temps privilégié de sommeil ou d'évasion intellectuelle. Il n'est pas rare de voir des fidèles sortir d'une messe sans savoir de quoi l'on a parlé. Est-ce l'auditoire qui n'a pas une grande capacité d'écoute ou le prédicateur qui est ennuyeux ou peu convaincant ? A ce sujet, le Pape François exhortait, à juste titre, les prêtres à cesser d'être des somnifères pour le peuple au cas où ce ministère leur serait pénible. Il vaudrait mieux opter pour un silence éloquent qui parlerait mieux qu'un bavardage creux. Les textes de ce dimanche nous invitent à mettre notre fierté dans ce qui fait notre faiblesse.  C'est le Christ que nous annonçons et non notre "pauvre être".  C'est Lui qui parle en nous, alors ne le muselons pas dans la peur avec nos fragilités. Ce n'est pas nous qui prêchons l'Evangile, c'est bien le Christ qui le prêche en nous, pour paraphraser Saint Paul. N'ayons pas peur !

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 30 juin 2024
"TALITHA KOUM" 

Ils sont nombreux à se demander si le bonheur est vraiment de ce monde ou du moins, s'il existe, ils ne l'ont jamais rencontré. Il s'agit de ces personnes qui vivent des situations dramatiques telles que leur vie a une apparence de lutte interminable. Combien sont-ils à jeter l'éponge et confier leur destin ou leur sort au désespoir ? C'est le cas de tous ces malades à qui on révèle qu'on ne peut plus rien faire et dont on programme le rendez-vous imminent avec la grande faucheuse. Nous faisons aussi allusion à tous ces désespérés de la vie qui n'ont trouvé qu'ultime consolation dans l'isolement, la drogue, l'alcool, le suicide...
En ce dimanche, le Christ descend dans les sillons de nos vies et s'engage à écrire avec chacun, de façon spéciale, une nouvelle et belle histoire. En effet, ne le perdons pas de vue, la soit-disant fin de notre histoire peut être le début d'une nouvelle aventure avec le Christ. Chez nous à Golikro, les sages disent que "tant que nous marcherons, nous balancerons toujours les bras". Comme quoi, avec le Christ, notre vie est comme une aventure avec des rebondissements incroyables. C'est pourquoi il faut rester vigilant afin d'éviter de sombrer dans le désespoir.
Comme à cette femme qui perdait du sang, et à la fille de Jaïre, Jésus veut redonner un nouveau souffle de vie à chacun de nous. Il dit à chacun de nous :
Talitha khoum ! Relève toi de cette rancune qui a supprimé ton frère ou ta soeur de ton coeur, de ta vie et de ton environnement intérieur comme extérieur.
Talitha khoum ! Redonne vie à ce frère ou à cette soeur qui n'espère que de toi le pardon.
Talitha khoum ! ressuscite cette amitié que tu as jeté au panier des oubliettes à cause de la dureté de ton coeur.
Talitha khoum ! Lève toi et donne toi une chance de vivre et d'être heureux.
Talitha khoum ! Simplement, ose te lever.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 23 juin 2024
NOUS SOMMES PERDUS : CELA NE TE FAIS RIEN ? 

Quelquefois dans nos vies tout semble s'acharner contre nous. Nous avons l'impression d'être perdus et que la vie nous ait fermé ses faveurs. Nous nous sentons abandonnés de Dieu et la vie n'est pas du tout belle. Tout s'agite négativement autour de nous et rien ne nous réussit. Ce sont, malheureusement, les tempêtes de la vie que chacun de nous a plus ou moins expérimentées. Ceci peut se traduire par la mort d'un être cher, par la perte d'un emploi, par le manque de goût de vivre ou par le harcèlement des échecs à tel point qu'on peut se sentir perdu.
Devant les adversités et face aux vents contraires qui, parfois, nous déstabilisent, que faisons-nous ? Les réactions sont aussi différentes les unes que les autres. Il y a ceux qui se laissent abattre, ceux qui se battent et aussi ceux qui se débattent. Les plus féroces s'en prennent à Dieu et entrent en rébellion contre Lui en Lui reprochant son manque de soutien. Comme quoi, la traversée de la mer agitée par la tempête n'est pas aussi aisée que nos vies prises dans les étaux du tourment. Nous rêvons tous d'une vie calme et apaisée. C'est justement pour répondre à ce besoin que Jésus invite ses disciples à s'éloigner de la foule. Autant l'agitation des mers peut nous perturber, autant la foule peut aussi nous perdre. Certes, si ne pas savoir où l'on va est excusable, il n'en est pas de même pour celui qui ne sait pas d'où il vient. Nous sommes enfants de Dieu et à chaque instant, il nous tend la main. Encore faut-il qu'en pleine tempête, nous sachions l'appeler et saisir la main qu'il nous tend. 
Comme les apôtres, saurions-nous réveiller à temps le Christ pour venir à notre secours lors des tempêtes ? Trop souvent, nous ne comptons que sur nos propres forces en oubliant qu'à deux, on est fort et qu'avec le Christ on fait des prouesses. L'Evangile de ce dimanche nous demande de faire du Christ un acteur de nos vies et non un dormeur au fond de la barque. Sachons réveiller, à chaque instant, Celui à qui le vent et la mer obéissent.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 16 juin 2024
A QUOI COMPARER LE REGNE DE DIEU ? 

Un grand penseur se disait être blasphémateur et non athée parce qu'il ne voyait pas en quoi consiste le règne de Dieu. Pour lui, c'est impossible de parler de Dieu et de son règne au regard de tous les malheurs qui accablent le monde. Où est-il Dieu et son règne quand des guerres fleurissent de partout et que la misère et le malheur gouvernent en maître absolu sur notre terre ? Comment justifier la mort des innocents telle que celle des enfants ? Bref ! les interrogations de ce genre nous assaillent de partout et c'est tout à fait normal. Devant la souffrance te la misère, nus sommes en droit de chercher refuge dans le saint nom de Dieu et rêver de demeurer dans son règne.
En effet, le règne de Dieu ne se décrète pas par ordonnance divine. Il est complexe et insaisissable ; c'est pourquoi le Christ multiplie les exemples pour en faire l'illustration. Le règne de Dieu ne s'impose pas comme une cité fortifiée avec une armée et des remparts pour garantir une vie et un bonheur éternels à tous. Pour  ce qui est du bonheur éternel, là où il n'y a plus ni larme, ni douleur, il suffit d'être patient puisque personne n'y échappera.
Le Christ, à travers cet Evangile, nous invite à être porteur et messager du règne de Dieu. En toute simplicité, commençons par le reconnaître que le règne de Dieu, c'est là où Dieu règne, et là où Dieu règne, nous sentons aisément la présence des fruits de l'esprit dont la paix, la joie, l'amour...
Dieu habitera notre terre et y règnera lorsque nous lui ouvrirons les portes de nos coeurs et lui permettrons d'établir sa demeure chez nous. N'a t-il pas dit : "voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma vois et m'ouvre, je rentrerai chez lui, je prendrai mon repas avec lui et lui avec moi". Comme quoi, le règne de Dieu commence avec toute personne qui Lui ouvre sa porte. L'homme qui a la présence de Dieu dans son coeur ne peut que fleurir et être un havre de paix où il ne fera que bon vivre. Le règne de Dieu ne s'établit qu'avec l'aide des hommes. La grandeur de Dieu, c'est d'avoir laissé le choix à l'homme de choisir son règne ou non. Au demeurant, c'est l'homme qui choisit de faire la guerre sinon Dieu a donné une portion de terre à tous les habitants du monde qu'il a créé. "Ubi caritas et amor, Deus ibi est " ( là où règnent l'amour et la charité, Dieu est présent). 

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 9 juin 2024
LA DIVISION, L'ARME FATALE DU DEMON 

Nous tendons vers la fin de l'année pastorale qui va se solder par les différents bilans. Nos attentions seront portées largement sur les activités que nous avons menées. Nous prenons parfois plaisir à nous féliciter d'avoir respecté tous les engagements que nous avons pris. C'est l'autosatisfaction d'avoir été bien guidés par son agenda. Cette victoire de l'organisation est louable car il n'est pas du tout facile de respecter un planning avec toutes les contingences de la vie. Cependant, il ne serait pas inutile de se demander si c'est vraiment cela l'essentiel ? Nous saluons les belles programmations mais nous tenons aussi à souligner qu'une paroisse est loin d'être une entreprise commerciale. Les bilans de fin d'année ne se font pas sur les taux d'intérêt et les quantités d'actions menées.  Le résultat de tout investissement paroissial, humain comme spirituel doit avoir pour seul objectif l'épanouissement et l'unité des chrétiens. En effet, la paroisse est avant tout une communauté de vie. L'unité doit être la boussole de toutes les paroisses car le Christ l'a bien signifié : "si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir". A quoi sert-il de mener beaucoup d'activités si les paroissiens vivent dans la division ? Le plus déplorable, c'est quand nous constatons des fronts ouverts sur des paroisses avec des affronts réels entre le curé et les fidèles ou entre les fidèles eux-mêmes. Comment justifier ces belles oeuvres tenues dans une rigueur d'un beau planning si l'aboutissement est la division ? L'Evangile de ce dimanche nous invite à croire en l'unité sous la motion du Saint Esprit afin de faire luire la face du Christ non pas  dans l'activisme mais plutôt dans l'unité. En vérité, l'unité est un autre nom de Dieu. Nous prierons pour toutes les communautés, les familles, les presbyteriums .... désunis.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 26 mai 2024
LE BAPTEME , PARLONS-EN ! 

Grand engagement pour se retrouver en famille autour d'un nouveau né pour passer un moment de fête, le baptême est ainsi défini. C'est choquant, certes, comme définition mais pas du tout faux puisque dans les actes c'est ce qu'on fait et ce qu'on vit. Plus de 75% des parents qui demandent le baptême pour leurs enfants ne le font pas nécessairement dans l'optique d'en faire des disciples du Christ. D'ailleurs, la catéchèse autour du baptême ne les intéresse pas du tout sinon comment justifier le choix d'un parrain ou d'une marraine non chrétien(ne), s'il ou elle n'est pas athée. De toutes les façons, Dieu est amour et il suffit d'aimer pour que le tour soit joué. Nous sommes dans un relativisme criard qui justifie et confond tout. Ce sont les lignes de la nouvelle ère qui bougent mais pas forcément dans le bon sens.
En vérité le baptême est bien plus qu'un simple alibi de retrouvailles. c'est un sacrement (signe visible de la présence de Dieu) important qui nous incorpore au Christ. Pour rappel élémentaire, le baptême efface le péché originel, il fait de nous membre de l'église, il nous donne accès aux 6 autres sacrements, il nous dispose à la grâce. Le baptême n'est pas non plus un gris-gris dont on se sert pour échapper aux amertumes de la vie. D'ailleurs c'est la croyance de beaucoup de parents quand on leur demande pourquoi ils veulent faire baptiser leurs enfants. La réponse la plus courante, c 'est pour qu'il soit protégé. C 'est vrai en soi mais il n'est pas faux de souligner que le baptême n'a pas d'effet gris-gris. A travers le baptême, c 'est Jésus qui nous donne accès à sa vie par amour. Voilà ce que nous offrons à nos enfants quand nous acceptons de les faire baptiser ou quand nous acceptons d'être baptisés. 

Alors pourquoi vivre aux rives d'une telle source de grâce et refuser de s'en abreuver ? Le Christ, à travers cet Evangile, nous invite à revenir aux fondamentaux : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! de toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je serai avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ".
Ca, c'est le contrat de l'amour divin ...

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 5 mai 2024
LE TESTAMENT 

Le grand message que Jésus a laissé dans son testament pour ses disciples est l'amour. "Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés" leur a-t-il dit. C'est à cela que nous, ses disciples devront être reconnus; transpirer la bonne odeur de l'amour enseigné par notre Seigneur dans le monde. C'est une prescription dont nous devons faire usage sans modération.
Aujourd'hui, quand nous jetons un regard sérieux sur notre monde, nous avons bien du mal à croire que cette règle d'or de notre seigneur règne en maître. Un peu partout c'est la désolation. des guerres par-ci et des divorces par-là au nom de l'amour pour sa patrie ou pour soi. Les familles explosent et les nations s'affrontent comme si l'exemple de l'amour n'a jamais été démontré sur cette terre. Nous avons connu deux guerres mondiales et nous vivons comme si nous étions en quête d'une troisième. L'amour s'est davantage transféré sur notre capacité à inventer des armes au nom de notre progrès technologique. Les morts sont évalués en dizaine de milliers sans que cela ne choque la conscience populaire. Que vaut la vie face à l'amour des armes ? Par amour pour son peuple, on tue d'autres peuples comme s'il existait des vies supérieures et des vies inférieures. De partout, il n'est fait que l'éloge et l'apologie des engins de mort. Nous n'irons pas jusqu'à dire que notre monde va mal ! Cependant nous pouvons nous demander, à juste titre, où est passé l'amour ? Le monde fait peur et nous avons vraiment peur. Il y a eu un regain de repli extraordinaire sur soi au point où l'autre n'existe presque plus. Même au cas où il existerait, il ne bénéficie pas forcément de l'amour dont il a droit conformément aux indications de notre Seigneur.
Le Christ, dans l'Evangile de ce jour, nous invite à nous aimer comme il l'a fait. C'est sa vie qu'il a donnée pour les autres et non celle des autres qu'il a sacrifiée pour sa gloire. Il nous parle de l'amour qui est don de soi pour les autres. Il n'est pas question de s'aimer les uns sur les autres, encore moins les uns contre les autres et pas davantage les uns pour soi. Il n'est pas non plus question d'être des théoriciens de l'amour mais d'en être des pratiquants comme Jésus nous l'a appris. Cet exercice n'étant pas des plus facile, il doit nécessairement demander de l'assiduité et de l'endurance, car, en vérité, il est plus facile de parler de l'amour que de le vivre comme le Christ le veut. Il est plus facile d'aimer tout le monde que d'aimer une personne. Nous avons le testament dans nos mains et on ne peut prendre possession de l'héritage qu'en nous aimant les uns les autres comme nous l'a enseigné le Maître.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 28 avril 2024
LA VIGNE ET LE SARMENT 

"En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire" . Déclaration de Jésus à ses disciples qui nous interpelle profondément sur notre relation  avec Lui. Où en sommes-nous ? Comment être avec Lui pour ne pas se dessécher ?
Aujourd'hui "l'être avec le Christ" s'est tout simplement transformé en action humanitaire ou caritative. Faire du bien autour de soi et distribuer un peu d'espérance et de joie par le biais de quelques biens matériels suffisent largement. On aura à ce titre beaucoup d'associations caritatives qui portent pompeusement des titres chrétiens sans s'inspirer du Christ. Beaucoup de personnes aujourd'hui se donnent bonne conscience au nom de toutes les actions humanitaires qu'elles posent dans le monde. Lorsque nous leur demandons parfois de rendre compte de leurs actions menées pour éviter telle ou telle catastrophe, la réponse n'est pas toujours aussi éloquente que l'énumération de celles posées. Nous soulignons que ces actions sont toutes à saluer car un verre d'eau donné à ces pauvres, c'est au Christ que cela est fait.
Tout en saluant ces bonnes oeuvres, l'Evangile de ce dimanche nous invite à nous rattacher au Christ. L'église pour cela nous a laissé les sacrements pour la rencontre avec Dieu. Les sacrements sont les signes visibles de la présence de Dieu parmi nous. Il faut s'en approcher pour être rattaché au Christ.
Pour rappel, il y a 7 sacrements : le baptême, l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, l'onction des malades, le mariage et l'ordre. C'est à travers ceux-là que le chrétien puise les forces nécessaires pour porter du fruit dans le monde. En vérité, de nous-mêmes, nous ne pouvons rien. Ce sont les sacrements qui donnent un sens à nos actes. Il ne suffit pas seulement de faire, sinon ce serait de l'activisme sans inspiration. Ne l'oublions pas, Il est la vigne et nous, les sarments.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 21 avril 2024
LES PRETRES , VOS PASTEURS !

Notre Eglise en France traverse une crise grave de son histoire en général et spécialement celle du déficit de prêtres. C'est un sujet qui visiblement intéresse tout le monde puisque tout le monde donne son point de vue. Des plus érudits aux moins dégourdis, ils ont leur potion magique qu'ils servent à tous ceux qui les écoutent : "si les prêtres se mariaient cela changerait la donne. Il y a trop de solitude dans le sacerdoce et ce n'est pas du tout fun de vivre dans cet état". Vrai ou faux ? Nous ne saurions répondre d'autant plus que pour être présent à la messe il est autorisé d'y être avec sa femme et ses enfants. Même là, le résultat n'est pas du tout reluisant. Donc on peut conclure aisément que le problème n'est pas à ce niveau. Le sacerdoce est bien différent d'un boulot d'entreprise. C'est avant tout un don de vie au Seigneur.
Nous avons besoin de bergers pour conduire nos communautés. Sans prêtres, la communauté s'épanouit difficilement. Les résultats sont là devant nous depuis que nous avons regroupé les paroisses. Les communautés n'existent que les dimanches avec la présence éclair du prêtre. Si nous analysons de près, nous verrons que les communautés sont plus vivantes que là où elles ont des prêtres résidents en permanence.
Aujourd'hui, la machine antéchrist l'a si bien compris qu'elle s'attaque à la tête puisque de toute évidence, c'est ainsi que le troupeau se dispersera. Que constatons-nous ? nous assistons à une campagne de dénigrements à outrance des prêtres, les faisant passer pour la pire espèce de l'humanité. Ils sont élus à tort ou à raison comme favoris des scandales de tout genre. De l'intérieur comme de l'extérieur, c'est de la persécution au point où nous avons des pasteurs timorés. Ils ne peuvent plus donner la position de l'évangile devant les grands enjeux de l'existence. Leurs prises de position sont proclamées par les laïcs lors des prières universelles. Un prêtre, ça pêche au large et non dans l'aquarium. Peut-on encore se présenter fièrement comme prêtre dans  cette nouvelle civilisation ? Oui ! Cependant il faut avoir un sacré courage. A vrai dire, dans cette ambiance nauséabonde, comment l'appel de Dieu peut-il avoir un écho favorable dans le coeur des jeunes devant tant d'ignominies ? On ne peut pas vouloir des prêtres en crachant sur ceux qui malgré tout ont franchi le pas. 
Le prêtre, c'est notre ami et notre confident. Il est en même temps notre père et notre fils. Un prêtre est avant tout un homme et il a aussi besoin des hommes. Il a un coeur et a besoin d'aimer et d'être aimé. Un prêtre n'est pas le plus beau ou le plus intelligent. C'est celui qui malgré ses faiblesses a fait le pari, comme Pierre, de suivre Jésus et le servir jusqu'au bout. Hélas ! C'est ce prêtre que votre curé n'arrive pas à incarner. 
Aimez vos prêtres et utilisez les. Plus on les utilise, moins ils s'usent.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 14 avril 2024
UN ESPRIT N'A PAS DE CHAIR NI D'OS !

S'il y a bien un sujet délicat dans notre Eglise, c'est bien celui de la résurrection. Nombreux sont les chrétiens qui croient au Christ excepté l'épisode de la résurrection. Pourtant, c'est bien cet événement qui est la source et le fondement de notre Foi. Saint Paul, à juste titre, nous rappelle que notre foi est vaine si le Christ n'est pas ressuscité. 
En fait, qu'entendons nous par résurrection ? Il s'agit de notre Seigneur Jésus Christ qui est vraiment mort et sorti du tombeau le troisième jour après avec  son corps et son âme. Cet événement est un fait nouveau et inadmissible pour la conscience humaine. Depuis l'histoire de l'humanité ces genres de faits ne courent pas les rues car c'est la mort qui met fin à notre pèlerinage terrestre Il n'est pas dit, encore moins écrit nulle part, que les morts ressuscitent, alors nous pouvons bien comprendre la crainte et la frayeur des apôtres quand le Christ s'est présenté en implorant sur eux la paix. C'était un moment de grande confusion. Surement que dans leur esprit la confusion s'était emparée d'eux. Est-ce un revenant, un fantôme ou un esprit ? A vrai dire, on a plus ou moins entendu parler de ces phénomènes mais personne ne souhaite en rencontrer. Les apôtres n'ont pas manqué de preuves si la foi ne dépendait que de cela. Il a bien fallu que le Seigneur ouvre leur intelligence à la compréhension des écritures pour les éclairer sur ce qu'ils voient et vivent à l'instant. Comme quoi les faits seuls ne suffisent pas pour comprendre. C'est l'occasion de rappeler l'importance de la catéchèse dans l'Eglise. C'est grâce à elle que nous vivons notre foi dans une cohérence éclairée. Sinon à quoi cela sert-il de faire baptiser un enfant quand on n'a pas la volonté de lui enseigner les rudiments de la foi de l'Eglise. Un chrétien c'est aussi celui qui peut rendre compte de sa foi et cela ne s'improvise pas.
Nous savons que Jésus est ressuscité et nous le savons par la foi car sa résurrection n'est pas de l'ordre des démonstrations scientifiques. Néanmoins nous sommes éclairés par les prophéties énumérées dans les écritures. Encore faut-il avoir la force et l'envie de les lire ! Voici ce que disent les écritures au sujet du Christ : "Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu'il ressusciterait le troisième jour d'entre les morts, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jerusalem. A vous d'en être les témoins." Le croyons-nous ? C'est de cela qu'il s'agit.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 7 avril 2024
NON JE NE CROIRAI PAS !

Comme curés, nous sommes vivement interpellés dans les tabacs sur le silence de Dieu devant les difficultés que certaines personnes traversent. Dieu m'a fait trop de mal pour que je vous rejoigne à l'église, s'indignent-elles. Il y a aussi celles qui veulent croire à condition que Dieu guérisse leur père qui souffre d'un cancer du pancréas. Ce qui est surprenant, il n'est pas rare de constater par leur tête, ces personnes ont un âge très avancé. Parfois, on a bien envie de leur demander à quel âge prendraient-elles rendez-vous avec la sagesse pour comprendre que c'est une grâce divine de connaître son père à cet âge-là. Comme quoi, les preuves de l'action de Dieu dans nos vies sont à profusion pourvu qu'on veuille les voir en regardant dans la bonne direction.
A travers l'Evangile de ce dimanche de la miséricorde divine, l'épisode de Thomas nous montre que la recherche des preuves n'est pas un fait nouveau pour renforcer notre Foi. Jésus a répondu favorablement à la demande de Thomas en se révélant à lui en chair et en os. De tous les apôtres, Thomas fut le seul à avoir fait cette grande profession  : "mon Seigneur et mon Dieu". On ne peut pas s'empêcher de souligner que les petits signes de la présence de Dieu dans nos vies nous aident énormément à aller de l'avant. Cependant, il est important de préciser  que ce ne sont pas les signes qui sont le but de notre Foi. Auquel cas, cela nous conduirait à des dérives où l'on assiste à des cultes avec des pasteurs faiseurs de miracles  et les chrétiens chercheurs de prodiges. Notre appartenance au Christ va bien au-delà de ces petits calculs existentiels. 
Comme à Thomas, Jésus dit à chacun de nous: "cesse d'être incrédule, sois croyant" . Il est là au coeur de nos vies et c'est lui qui nous fait vivre. Dans nos peines comme dans nos joies, il est là. On peut comparer la Foi en Dieu à tout sauf à un deal. Il nous a aimés le premier sans aucune caution de notre part.  Le monde nouveau voudrait bien redéfinir un nouveau code de vie avec Dieu, où tout se négocierait en terme de troc. Si nous faisons ceci, Dieu nous ferait cela sinon ce n'est pas la peine de composer avec lui. C'est du chantage spirituel car l'amour de Dieu ne nous vaccine pas contre tout ce qui est inhérent à notre condition humaine comme la fatigue, la maladie, la mort ,... 
Non, je ne pourrai pas croire si un jour tout ce qui est humain m'était indifférent.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 24 mars 2024
L'HEURE DE GLOIRE

Comme nous l'enseignait un éminent professeur, chacun de nous a au moins 15 minutes de gloire dans la journée et cela se traduit de différentes manières dans nos vies. C 'est soit notre ego que nous flattons nous mêmes un peu plus au delà de la moyenne, ou , soit les autres qui hissent notre orgueil avec leurs compliments mielleux.  Sans risque de nous tromper, nous pouvons dire que nous avons plus ou moins vécu cette expérience dans notre vie. Il nous est arrivé de vivre comme si tout nous réussissait dan le monde. Tout le monde nous comprend et nous accepte malgré nos défauts et nos faiblesses. On a l'impression de voyager sur un petit nuage paisible jusqu'à ce qu'un évènement malheureux nous recadre dans la réalité. C'est le temps de gloire et chacun reçoit sa part durant son existence. Un adage sénégalais le tend très bien en ces termes : "quand Dieu joue le tam-tam pour toi, il faut danser car demain, il jouera pour un autre". Oui ! c'est le temps de gloire qui ne dure pas 'ad vitam aeternam'. L'entrée de Jésus à Jérusalem nous donne de scruter cette heure de gloire que chacun de nous a sans doute expérimenté dans sa propre vie. Ce jour là, comme nous le constatons, plus rien ne comptait pour ce peuple. Seul Jésus et ses volontés étaient les maîtres du jeu. L'ânon a été pris sur une simple information sans aucun gage. La seule réponse, 'Le Maître en a besoin" a suffi au propriétaire de céder l'animal. Cet ânon, pourtant l'Elu du jour, a eu lui aussi droit aux honneurs qui lui sont liés. Le fait d'avoir été couvert de manteaux en marchant sur d'autres devrait nous inspirer à peindre richement le scénario. La foule en liesse, scandait des "Hosannah" par ci et par là. Oui ! c'est aussi l'heure de gloire. Personne ne peut imaginer une fin catastrophique à la suite de cette entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Les mêmes aujourd'hui qui accueillent le Roi de gloire le rejetteront demain comme un paria de la société. A la question de Pilate, "vais je crucifier votre roi ?" la réponse est sans appel "nous n'avons pas d'autre Roi que l'Empereur". Cette fête des Rameaux doit être aussi la nôtre en comparaison à nos vies. Tant que l'Evangile sera lu et écouté comme un fait loin de notre histoire, il ne nous parlera jamais. C'est la parole de Dieu et elle est vivante. Il nous parle aujourd'hui comme il a parlé hier aux apôtres et aux disciples. Nous voudrions penser à toutes ces personnes, qui après un moment de gloire se trouvent rejetées par leur famille et ceux qu'ils ont aimé à cause de la maladie ou de la perte de leur situation sociale. Nous prions pour ces couples qui ont connu la joie du mariage et qui subissent durement le coup de la séparation.  Nous implorons la grâce de Dieu pour toutes ces personnes qui attendent l'heure de gloire ou leurs 'Rameaux' pour danser elles aussi au rythme du tam-tam divin.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 17 mars 2024
NOUS VOUDRIONS VOIR JESUS

Père ! Nous voudrions nous marier à l'église, ou bien nous souhaiterions faire baptiser notre enfant dans telle chapelle. Il y a aussi ceux qui désirent des funérailles à l'église dépouillées de tout ce qui est chrétien, c'est à dire l'Eucharistie, fondement de notre foi. Autrement dit, nous voudrions voir Jésus sans le rencontrer car on peut voir quelqu'un et l'admirer sans toutefois le rencontrer. C'est comparable à la volonté de toutes ces personnes qui demandent des sacrements à l'église comme si elles demandaient un service quelconque dans une entreprise. L'objectif, c'est le sacrement mais pas son contenu puisque ses effets restent de loin ce qu'elles désirent. En fait, elles demandent juste un service et nous leur proposons la foi, qui en vérité ne fait pas partie de leur projet de vie. Cela n'arrêtera pas de nous surprendre, nous les curés, quand parfois des fiancés, avec du chewing-gum à la bouche, demandent de faire vite la messe pour ne pas empiéter sur l'heure de l'apéro. Comme quoi, ces personnes nous demandent de voir le Christ et nous leur proposons de le rencontrer dans un acte profond de foi. De ce coté là, il y a encore du travail à faire.
Nous nous approchons de la fête de Pâques et quelle serait notre motivation ? Ressusciter avec le Christ ou le voir ressusciter ? Souhaitons nous faire le passage de la mort à la vie avec lui ou resterons nous de l'autre rive de la mer rouge ? Nous rappelons que Pâques veut dire passage. Il peut arriver que notre fête de Pâques se résume seulement à un bon agneau rôti et une course dans la cour à chercher des oeufs. On pourra appeler cela un défoulement pascal qui ne matérialise pas véritablement une bonne Pâques (passage).
Plus que de se faire voir, Jésus se présente et livre le contenu de sa mission. Il est venu pour sauver le monde par sa mort sur la croix en disant : "si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt il porte beaucoup de fruit". Il est loin d'être une une oeuvre d'art de musée pour satisfaire une certaine forme de curiosité. Maintenant, mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? Père, sauve moi de cette heure ? mais non ! c'est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci. Père glorifie ton nom ! c'est ainsi que Dieu a appuyé son témoignage en disant : "je l'ai glorifié et je le glorifierai encore".
Voir le Christ est bien différent d'une visite de musée.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 10 mars 2024
LES CHRETIENS DISCRETS

Nous avons commencé notre Carême avec des consignes claires et précises, dans l'évangile de Mathieu, de vivre ce temps dans la discrétion et que Dieu, qui voit dans le secret, nous le revaudra. Partant de cette recommandation, le Carême devient une affaire strictement privée. Chacun le vit comme il le sent, dans la discrétion. Ici, il y a lieu de faire la différence entre être discret et briller. Car en ce 4ème dimanche, la recommandation est toute autre : celui qui fait le mal déteste la lumière, de peur que ses oeuvres soient dénoncées. Cependant, celui qui fait le bien vient à la lumière, pour qu'il soit manifeste que ses oeuvres ont été accomplies en union avec Dieu. On a bien l'impression que seuls ceux qui font le mal sont discrets. Nous faisons remarquer que le bien ne fait pas de bruit et que le bruit  ne fait du bien non plus.
En ce dimanche, l'occasion nous est encore offerte pour assainir notre marche vers Pâques. Point n'est besoin de faire de la discrétion une tare. On peut briller et rendre témoignage autour de soi dans la discrétion. Le chrétien discret n'est pas celui qui croit rendre témoignage devant ses frères en exaltant ses richesses acquises par la bonté divine. Ces chantres du succès social avec les mêmes refrains du type "j'étais... et depuis que je suis chrétien, je suis riche et tout marche bien pour moi".
Vivre avec le Christ n'est pas de l'ordre des artifices tapageurs. Etre chrétien, c'est vivre sa foi de façon à ce que quiconque nous voit vivre n'ait aucune raison de douter de la présence de Dieu. Un chrétien doit être plus contagieux que la Covid'19. Que personne ne nous approche sans avoir eu l'impression d'avoir rencontré le Christ. Nous sommes la lumière du monde et le sel de la terre. Si nous perdons ces propriétés de notre être chrétien, nous ne servirons plus à rien, comme le souligne l'évangile. Nous sommes chrétiens et nous n'avons pas à singer une autre façon de l'être que de suivre notre Seigneur Jésus.  Si nous vivons comme le Maître nous l'a enseigné, le monde nous reconnaitra comme ses disciples.
Finalement être discret ne veut pas dire "refuser de briller" au milieu de ses frères. Loin de là ! La discrétion dont l'évangile fait mention, c 'est la vie en vérité du chrétien qui ne s'encombre pas d'acclamations. Comme chrétiens, faisons ce que nous avons à faire et cela suffit.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 3 mars 2024
JESUS DANS MON TEMPLE !

Après avoir parcouru les hauts lieux de rencontres que sont le désert et la montagne, Jésus nous conduit au temple. Inutile de chercher ce temple en dehors de nous et d'espérer le retrouver en nous déportant vers nos basiliques, nos cathédrales ou nos églises. Le temple dont il est question, il s'agit de nos coeurs, lieu privilégié du Trône de Dieu.
Pouvons-nous faire l'état des lieux de ce coeur, sujet à toutes sortes de préoccupations et soucis humains, où Dieu a presque perdu le droit de cité ? Ce coeur de l'homme, en pleine mutation, devenu le champ favorable de toutes les distractions a-t-il un temps de ménage pour laisser une petite place à Dieu ? Tout y est exposé. Le tri et ménage, représentés pour nous par le sacrement de réconciliation, sont désormais relégués au rang des vestiges de la foi. Les confessionnaux sont devenus des meubles rappelant les vieilles pratiques d'un autre siècle. Sanctifier le jour du Seigneur fait partie des lois les plus banales pour le nouveau monde. Le choix est vite fait quand il est demandé aux enfants de choisir entre la catéchèse ou la messe et le sport. Il faut surtout souligner que la présence des enfants ou des petits enfants est mathématiquement synonyme d'absence et de non sanctification du jour du Seigneur. Que penser des divorces, des mariages de tout ordre et de tout genre ? Que dire à toutes ces personnes qui ont perdu l'habitude et l'usage des sacrements (signe visible de la présence de Dieu) ? Quoi penser de ces pasteurs, qui, dépassés par les évènements gardent le silence et se laissent guider par tout ce désordre ?
Le Christ vient à nous à travers ces lectures de ce dimanche pour nous interpeller comme il a fait hier dans le temple. Il ne sert à rien de parcourir le monde, de visiter les grands temples, si le notre n'est pas habité par Dieu. Ce temps de carême est pour nous le moment favorable pour rendre notre coeur accueillant. Soyons les premiers à visiter notre coeur avant l'arrivée du Christ. De loin, il est préférable soi même de faire son ménage que de laisser une tierce personne le faire. C'est ce ménage qui nous fera prendre conscience des défis qui nous attendent et nous aidera à prendre les décisions, surtout les meilleures pour un Carême réussi. Le Carême, c'est aussi accueillir le Christ dans son temple et faire le passage avec Lui. La marche continue. Courage ! 


Père Gilles N'GORAN

Dimanche 25 février 2024
ELEVONS NOTRE COEUR

Le temps de carême est un moment où les chrétiens prennent sur eux l'engagement de revoir leur ambition  spirituelle à la hausse. Cette vision les amène à se débarrasser de toutes les passions qui les entrainent vers les basses besognes. Saint Paul dans sa lettre aux galates parlera plutôt des passions de la chair. pour rentrer dans cette dynamique, il serait nécessaire de prendre de la hauteur en se détachant de toutes les lourdeurs qui nous clouent au sol. De toutes les façons, il n'a jamais été facile d'atteindre le sommet d'une montagne avec trop de fardeaux sur les épaules. D'ailleurs les difficultés et la souffrance qui en résultent nous conseilleraient, à juste titre, de nous en débarrasser. Malheureusement les habitudes font partie de ces lourdeurs et elles sont les plus teigneuses. Cela nous fait penser à un aigle contraint par une corde à partager le quotidien des poules de basse-cour. Nous vous parions que lorsque cette corde rompra, par habitude, cet aigle ne volera plus. Il en est de même dans nos vies. Observons qu'en moins de 20 ans, la puissance et l'habitude des écrans nous ont imposé un autre mode de vie surprenant ainsi tous ceux qui se sont endormis dans les vieilles coutumes. En un laps de temps, toutes nos valeurs ancestrales de vivre ensemble et de communication ont été reléguées aux archives de l'histoire. Sans androïd de nos jours, nous sommes perdus, ne serait-ce que pour se repérer dans le temps et dans l'espace.
Jésus, sur la montagne avec ses apôtres, nous invite à le rejoindre pour gouter à la douceur de sa présence.  Cette rencontre sur la montagne sera pour nous l'occasion d'écrire une nouvelle loi de vie en présence de Moïse et Elie. Le Carême n'est pas seulement  un temps d'efforts ou de privations alimentaires. Il peut être aussi vu comme un moment favorable pour expérimenter une autre façon de vivre sa foi. Voilà pourquoi pendant le Carême l'accent est beaucoup porté sur la conversion, c'est à dire vivre autrement selon la volonté de Dieu.
Après un séjour au désert, nous sommes invités au sommet de la montagne pour garder l'essentiel pour la marche. Restons concentrés sur la prière, le partage et la pénitence de manière à ce que ce temps de Carême impacte nos vies.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 18 février 2024
IL VIVAIT PARMI LES BETES SAUVAGES

40 jours dans le désert avec le Christ pour vivre une expérience extraordinaire. Nous savons d'ores et déjà que ce ne sera pas une partie de détente, d'autant plus que nous aurons à vivre parmi les bêtes sauvages. Quelles sont ces bêtes sauvages dont il est question ? Ce sont toutes ces habitudes et ces plis qui conditionnent et caractérisent nos vies. Ne nous leurrons pas, nous sommes des êtres en général guidés par des gestes répétitifs. Sinon comment nous expliquer le fait de déjeuner, souper ou diner sans avoir faim mais parce que simplement il est l'heure. Par exemple, on ne dit jamais, allons à table parce qu'on a faim mais plutôt parce qu'il est l'heure. Et il existe beaucoup d'exemples qui ternissent l'image de notre identité chrétienne. Pendant ce carême 2024, au lieu de nous engager dans des résolutions spectaculaires pour record d'avoir peu mangé, nous voulons mettre notre point d'honneur à lutter contre les bêtes sauvages. C'est dans cette ambiance et face à ces défis que nous seront appelés à camper le décor de notre séjour avec le Christ dans le désert.
Vivre avec les bêtes sauvages commencerait  d'abord par les identifier, les connaître afin de mieux vivre au milieu d'elles et pourquoi les combattre. Cependant, il arrive qu'on sélectionne malheureusement des bêtes dociles qu'on confond aux bêtes sauvages. Frères et soeurs, il est important de rappeler que se tromper d'adversaire serait se tromper de combat, ce qui nous détournerait du sens de la vrai lutte. Nous faisons un clin d'oeil à tous ceux et celles qui n'ont résumé leurs efforts de carême qu'à ne manger que du poisson le vendredi au lieu de la viande : une belle dorade farcie ou un bon saumon fumé ferait bien l'affaire. Attitude que nous qualifions à juste titre de jeûne 4 étoiles. Nous n'oublions surtout pas ceux et celles qui confondent le jeûne pendant le carême au régime alimentaire car nos privations doivent aboutir sur le partage. Le jeûne de carême ne se résume pas seulement aux affaires de nourriture. Il va bien au delà. Le carême doit nous conduire à nous retrouver avec nous même, et avec les autres, et avec le Christ. De grâce, s'il faut embarquer avec le Christ au désert pour être désagréables avec les autres et les terroriser au nom de l'effort de carême, il vaut mieux s'en abstenir.
En ces 40 jours nous seront invités à activer en nous la pénitence, le partage et la prière, attitudes mises trop souvent en veilleuse par la paresse, le découragement et le manque d'ambition. Quant à nous, à St Benoît en pays de serres, nous voulons mettre ce carême 2024 sous la bannière de la persévérance. Oui, prendre de petits engagements et veiller à les tenir au mieux.
BON CAREME A TOUTES ET A TOUS

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 4 février 2024
MALHEUR A MOI SI JE N'ANNONCAIS PAS L'EVANGILE !

L'annonce de l'Evangile fait partie de l'ADN du chrétien. Par notre baptême, nous sommes associés au Christ comme Prophète, par conséquent l'annonce et le témoignage font partie intégrante de notre mission de chrétien.
Aujourd'hui, comment se présente cette annonce dans notre monde sujet à toutes les restrictions possibles et imaginables ? Restrictions qui nous imposent d'ôter les croix dans les écoles catholiques, de ne pas montrer les signes religieux dans les lieux publics, de ne pas parler du Christ quand il y a un seul dans la famille qui se réclame d'être athée. Ces différentes restrictions font que dans nos écoles, les jeunes ont honte de se montrer chrétiens au risque d'être raillés par leurs camarades. Nos prêtres, aujourd'hui, sont réduits dans leurs activités avec toutes ces lois qui éloignent les enfants. La catéchèse sécurisée avec les sacristies sous haute surveillance et les grandes précautions ont fini par tuer tout élan pastoral à l'égard des enfants et de la jeunesse. Annoncer l'Evangile est devenu une activité à haut risque vu les barrières à franchir afin d'exercer aisément cette activité. Comment enseigner la catéchèse aux enfants si les parents leur proposent de choisir entre les jeux et la Bonne Nouvelle ? Tout simplement nous sommes à l'ère de l'évangélisation aux couleurs du nouveau monde : "Ce que veut le monde, le veut Dieu aussi. Par contre ce que veut Dieu, le monde s'en fout". L'exigence évangélique est plus que jamais à géométrie variable et elle s'applique en fonction de celui qui l'annonce et de celui qui la reçoit. Les enjeux de la mission s'annoncent grands et à cet effet la détermination des chrétiens doit être élevée.
Saint Paul nous rappelle que c'est un devoir, pour nous chrétiens, de prêcher la Bonne Nouvelle au monde. Tous les enfants de Dieu sont invités à la conversion et doivent être acquis au Christ par l'écoute de l'Evangile. Il nous invite à être faibles avec les faibles, esclaves avec les esclaves et au besoin à se faire tout à tous pour gagner le plus grand nombre au Christ. Voici la mission qui s'ouvre à nous Chrétiens et il est interdit de dormir au premier rang. Nous sommes tous envoyés en mission pour l'annonce. C'est tout d'abord un témoignage qui révèle le chrétien comme un Evangile ouvert pour le monde.
Comme Jésus, Saint Paul nous invite à rendre accessible la Bonne Nouvelle à tous. Elle se proclame par ce que nous sommes et par ce que nous avons. Annoncer l'Evangile, c'est aussi savoir être avec les autres, c'est l'attention au quotidien accordée à ceux qui vivent autour de nous, c'est adresser la parole aux inconnus dans n os assemblées dominicales, c'est l'amour du Christ répandu dans le monde et rendu visible par la présence de ses disciples. Etre chrétien c'est être missionnaire de la bonne Nouvelle.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 28 janvier 2024
IL ENSEIGNE AVEC AUTORITE !

Notre monde en quête de douceur veut purifier notre langage pour bien chatouiller les oreilles. Cela nécessite de l'euphémisme dans le langage. Il faut désormais un langage plaisant qui n'oblige et n'engage personne. Nous dirions plutôt un langage impersonnel. Pour ce faire, certains termes sont à bannir comme autorité, obligation, force ... Que celui qui sait fasse mine de ne rien savoir, pour que les ignorants se sentent à l'aise. C'est une façon un peu hypocrite de s'inscrire dans une logique de médiocrité qui ne dit pas son nom. En vérité, s'il est vrai que l'ignorant doit faire moins de bruit, il n'est pas non plus normal que les sachants se taisent. Quand on sait, il faut le faire savoir. De plus en plus, on ne sait plus qui enseigne, qui reçoit et qui apprend. C'est dans ce contexte de nivèlement des compétences, du savoir et des moyens de transmission que le Seigneur nous parle en ce dimanche.
L'Evangile souligne que l'assistance de Jésus était frappée par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité. Il ne disait pas forcément ce que l'auditoire voulait entendre mais plutôt il enseignait la volonté de son père. Dans le deutéronome, Dieu promet la mort au prophète qui, par présomption, dirait une parole qu'il ne lui aurait pas prescrite.
A quoi assistons-nous aujourd'hui dans notre monde où c'est la souris qui donne des leçons de vie au chat ? Qu'annonce l'église, sel de la terre et lumière du monde, sous la pression des médias et du lobbying ? Où se trouve notre authenticité et où en est-on avec notre mission d'annoncer l'Evangile jusqu'aux confins de la terre ? Avec toutes ces nouvelles lois qui sèment le trouble et le désordre dans l'esprit de tous, de quelle autorité pouvons-nous jouir pour enseigner la Bonne Nouvelle ?
En ce dimanche, Dieu interpelle tous les messagers de la Bonne Nouvelle à revenir aux sources et fondements de notre foi. Nous ne sommes que des serviteurs inutiles et à ce titre, il ne nous a pas demandé de réinventer l'Eglise mais il nous a plutôt demandé de faire retentir la Boone Nouvelle jusqu'aux limites du monde avec AUTORITE.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 21 janvier 2024
CES PECHEURS D'HOMME !

Comme tous les hommes et femmes de leur génération, ils avaient aussi des ambitions et des projets. Ils étaient à la tâche avec leurs parents pour apprendre un  métier pour les uns ou à l'école pour les autres. Il n'était pas non plus exclu pour certains de fonder une famille. Chacun, comme ceux de leur génération, était sur le starting-block pour la course à la réalisation de ses ambitions ou celles voulues par leurs parents.
C'est au coeur de tous ces tourments de l'existence que le Seigneur, comme à ses apôtres, a appelé les missionnaires d'aujourd'hui. C'est le même Christ hier, aujourd'hui et demain. Il n'a pas changé. Il parcourt encore notre contrée et sillonne nos rues. Il appelle à tous les carrefours, au fronton de nos coeurs pour la mission car la moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux. Ce n'est pas à nous de vous le rappeler puisque les faits parlent d'eux mêmes. Les paroisses se ferment les unes après les autres, non pas par soucis de fusionner et fédérer les communautés, mais c'est surtout par manque de prêtres.
Nous voulons aujourd'hui faire un clin d'oeil à ces prêtres, ces religieux et religieuses, à ces apôtres dont nous ignorons toute l'histoire et qui n'attirent notre attention que par la folie destructrice des mass media. C 'est dommage que, de nos jours, ces derniers ne soient révélés au grand public que sous la bannière des scandales. Ces hommes et femmes de notre temps, comme dans l'Evangile,ont sacrifié amour familial, abandonnant père et mère, culture et tradition, pour se mettre à la suite du Christ et s'orienter là où l'Esprit aura bien décider de les conduire. Cette mission noble qui s'exerce dans l'indifférence et parfois dans le mépris de nos contemporains mérite l'attention de tous. Il est temps, voire grand temps de valoriser "ces fous de Dieu" pour donner aux jeunes de notre temps de répondre à l'appel du Christ.
En ce dimanche où les textes nous donnent de réfléchir sur les différents appels à la mission, saluons tous les apôtres qui animent la présence du Christ dans notre monde. Des "pécheurs", en faire des "pécheurs d'homme" dans ce nouveau monde de grand relativisme n'est pas du tout aisé. Profitons de l'occasion pour prier pour notre Pape, nos Evêques, nos Prêtres, nos Diacres, nos Religieux et Religieuses.


Père Gilles N'GORAN

Dimanche 17 décembre 2023
LE SEIGNEUR VIENT !

Dites à ceux dont le coeur défaille : "courage et n'ayez plus peur". Bien au contraire, il vient pour guérir les coeurs brisés, proclamer une année de bienfait accordé par Dieu, son Père. C'est lui le prince de la paix que Jean Baptiste présente aux prêtres et aux lévites envoyés par les juifs. Comme les juifs, nous sommes aussi en droit de nous demander qui il est. En vérité, sans identification de celui que nous attendons, nous pouvons bien passer près de lui sans le reconnaître. En effet, il y a beaucoup d'apparences trompeuses qui nous empêchent de rencontrer vraiment le Fils de Dieu tel qu'il est. Il y a beaucoup de distractions en jeu. Des "Jean Baptiste", nous en avons dans notre société, à la seule différence qu'ils ne nous précisent pas qu'ils ne sont pas le Fils attendu. Tout part de la définition que nous nous faisons de la fête de Noël. Jean Baptiste n'est qu'une boussole qui nous montre celui que nous devons adorer. Il joue bien son rôle en précisant que ce n'est pas lui le messie attendu et qu'il faut se préparer pour l'accueillir.
Noël est certes Dieu qui vient à notre rencontre et nous nous devons de l'accueillir dans notre crèche. Où le voir et comment le reconnaître ? Isaïe et Jean Baptiste nous donnent des indices non négligeables à considérer. Pour nous, chrétiens des temps dits évolués, où pouvons nous le rencontrer, surtout que le Christ bercé dans les crèches des églises ne répond plus à l'attente de la majorité. Nous sommes de plus en plus portés vers des crèches discrètes où les symboles de notre foi doivent être absents pour respecter la foi des sans foi. Oui, nous en sommes là ! Les signes apparents du Christ sont blessants pour les adeptes d'une  laïcité pas bien comprise. Et pourtant à travers tous ces tumultes, il faudra bien le reconnaître. Ne le perdons pas de vue, notre coeur reste l'organe privilégié pour livrer le visa terrestre au Fils du Très Haut.
Les nouveaux "Jean Baptiste" qui sont les cadeaux, les retrouvailles familiales, la dinde et le champagne ont ravi la vedette à celui que nous célébrons. "Rien n'est gâté" comme on le dit sur les bords de la lagune Ebrié. Il suffirait que ces "Jean Baptiste" aient l'index tendu vers celui qui vient, car c'est Lui le lieu, le milieu et la raison de toute cette joie. Alors, soyons joyeux et prêts car il vient.

Père Gilles N'GORAN


Dimanche 10 décembre 2023
PREPAREZ LUI LE CHEMIN !

Depuis le début du mois de décembre, nous sentons réellement que le jour de Noël approche à grands pas. Rien qu'à constater le toilettage de nos villes et les guirlandes qui les illuminent, on ne peut pas ne pas s'en émerveiller.  Les magasins et les publicités y mettent de l'énergie pour que cet événement ne passe pas inaperçu. Ceux qui ont les moyens sont à la phase d'équipements. Car, en effet, qu'est ce que Noël sans un joli sapin et des cadeaux ? Les moins nantis, quant à eux, sont affairés à chercher des moyens pour sacrifier à la tradition. Ne le perdons pas de vue, Noël est davantage une fête familiale que l'accueil de Dieu-parmi-nous, pour la plupart. Alors, ce sont les grands débats sur l'inflation, la pauvreté et la cherté de la vie qui font surface au grand dam de l'annonce de la venue du Seigneur. C'est dommage que cette fête soit celle de la venue du Seigneur et qu'il soit véritablement le grand absent à tous les rendez-vous.
L'Evangile de ce dimanche nous invite à la préparation et attire notre attention sur l'essentiel de notre investissement.. Comment nous préparons-nous ? Comment capitalisons-nous nos énergies ? Jean Baptiste veut nous sortir des apparences brillantes pour un vrai accueil de Dieu qui est à la porte de notre coeur et qui frappe. Il nous exhorte à embellir notre coeur à la hauteur des guirlandes extérieures. Pour lui, que Noël soit vraiment l'accueil du Fils de Dieu qui vient rejoindre notre humanité en général et chacun en particulier. Il s'agit plutôt de la disposition de nos coeurs qui doit être la première crèche que le christ doit squatter.
Préparer le chemin, c'est aussi ouvrir nos coeurs et y faire le ménage pour le nouveau-né, symbole de toutes les fragilités humaines. A vrai dire, qu'est ce que Noël si tout notre dynamisme ne se limite qu'à manger, boire, danser et dormir ?
Préparer le chemin, c'est davantage s'ouvrir au pardon, à la réconciliation et au partage. 
Sûrement, c'est là qu'on le verra.

Père Gilles N'GORAN


Dimanche 26 novembre 2023
DIEU EST LA DEHORS  !

Après une année liturgique passée avec Saint Matthieu, nous allons nous préparer à embarquer avec Saint Marc. Avec lui, une autre façon de marcher à la suite du Christ s'ouvrira à nous. Frères et soeurs, apprêtons nous à recevoir ce nouveau compagnon de marche avec beaucoup de dynamisme.
Nous avons certainement été satisfaits de ce que nous avons vécu avec les piqures de rappel sur le style et la méthode de Saint Matthieu. Nous l'avouons, c'était agaçant mais pour le bien de tous. En effet, que ne supporterions nous pas pour le Christ ? Nous sommes déjà engagés dans cette pédagogie catéchétique et personne n'en sera épargné. Oui, "mon peuple périt faute de science". Ici, nous périrons pour abus de science. Frères et soeurs, que notre détermination à la découverte du Christ ne faiblisse point mais bien au contraire, qu'elle s'accroisse et fasse de nous des lumières sur le chemin des hommes.
L'Evangile de ce dimanche s'offre à nous comme un conseil. Point n'est besoin de chercher Dieu autre part qu'à travers ceux qui vivent autour de nous. Loin de toutes les théories de charités chrétiennes, Dieu se rend accessible à travers toute personne indigente ou tout être qui est dans le besoin. Nous l'avons longtemps cherché dans l'inaccessible, dans l'impossible voire dans l'extravagance. Pour nous éviter des surprises désagréables au jour du jugement, il nous révèle sans ambage son vrai visage. C 'est dans les petits riens de l'existence qu'il se révèle à nous. Saurons-nous, dans notre communauté, le reconnaitre à travers toutes les fragilités qui nous entourent ?
Dans ton amour infini, Seigneur, ouvre nos yeux à tes merveilles et donne nous de te reconnaitre là où tu es difficilement perceptible. Seigneur ! Tu es là au coeur de nos vies et c'est toi qui nous fait vivre. Seigneur ! Donne nous de te reconnaitre en toute circonstance, car aussi à travers les riches, tu manifestes aussi ta présence.
Bonne fête du Christ Roi de l'univers.

Père Gilles N'GORAN


Dimanche 19 novembre 2023
PERE ! QU'EN S'APPROCHANT DE MOI
LES HOMMES S'APPROCHENT DE TOI

Il y a 32 ans de cela, au séminaire moyen déjà, j'appréhendais ce qu'allait être cet engagement à la suite du Christ. Affronter 10 années d'études pour se former humainement, intellectuellement et spirituellement. Tout ceci pour mieux répondre aux exigences de la mission future que le Christ voudra bien me confier. Jeune et plein de rêves, je vivais déjà, dans cet être fragile que je suis, le jour où j'élèverai la coupe du salut au milieu de mes frères pour le monde. Avais-je tout compris ? Sans doute que non ! Cette période de formation passée, voici 22 ans que j'essaie de répondre du mieux que je peux à cet appel qui doit se renouveler chaque jour.
22 ans c'est comme une heure qui passe dans la nuit de Dieu. Personnellement, je les vis comme 22 ans de fidélité du Seigneur à mon égard. C'est aussi 22 ans de balbutiements, de tâtonnements à la suite du Grand Maître et pourquoi pas, de délices dans le Seigneur avec vous. En 22 ans, tout ce que vous aurez pu apprécier en moi serait sans doute le reflet d'un geste, d'un sourire, d'un soutien, d'une attention, d'une espérance, d'une paix, d'une sérénité que chacun de vous m'aurait transmis.
Aujourd'hui, je suis avec vous conformément aux exigences de la mission loin de ma terre natale et de tous ceux avec qui j'ai partagé une bonne partie de ma vie sacerdotale. Certains ont rejoint la maison du Père et font partie certainement des habitants de la cour céleste et d'autres, comme des guetteurs, veillent aux portes de l'espérance attendant le retour du frère parti. Je sais que mes frères et soeurs partis trop tôt m'assistent toujours. En ce jour anniversaire de mon ordination, je leur confie mon sacerdoce et leur renouvelle tous les engagements qu'ensemble nous avons pris, résumés dans cette devise qui, pour moi, est un projet de vie. "Père ! qu'en s'approchant de moi, les hommes s'approchent de toi".
Merci à vous tous qui rendez mon sacerdoce joyeux. Le Seigneur qui voit dans le secret ce que vous faites pour son serviteur vous le rendra bien au-delà de vos espérances.

Père Gilles N'GORAN

Dimanche 5 novembre 2023
PREMIER ET DERNIER  !

Le premier arrivé est le premier servi. Il s'agit de voir comment l'on se dispute dans les rangs devant les guichets de paiement. Qui est arrivé le premier ? Qui mérite d'être servi en premier ? Notre société ne valorise que les premiers. Nous avons été éduqués depuis l'enfance dans cette ambiance de compétition. Nos parents regardaient à peine nos moyennes. C'était le rang occupé qui faisait office de norme d'appréciation de notre travail. Oui, être le premier a des avantages et rend admirable. De toutes les façons on est premier pour être visible de tous.
Le dernier par contre, loin d'être assimilé à de l'humilité est le perdant. Le dernier de la classe n'est pas sûrement le plus humble mais plutôt le moins nanti intellectuellement. Le dernier de la société n'est pas, de toute évidence,

le meilleur exemple à conseiller à ses enfants. Nous aimons être au-devant de tous et apprécions d'être cités en exemple aux yeux des autres. Ce n'est pas du pharisianisme, c'est de l'ordre de la nature humaine. Car, si cette ambition d'exalter le meilleur de nous-même s'éteint, nous laisserons à nos enfants un monde médiocre. Nous voulons demander à Jésus : à quoi rime-t-il d'envier la dernière place alors que l'intention primaire est d'occuper la première ? Est-ce une stratégie pour être toujours le premier ?
Le Christ nous appelle à l'humilité qui est une saine appréciation de sa juste valeur : ni trop pédant, ni éteint non plus. L'on peut parfois rester dans l'ombre dans l'espoir d'être révélé à la lumière et moisir dans son trou sans que personne ne pose le geste salutaire attendu. Et parfois, bien malheureusement, on en sort qu'aigri faute d'avoir été exposé comme on l'aurait souhaité.
L'Evangile nous invite à plus de simplicité et d'humilité, qui sont aussi une forme d'intelligence, d'anticipation et de stratégie. Avec un petit sourire, nous voulons rappeler que, si l'on reste toujours à la dernière place dans l'église avec des appareils auditifs défaillants et une sonorisation défectueuse, on sera toujours le seul à ne jamais bien entendre. Cette attitude peut bénéficier de tous les qualificatifs sauf celui de l'humilité. Etre humble, c'est reconnaitre qu'avec l'age on entend mal et par conséquent, c 'est plus judicieux de choisir une place convenable que d'être au dernier banc. Ca, c 'est de l'humilité pratique et utile.


Père Gilles N'GORAN


Dimanche 29 octobre 2023
LE PLUS GRAND COMMANDEMENT  !

Aimer Dieu de toutes ses forces est le plus grand commandement qui puisse exister. C'est d'ailleurs le plus facile à exécuter  car l'amour de Dieu est un peu platonique et moins exigeant. Les réactions divines n'étant pas spontanées, elles donnent plus de marges pour la repentance. On le remarque aisément car il fait pleuvoir autant sur les méchants que sur les bons. Il laisse prospérer l'impie comme le croyant et ne foudroie pas les mécréants comme nous sommes  parfois tentés de l'espérer. Regardons toutes ces méchancetés gratuites autour de nous traduites par des guerres stupides qui, on le croirait, bénéficieraient de la caution de Dieu. Sans faux-fuyants, nous sommes  parfois déstabilisés devant le silence du Grand Barbu. Et dire que toutes ces atrocités sont pour la plupart commises en son nom et pour sa gloire. Quelle est la place du prochain dans toutes ces violences ? A en croire ces aventuriers hasardeux e Dieu, le Divin ne serait pas capable de se défendre lui-même si c'était vraiment nécessaire de le faire.
 Quiconque prétend aimer Dieu qu'il ne voit pas et n'aime pas son prochain qui vit auprès de lui est un menteur, le martèlera Saint Jean dans sa première lettre C'est le prochain qui met notre amour pour Dieu à l'épreuve puisque Jésus lui-même s'est identifié aux pauvres (mendiants, prisonniers, étrangers...). Sinon, à quoi sert-il de parcourir tous les lieux de spiritualité si c e n'est pour aller à la rencontre du prochain ? La communauté humaine est le lieu d'expérimentation de notre vie avec Dieu.
L'Evangile nous invite aujourd'hui à mettre le prochain au coeur de nos activités spirituelles. Le Christ fait un clin d'oeil à tous ces hommes et femmes qui aiment parfois plus l'église que leurs foyers. Il s'adresse à toutes ces personnes qui ne croient en l'amour qu'en dehors de leur pré : anges avec les inconnus et démons avec les plus proches. Il n'épargne pas tous les couples dont les conjoints ont perdu la douceur de la proximité. Il s'adresse aux paroissiens qui n'ont de prochain que ceux des communautés éloignées. Il demande aux prêtres de s'aimer entre eux que de faire de grandes théories sur l'amour car le prochain c'est celui qui est vraiment à côté.
Curés ! aimez vos fidèles de toutes vos forces.

Père Gilles N'GORAN


Dimanche 8 octobre 2023
MA VIE, VIGNE DU SEIGNEUR 

Toute vie est précieuse devant la face du Seigneur. Elle est traitée comme un vigneron prend soin de sa vigne. En comparaison, c 'est ainsi que le Christ prend soin de nos vies à travers les sacrements. On peut simplifier cela en stipulant que les sacrements sont les outils que le Seigneur a laissés à ses ouvriers, pour prendre soin de son champ qui n'est rien  d'autre que nos vies.
L'image est belle mais, aujourd'hui, elle ne rend pas compte des réalités de notre monde hyper évolué. Nous pleurions de ce que la moisson était abondante et que les ouvriers étaient peu nombreux. Cependant, force est de constater que non seulement les ouvriers sont de moins en moins nombreux et bizarrement le champ les refuse. Quand nous arrivons à constater dans notre nouveau monde que c'est la souris qui intimide le chat, c'est qu'il y a matière à cogiter. Car non seulement les ouvriers sont maltraités et le maître rejeté. Que signifie le Christ, l'Eglise, la communauté pour notre nouveau monde ? Les nouvelles religions du loisir rivalisent sévèrement avec nos célébrations eucharistiques. Nos messes, lieu de rendez-vous avec le Maître, restent de l'ordre des choses à éviter et parlent peu à cette 'nouvelle créature humaine'. Sinon qu'est ce qui justifie qu'on refuse la messe lors des célébrations de mariage ou de sépulture ?  Pourquoi la présence réelle du Christ n'est plus souhaitée ou désirée ? Qu'on le veuille ou non, la réalité saute à nos yeux : l'entretien spirituel ne fait plus partie de nos priorités. Pas rare d'entendre les parents s'inquiéter pour les loisirs de leurs enfants, sans toutefois se soucier de leur équilibre spirituel. Ils avouent sans gêne aucune qu'ils feront ce qu'ils voudront concernant leur vie quand ils grandiront.
En toute sincérité, il n'est pas facile de prendre soin du champ du seigneur qui n'est rien d'autre que nos vies. Les préoccupations de l'âme et la vie abstraite, comme la spiritualité sont remplacées par l'Android. Le champ est en vrac et c'est Tik Tok, Facebook... qui ont pris le contrôle de notre âme. Le champ est envahi de mauvaises herbes. Le règne de Dieu est-il toujours parmi nous ? Oui ! Point besoin d'en douter, cependant les ouvriers doivent redoubler d'effort. Le Christ à travers cet évangile nous invite à prendre soin de nos vies. Ne l'oublions pas, notre vie est le champ du Seigneur.

Père Gilles N'GORAN


Dimanche 30 avril 2023
JE N'AI PAS VU DIEU
J'AI RENCONTRE UN HOMME DE DIEU  !

Nous vivions dans cette petite commune de Sakassou à l'écart au quartier 'Mission'. Mission parce qu'il a été construit par les missionnaires SMA (société des missions africaines) d'alors et la paroisse est sous le patronage de Notre Dame de Fourvière. J'ai su plus tard que les missionnaires SMA qui venaient en Afrique faisaient un stage à Notre Dame de Fourvière à Lyon.  Lors d'un passage dans cette charmante ville, j'en ai profité pour visiter la basilique et faire la connaissance de cette dame qui m'a toujours accompagné sans l'avoir jamais rencontrée.  La mission était habitée par les enseignants et leurs familles dont la mienne, les religieuses carmélites missionnaires et les prêtres. La vie était rythmée par les travaux champêtres, les jours de congé et de vacances, les études pendant les jours d'école et les jeux, les chants, la catéchèse, le service d'autel. Quartier habité par 12 enseignants, nous formions une belle communauté de destin. Nous avions 12 papas, 12 mamans et plus d'une centaine de frères et soeurs. Notre éducation était l'affaire de tous. Tout parent avait le droit de corriger tout enfant comme si c'était le sien sans risque de représailles de qui que ce soit.  Au contraire, il valait mieux garder le silence que d'en parler aux parents au risque de voir la mise doublée. Oui ! C'est cette enfance qui me fait rêver et me donne à réaliser fortement ce qu'est le paradis perdu. Trinquons à la mémoire de Charles Baudelaire, ce grand poète, qui n'avait pas manqué de nous le signifier quand nous étudions la littérature française.
C'était dans l'ambiance de cette cité qu'a surgi un visage que tous ceux de ma  génération n'oublieront jamais : Don Sacco Claudio. Les autres l'appelaient Père Claude et nous 'Mon Père'. Homme plein de talents (organiste, guitariste, compositeur, chanteur, conteur),  il a conquis le coeur des enfants que nous étions. Ma génération se souviendra des enseignements sur les textes bibliques avant les répétitions de service de l'autel que nous illustrions par des dessins. Nous chantions les récits bibliques et je lui dois une grande partie de ma culture religieuse et mon amour pour les écritures saintes. Nous rappellerons avec un petit sourire quand, les samedis, il rassemblait toute l'école dans l'église pour nous enseigner des chants accompagnés de l'orgue qu'il jouait si bien. Tous les matins, la mission se réveillait au son de l'orgue... Nous étions des petits princes sans le savoir. Qui ne voulait pas être à ses côtés dans la R4 pour les célébrations dans les villages environnants.
Les vacances du Père Claude en Italie étaient un grand bouleversement pour nous. Que ferions nous sans lui ? Avec  lui, tout avait un sens. Quand je revois le gazon de la cour de la paroisse, je frémis de joie car c'est aussi l'ouvrage de mes mains. C'est le Père Claude et les enfants d'alors que nous étions qui avions laissé nos empreintes. A travers ce récit, les séminaristes que j'ai eus comme stagiaires comprendront pourquoi je tiens à ce qu'ils posent des gestes qui parleront d'eux demain. Son retour des vacances nous tenait tous à coeur, car les petits cadeaux étaient au rendez-vous. Je revis les souffrances que nous avons du infliger à ce brave homme. Nous attendions devant sa porte et n'étions jamais saturés. A peine les bonbons distribués que nous sommes de retour car nous avions vu le paquet non vide. Quand aujourd'hui je vois tous ces enfants me renvoyer l'ascenseur, je me dis toujours, c'est le père Claude qui me fait un clin d'oeil. C'est dans ces conditions que Dieu est venu à moi.
Nous étions les disciples inconditionnels du Père Claude. J'étais certes à l'église tout le temps. Etait-ce pour Dieu ? Aucune idée ! Pour le Père Claude ? Ah oui ! Lui, il était tout pour moi. C'est lui qui m'a donné le goût des choses de Dieu. J'étais tellement fasciné par lui que déjà au CE2, quand on nous demandait ce qu'on voulait faire plus tard, je répondais 'prêtre' ; parlerais-je de vocation ? je n'en suis pas si sûr. Plutôt, je parlerais de 'devenir comme le Père Claude'. Ce désir a été le tourment de toute ma vie jusqu'à nos jours.
En 1985, à la fin de sa mission, le Père Claude a rejoint l'Italie, son pays et j'étais resté marqué par cet homme qui fut mon ange Gabriel. Son départ m'avait beaucoup affecté et j'avais eu un grand moment de flottement surtout que le nouveau curé ne voulait plus de nous comme servants d'autel pour la simple raison que nous prenions de l'age. C'était Don Levis Alfredo, ami du Père Claude. Ce n'était plus la même chose. C'était d'un autre style et une autre forme de gentillesse qui ne cadrait pas avec mes attentes. Il fit à peine 2 ans et retourna en Italie au chevet de sa mère souffrante. Je l'avais rencontré plus tard en Italie et j'ai découvert un homme formidable. C'est alors que j'ai compris combien j'avais été aveuglé par la splendeur du Père Claude. Je ne voyais que lui et ne jugeais que par lui. Apprenons à accepter chacun tel qu'il se présente à nous... La différence est une richesse. A son départ, lui avait succédé Don Virginio de Martin avec qui j'avais pris rapidement attache et lui avais fait part de mon désir de devenir prêtre. Il avait accueilli favorablement mon intention et m'avait orienté vers le groupe de discernement des vocations. Dans ce groupe, nous faisions des weekends de vocation à Bouaké avec le frère Romero, religieux mariste qui nous avait suivis et encadrés. Avec son entremise et sous sa houlette, je fis mon cycle secondaire du lycée aux moyens séminaires de Yopougon et de Katiola en côte d'Ivoire et les grands séminaires de Brin (Ziguinchor) et de Sébikhothane (Dakar) au Sénégal. Le parcours ne fut pas simple. Déjà en deuxième année au moyen séminaire de Yopougon, nous commettions une gaffe en buvant le vin de messe au cours d'une soirée récréative. Cet acte d'une gravité exceptionnelle nous avait valu beaucoup d'inquiétudes et de menaces. D'ailleurs c'est ce qui milita pour mon transfert au séminaire de Katiola.
Avec cette renommée de buveur de vin de messe, la vie n'avait pas été aussi simple que je la raconte aujourd'hui. Le recteur du nouveau séminaire (Katiola) qui m'avait accueilli, ayant appris les charges qui pesaient contre moi, m'avait certifié qu'il userait de tous les moyens à sa disposition pour mettre un terme à ma vocation. Cela avait été pour moi, un moment de relâchement car les carottes étaient cuites et il fallait se trouver un autre angle de vie. Je ne le dirais jamais assez : "si Dieu dit oui, qui peut dire non ?". Il écrit toujours droit avec des lignes courbes pour nous signifier que c'est lui qui appelle. En cette année-là les résultats du baccalauréat avaient été catastrophiques. Un taux de réussite de 13% sur l'étendue du territoire national, et contre toute attente, j'étais parmi les six admis du séminaire. Buveur de vin de messe certes, mais peut être pas buveur de son cerveau ! Cette réussite extraordinaire pour certains avait renoué la confiance avec ceux qui entretenaient quelques petits doutes sur ma vocation. Mon évêque d'alors, feu Mgr Vital Komenan Yao, homme ouvert et délicat m'avait redonné à nouveau sa confiance en m'orientant au grand séminaire de Brin au Sénégal. Cette belle expérience avait couté 7 années merveilleuses de questionnements, de tâtonnements et d'hésitations jusqu'au 17 novembre 2001, jour de mon ordination sacerdotale. Il n'est pas du tout aisé de répondre à l'appel de Dieu car on ne se sent jamais prêt et on ne se le sentira jamais. C'est d'ailleurs ce qui fait la beauté du sacerdoce : on ne s'y engage pas par la vigueur de ses poignets ou de sa poitrine. C'est le Christ qui nous manifeste son amour en nous associant à son Sacerdoce.
Dans ma petite histoire, j'ai beaucoup vu Dieu à travers les hommes, c'est pourquoi je voudrais que le monde aussi le voit à travers moi, d'où ma devise : "Père qu'en s'approchant de moi, les hommes s'approchent de toi".
En août 2005, je me retrouvai dans les Dolomites à la paroisse de Mas Peron en Italie et quelle ne fut ma surprise ! C'est le Père Claude qui m'accueillait puisqu'il en était le curé. 20 ans après, Dieu me faisait ce cadeau de rencontrer mon ange Gabriel. Il m'avait oublié car ce visage n'était plus celui du gamin qui courait après les bonbons. C'était maintenant un homme au menton velu qui le regardait avec toute la maturité acquise par le temps et l'expérience de la vie. Que d'émotions ! Nous chantions quelques cantiques que nous seuls savions les notes devant le regard hagard des chrétiens qui devaient se poser mille et une questions. J'avais présidé la messe sous son regard attentif quand bien même je ne parle pas italien. Il était fier du fruit que j'étais devenu. Il m'avait montré le livre qu'il avait écrit quand il était en mission à Sakassou. En parcourant les pages, nous avions vu ma photo parmi les enfants de coeur en service. Bref ! la joie était vraiment au rendez-vous et aucun mot ne pourrait la traduire. C'était beau, fou, émouvant ... Ensuite, il me confia : "je ne savais pas que j'avais autant apporté à ces enfants que vous étiez. Comme quoi, c'est Dieu qui fait tout. Il passe par nous pour faire plus que nous". Je lui répondis : " je n'ai pas vu Dieu, j'ai vu un homme marqué du sceau de Dieu".
Quatre ans après notre rencontre, sur les pistes rouges de ski, une avalanche mit fin aux jours de mon ange Gabriel. Que son âme repose en paix. L'aventure continue. Je garde le flambeau allumé et je continuerai à l'entretenir jusqu'à le transmettre comme tu l'avais fait pour moi.

Père Gilles N'GORAN